A New York, son cours atteint un record historique de 28 ans, à l’image du cacao.
Et cela au moment même ou le dollar revient en force, ce qui logiquement devrait faire décrocher nos matières. Eh bien il n’en est rien. Le sucre résiste. Mieux, il s’envole ! C’est vous dire la puissance des fondamentaux haussiers.
+135% de hausse sur un an.
+15% de hausse entre le 10 et le 15 décembre, alors même que le dollar s’envole !
Voici pourquoi je vous propose aujourd’hui un Edito 100% pur sucre…

En toile de fond ?
Une production déclinante, incapable de satisfaire la demande, pour la seconde année consécutive.
Je laisse à Nicolas Rémy le soin de vous présenter une analyse graphique sur le cours du sucre. Avec notamment le potentiel de hausse du cours à ce jour.
Je vous emmène en Inde, en Chine et au Brésil pour mieux comprendre les fondamentaux du marché.
La Chine tient grâce à ses stocks
Les Chinois sont les seconds plus gros consommateurs de sucre au monde après l’Inde.
Face aux tensions sur le marché domestique du sucre, liées au manque d’offre pour satisfaire le haut niveau de demande, les prix flambent. Sur le Zhengzhou exchange les prix du sucre sont en hausse de 89% sur l’année.
Pour calmer le jeu et détendre ce marché en ébullition, les autorités chinoises ont décidé de "taper" une nouvelle fois dans leurs réserves en mettant en vente 300 000 tonnes de sucre sur le marché intérieur. Le 10 décembre dernier les autorités avaient déjà vendu 200 000 tonnes de sucre…
Une production chinoise en baisse
Côté récolte, la production chinoise de sucre pour la saison 2009/10 pourrait baisser à 12 millions de tonnes (Mt), alors que l’an passé la saison avait fait rentrer 12,43 Mt de sucre et la saison précédente 14,84 Mt. Déclin tendanciel…
Parallèlement, la demande 2009/2010 est attendue à 14,5 Mt. Contre 12Mt d’offre. Vous comprenez tout de suite l’ampleur du problème…
Cela dit, les Chinois sont des gens prévoyants, genre "fourmis". Nous devrions d’ailleurs nous en inspirer, nous autres Occidentaux, franchement "cigales". Les Chinois se sont systématiquement constitués des "réserves stratégiques". Le gouvernement aurait ainsi 2,6 Mt de sucre en stock. De quoi tenir le siège quelques temps…
L’Inde est moins bien lotie
Plus gros consommateur de la planète, sa production a été fortement touchée par la sècheresse cette saison. Je vous rappelle que l’Inde est aussi le second plus gros producteur mondial, après le Brésil.
Pour la seconde année consécutive, du fait de la sécheresse, l’Inde n’est plus autosuffisante en sucre et doit importer en ponctionnant massivement les marchés internationaux. D’où les tensions. Sur la saison 2008/2009 elle a ainsi importé 2,3 Mt de sucre.
Sa production est en repli net depuis deux saisons, à 16 Mt estimées cette année. L’an dernier déjà, sa production avait chuté de 20% pour cause de sécheresse. Et sur son marché intérieur le cours du sucre est en hausse de 72% depuis le début de l’année…
Le Brésil en proie à El Nino
Nos amis brésiliens sont premiers producteurs mondiaux de sucre. Or la pluie et l’humidité réduisent les rendements attendus. La production, qui était l’an dernier de 34 Mt, est attendue est baisse.
Les caprices météo abaissent également la concentration en sucre des plantes sucrières. Voilà pourquoi la production d’éthanol brésilienne pourrait baisser de 6% dette année. Première chute en 10 ans !
L’offre restera "tendue" tout au long du premier semestre 2010
La demande mondiale de sucre est attendue en hausse de 2,3% sur l’année, à 165 millions de tonnes. Or l’offre devrait chuter de 7%, à 155 Mt.
Le marché, jusqu’ici excédentaire, devient déficitaire.
Le niveau du stock mondial est attendu en repli. Selon l’Organisation internationale du sucre, le déficit annuel devrait atteindre d’ici septembre 2010 4,5 millions de tonnes, sachant qu’on anticipe pour cette année déjà un déficit de 7,8 millions de tonnes.
Voilà qui devrait continuer de doper les cours du sucre, dans un premier temps au moins.
Les hedge funds sont là… eux aussi
Ils se sont massivement positionnés à la hausse sur le sucre début décembre, pariant sur une violente sortie par le haut d’une figure graphique de continuation de tendance (Nicolas va vous en parler ci-dessous).
Le nombre de contrats longs (positions acheteuses) sur le marché à terme du sucre dépassait alors le nombre de contrats short (positions vendeuses) de plus de 157 000 contrats à New York !
Les fonds spéculatifs ont eu raison, puisque le cours a effectivement fait un violent bond à la hausse… la sortie d’un triangle de continuation de tendance étant un signal d’achat fort.
Comme quoi, sur les marchés matières fondamentalement haussiers, la hausse est toujours exacerbée par la spéculation qui vient se greffer dessus…


