L’uranium a enfin commencé à décoller. Tout converge vers une hausse durable des cours :
- les mines manquent d’investissements ;
- les stocks russes sont épuisés ;
- et le nombre de réacteurs en construction est toujours plus grand.
Avec un tel tableau, la moindre des choses était que les cours de l’uranium passent au-dessus de leur coût d’exploitation. C’est chose faite !
A long terme, les cours devraient rester élevés. L’AIE confirme que le nucléaire va s’installer durablement dans le tableau énergétique mondiale dans son "World Energy Outlook" 2010 qui vient de sortir.
Attendez-vous à bientôt entendre parler d’une pénurie d’uranium…
Fin du pétrole + exigences environnementales ouvrent un boulevard au nucléaire
L’AIE vient de consacrer l’uranium comme source majeure d’énergie pour les années à venir.
Nous ne pourrons nous passer de ses performances environnementales :
- 1 000 tonnes d’uranium produisent la même quantité d’électricité que 16 milliards de tonnes de charbon.
- Et côté prix, le nucléaire sort encore gagnant : le kWh nucléaire revient à 1,76 $, contre 2,47 $ pour le charbon, et 6,28 $ pour le gaz.
La fin du pétrole et les exigences environnementales vont ouvrir un boulevard à l’industrie nucléaire.
L’Asie à l’origine de la "renaissance" du nucléaire
Les chiffres sont implacables : 57 réacteurs sont déjà en cours de construction dans le monde, 200 sont actuellement à l’étude.
Jusque dans les années 1980, le rythme de croisière de l’industrie nucléaire était d’un réacteur tous les 15 jours. Dans les 10 ans à venir, ce sera un tous les 5 jours !
Cette accélération de la construction, nous la devons à l’Asie. Actuellement, la Chine construit 17 réacteurs, l’Inde 6, le Japon 3 et la Corée du Sud 6.
La Chine veut porter à 10% la part de l’atome dans sa production d’électricité
La Chine tire la demande vers le haut. Pékin fait face à une demande croissante en électricité, conséquence de l’urbanisation de sa population. Le gouvernement veut donc faire passer le nombre de Gwh issu du nucléaire de 4,5 Gwh à 60 Gwh d’ici 2020. Pour se faire Pékin a prévu de construire 60 nouveaux réacteurs d’ici 2020.
Avec 400 tonnes d’uranium par réacteur, la Chine aura besoin de 24 000 tonnes (52 millions de livres) sur 10 ans. Ainsi la Chine captera autour de 30% de la production mondiale d’uranium
La Chine captera ainsi autour de 30% de la production mondiale d’uranium
La Chine a déclenché le mouvement haussier en s’assurant l’accès à cette quantité de combustibles. Cette année les deux contrats signés ont eu pour effet de réveiller les cours : Pékin a d’abord acquis 10 000 tonnes d’uranium auprès de Cameco en juillet dernier, puis 20 000 tonnes auprès d’Areva en novembre.
Le point commun de ces deux contrats : des contrats de fournitures d’uranium à des prix plus élevés que les prix spots d’alors, autour de 75 $.
Pékin met le prix pour assurer ses approvisionnements long terme
Cette politique d’achat n’est pas anodine. Pékin est passé maître dans l’art d’acheter des matières premières lorsque les prix sont encore bas. Une fois encore, elle a acheté au bon moment.
Le message envoyé est clair : les prix vont monter, la Chine préfère acheter un peu plus cher maintenant, que se ruiner demain.
Son voisin indien lui emboîte le pas
La Chine a planifié la construction de 60 réacteurs nucléaires sur les 10 prochaines années. L’Inde en a planifié 40 sur les 20 prochaines années.
A eux deux, ils accroissent le parc nucléaire mondial de 23% !
La conséquence est que l’industrie minière devra croître de 4% par an pour les 10 prochaines années. Le problème, c’est que la demande n’est pas du tout élastique.
Pénurie d’uranium en vue !
Les marchés peu élastiques sont toujours les plus volatiles. C’est là aussi où les profits peuvent être les plus grands. L’uranium fait parti de ces marchés.
Le PDG d’une des plus grandes mines d’uranium du monde rappelait récemment qu’entre 2003 et 2007, la production d’uranium n’avait augmenté que de 23%. Sur la même période, les prix de l’uranium avait été multipliés par 4 ! C’est dire la difficulté à produire suffisamment pour répondre à la demande.
Les cours ont pris pratiquement 50% en 6 mois
Nous sommes au début d’une tendance haussière qui ne devrait pas finir avant 4 ou 5 ans. Déjà, les cours ont commencé à augmenter depuis juillet 2010.
En 2011, le seuil des 70 $ la livre, voire 90 $ selon certains analystes, pourrait être atteint à plus long terme.
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