2011 : retour en force des matières premières cycliques !

| |

Bon cru pour les matières premières en 2010… et 2011 ?
La plupart des matières premières ont terminé l’année 2010 en fanfare.

La chute du dollar aura sans doute contribué à cette hausse, mais c’est certainement le retour des anticipations inflationnistes qui aura poussé les investisseurs à augmenter leur exposition aux matières premières dans leur allocation d’actifs globale.

Les effets de QE2 et le renouvellement des mesures fiscales et budgétaires aux Etats-Unis ont participé au renforcement de ces anticipations.

Et notre prévision de croissance mondiale de +3% pour 2011 devrait être suffisante pour maintenir une pression à la hausse des matières premières en 2011.

Inflation et croissance : l’équation gagnante pour les matières premières
L’amélioration des perspectives de croissance en 2011 et la hausse des risques inflationnistes créent encore un environnement favorable pour les matières : les pressions inflationnistes s’intensifieront dans les pays développés et renforceront les tensions déjà observées dans certains pays émergents.

Les secteurs liés à l’énergie et aux métaux précieux sont à privilégier. L’inflation progressera aussi dans les pays développés, probablement avant tout sous l’impulsion de la hausse des prix de l’énergie (le pétrole clôture l’année à plus de 90 $, en hausse de +15% en 2010). La clôture au-dessus de 1 400 $ de l’or en fin d’année 2010 témoigne de la progression régulière des anticipations inflationnistes des investisseurs.

On peut s’attendre également à un retour en force des matières premières cycliques comme le pétrole, certains métaux industriels comme le cuivre et les produits agricoles. La hausse de l’or et de l’argent devrait se poursuivre et la volatilité se renforcer sur les marchés des changes.

Graphique de la production de cuivre 

Les émergents titreront la demande, boostés par la relance américaine
La croissance des pays émergents maintiendra la demande et le cours de la plupart des matières premières à des nivaux élevés en 2011.

La dynamique asiatique devrait se poursuivre et être amplifiée par la création monétaire aux Etats-Unis qui développe des effets indirects sur les économies asiatiques. En effet, cette création de monnaie ne reste pas totalement aux Etats-Unis et profite des opportunités d’investissement plus intéressantes dans les pays émergents, qui reçoivent ainsi une nouvelle manne en phase de haute conjoncture. Les pays émergents, peu endettés, devraient encore surpasser la croissance des pays industrialisés.

Ce renversement déjà en cours depuis plusieurs années en matière de leadership de la croissance mondiale devrait se renforcer et soutenir la progression des prix des matières premières en 2011.

Enfin rappelons qu’en 2010, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait très largement sous-estimé ses prévisions puisque la Chine a consommé 4 fois plus que prévu de matières premières énergétiques… A ce rythme, la Chine dépassera la consommation des Etats-Unis dans cette décennie.

Quelles matières premières seront les gagnantes de 2011 ?
Voici nos anticipations 2011, pour les énergies, les métaux de base, les précieux et les softs.

Commençons par l’énergie.

1. Energie : le pétrole devrait repasser la barre des 100 $
Depuis 5 ans, les exportations nettes de pétrole ne font que décliner. Même l’AIE a fini par reconnaître le terme de peak oil l’an dernier. Ce sont désormais l’Inde et la Chine, représentant 37% de la population mondiale, qui donneront le ton et feront pression sur l’avenir énergétique global.

Si le baril est resté relativement stable en 2010, (entre 70 $ et 90 $ le baril), 2011 verra certainement le pétrole à au moins 100 $.

[NDLR : Découvrez le service de notre spécialiste des matières premières pour acquérir sa sélection de valeurs pétrolières et parapétrolières : suivez le guide...]

L’offre : facteur décisifs de la croissance
Nous sommes entrés dans une période où l’évolution de l’offre pétrolière aura des incidences décisives sur la croissance mondiale. Celle-ci pourrait être affectée par des chocs pétroliers agissant directement sur les coûts de production et indirectement sur une hausse des anticipations inflationnistes d’ici 2014. Cette situation devrait avoir des conséquences négatives pour le commerce mondial, les obligations souveraines et corporate, ainsi que pour les actions.

Offre : concentration du risque de production sur cinq pays clés
50% de la consommation mondiale quotidienne de pétrole est dépendante des capacités de raffinage et de transport de plus de 40 millions de barils de pétrole exportés. En d’autres termes, la moitié du pétrole exporté provient de deux régions principales et cette concentration s’est accélérée au cours de la dernière décennie.

Le cours mondial du pétrole dépend de la capacité d’approvisionnement en pétrole de seulement cinq pays clés, pour que son prix ne flambe pas (l’Arabie Saoudite, la Russie, les Emirats Arabes Unis, le Koweït et l’Iran…

Nous anticipons une revalorisation du secteur des énergies alternatives
▪ Du côté des énergies alternatives, d’ici 2035, la Chine aura la plus grande capacité installée de panneaux photovoltaïques au monde.

Graphique de la prodution d'</p>
<script type=AKPC_IDS += "48,";

Author Image for Alain Freymond

Alain Freymond

Alain Freymond a débuté sa carrière chez Pictet Genève en 1987.

Il y a entre autres exercé les fonctions de responsable de la stratégie d'investissement de Pictet Asset Management (PAM), gérant institutionnel de dossiers mixtes et spécialisés, responsable du groupe de gestion des mandats diversifiés, puis enfin membre du comité de direction de Pictet Asset Management.

Il est également le créateur de l'indice OPP2 Fortune Globale de PAM, un indice de référence dans la gestion institutionnelle suisse ; et du concept de gestion "éthique" de PAM à la fin des années 1990.

Il a rejoint l'UBP en 1999 où il fut responsable du groupe de gestion des mandats institutionnels diversifiés, responsable de la relation client et de l'allocation d'actifs.

Depuis 2002, il a fondé et co-dirige BBGI Group, une société de gestion indépendante de patrimoine institutionnel et privé à Genève, où il est co-responsable de la stratégie d'investissement du groupe, gestionnaire des fonds de placement (principalement orientés vers les matières premières : fonds diversifié matières premières, fonds or, fonds clean energy...), gestionnaire de mandats institutionnels et privés et créateur des indices BBGI Private Banking (benchmark pour la clientèle privée) et BBGI-Landolt Clean Energy 100 (indice diversifié global de 100 titres sur les nouvelles énergies). 

Alain Freymond, et son équipe de spécialistes matières premières, intervient régulièrement dans les colonnes de l'Edito Matières Premières & Devises, pour nous donner son opinion sur les tendances fondamentales des ressources.