Encore un peu de sable dans les yeux ?
Je sais, ce n’est pas très habituel, mais c’est la seule analyse concrète que j’ai pu faire de ce qui se passe sur le marché des changes depuis 48 heures…
Les intervenants sur le marché ont dû se balader sur une plage soufflée par des bourrasques résiduelles des tempêtes tropicales du moment … je ne vois pas d’autres explications pour expliquer l’aussi puissante hausse du dollar…
La fusée dollar
Certes, tout le monde est content que l’euro baisse, moi le premier. Mes actions EADS reprennent de la couleur ! Mais tout de même…
Alors qu’il y encore quelques semaines le moindre éternuement de Ben Bernanke faisait chuter le billet vert, on peut aujourd’hui annoncer une balance commerciale rouge sang, des prix à l’importation en baisse surprise de 3,7% ou encore un marché du travail au chômage technique sans que cela ait le moindre impact sur le dollar ! Contre vents et marées, il monte…
Rassurez-vous, tout va mal…
Je vous vois déjà me dire que c’est normal, que c’est juste une correction de la baisse exagérée du début d’année et je vous rejoins du moins jusqu’à l’enfoncement des 1,40 de ce jeudi.
Oui, la baisse pouvait être considérée comme anormalement forte, même si elle reposait tout de même sur des fondamentaux solides. Regardez un peu :
1. Un pays surendetté
Les Etats-Unis vivent à crédit, à commencer par le Trésor. Le déficit devrait, selon des sources anonymes de l’Associated Press, s’élever désormais à plus de 490 milliards de dollar suite au coup de pouce donné par le gouvernement aux ménages. Mais sans tenir compte du sauvetage de Freddie Mac et de Fannie Mae qui va rallonger le score de 200 milliards de dollars, une paille…
Le mois dernier encore, le déficit budgétaire des Etats-Unis est ressorti à 111 milliards de dollars…
2. L‘immobilier en panne
L’immobilier est, dans le système américain, le moteur de la consommation.
Seulement voilà, les prix de l’immobilier ont reculé comme jamais, anéantissant un pouvoir d’achat lui-même déjà virtuel. Il est en effet calculé sur les valeurs immobilières des maisons achetées elles aussi à crédit.
En clair, tant que l’immobilier monte, tout va bien… mais quand ça baisse, rien ne va plus…
3. Taux de chômage en hausse
Evoquons maintenant l’emploi qui est dans un état critique avec des demandes d’allocation chômage au plus haut depuis cinq ans avec plus de 440 000 demandes.
Le taux de chômage atteint maintenant plus de 6%, soit une hausse de 1,4% en 12 mois. Pas vraiment rassurant.
4. La Fed ne montera pas ses taux
Rappelez-vous la baisse massive et rapide des taux d’intérêt de la Fed par Bernanke qui a ramené son taux directeur de 5,25% à 2% à l’automne dernier. Certains spéculent à présent sur un possible resserrement du taux qui soutiendrait la monnaie américaine. Personnellement, je n’y crois pas du tout, étant donné l’état de crise avancé des Etats-Unis.
Inflation en Grande-Bretagne et en Allemagne en crise
Hier encore, l’inflation en Grande-Bretagne était estimée à près de 4,4% par la Banque d’Angleterre : une baisse des taux au Royaume -Uni ne semble donc pas d’actualité.
En zone euro, il est vrai par contre que l’Allemagne est touchée de plein fouet par le ralentissement. Elle craint même une récession dès 2009, tout comme l’Espagne.
Cela dit le système d’accès au crédit en France — et dans beaucoup de pays de la zone euro — n’est pas du tout structuré comme aux Etats-Unis, protégeant ainsi les consommateurs de la baisse de leurs biens immobiliers.
Le dollar australien malmené
Intéressons-nous aussi au dollar australien qui est, excusez-moi de l’expression, totalement massacré. Le cours de l’or n’y est pas étranger puisque l’Australie est le second exportateur mondial. Mais c’est surtout la baisse des perspectives inflationnistes, passées de 4,9% à "seulement" 4,4%, qui alimente les spéculations sur une détente des taux de la part de la Royal Bank of Australia.
Seulement voilà, le taux directeur culminant tout de même à 7%, la bonne tenue de l’économie et un marché du travail dynamique (4,1% de taux de chômage) m’incite à vous alerter sur cette baisse excessive du dollar australien, passé de près de 0,99 à moins de 0,80 contre le dollar américain cette semaine.

Cours du dollar australien contre le dollar américain
Un potentiel de 400 pips à prendre sur le dollar l’AUD/USD
Le potentiel de gain sur la paire AUD/USD est, à mon avis, d’au moins 400 points.
En effet, un retour sur 0,85 me paraît possible, surtout après les bons chiffres de cette semaine.
Sur l’euro/dollar, je persiste sur un retour vers 1,43 et le GBP/USD pourrait revenir sur 1,80 voir 1,83.
En attendant, bons trades.


