+52% pour l’ETF charbon en 6 mois !

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Vous vous demandez pourquoi Cancún va accoucher d’une souris ?
Voici une première piste de réflexion : les pays émergents n’ont pas l’intention d’abandonner le charbon !

Les pays émergents n’ont pas l’intention d’abandonner le charbon
Le charbon reste essentiel au développement des émergents, en particulier asiatiques. La santé des secteurs de l’électricité, de la sidérurgie ou encore du bâtiment est corrélée aux prix du charbon. Or dans ces pays, ces secteurs sont les premiers moteurs de la croissance.

Cerise sur le gâteau, les prix du charbon ont l’avantage d’être bien moins volatiles que ceux du gaz ou du pétrole. Les projets de long terme utiliseront prioritairement le charbon…

Voila pourquoi les croissances spectaculaires en Inde ou en Chine s’accompagnent d’une hausse des prix du charbon depuis un an.

En plein sommet sur le climat, le retour à la réalité est brutal…

Des niveaux de prix inconnus depuis deux ans
La pression sur les prix a touché aussi bien l’Amérique du Nord que les pays européens.

Aux Etats-Unis, les prix ont déjà pris 50% depuis un an.

Aux Pays-Bas, le contrat de charbon thermique pour livraison décembre vient de toucher un sommet en 2010, à 108,6 $ la tonne.

Graphique de l'ETF charbon

Témoin de cette tendance générale, l’ETF sur le charbon, le Market Vectors-Coal ETF (NYSE:KOL) a enregistré +50% de hausse depuis juin.

Le charbon au coeur du processus d’industrialisation
Le charbon est encore essentiel dans le monde : 40% de l’électricité mondiale est produite à partir du charbon. Dans la sidérurgie, 70% de l’acier est produit grâce au charbon.

La hausse actuelle des prix s’explique par l’activité croissante de ces secteurs. Certains pays émergents entament à peine leur processus d’industrialisation.

La Chine reste accro au charbon
Malgré ses investissements dans les énergies renouvelables, la Chine n’a montré aucune intention de réduire en contrepartie sa production de charbon. Mieux, Pékin a l’intention de l’augmenter de 10% par an.

Le pays est obligé de produire plus pour répondre à la croissance de sa demande intérieure. Malheureusement, cette production ne suffit déjà plus.

Ses importations sont en hausse
Afin de compléter sa production, la Chine a augmenté de 20% ses importations en 2010. Elles pourraient atteindre 3,8 milliards de tonnes en 2015.

Comme le rappelle la banque d’affaire Merrill Lynch Bank of America, les volumes d’importations sont encore faibles, au regard du marché chinois, mais ils déstabilisent complètement le marché au plan international.

L’Inde fait son entrée sur les marchés internationaux
L’Inde est également dépendante du charbon. 50% de son électricité provient du charbon.

La consommation du pays est en pleine expansion, en hausse de 24% en 2009. Le développement de ses cimenteries notamment est un facteur important de hausse des cours.

A l’avenir, deux autres facteurs devraient tirer les prix vers le haut :

  • Sur le plan national, le prochain raccordement de 400 millions d’Indiens encore privés d’électricité accroîtra encore la demande.
  • Au plan international, l’activisme des grands groupes sidérurgiques, tel ArcelorMittal, va absorber des quantités croissantes de charbon. Rappelons que 40% de l’acier dans le monde est produit grâce au charbon.

Conséquence immédiate, les importations indiennes ont bondi. La production locale n’est tout simplement plus suffisante pour couvrir la demande domestique.

Des stocks en baisse en Asie
La symétrie des situations indiennes et chinoises est particulièrement inquiétante.

En Chine, c’est l’agence de presse officielle qui a annoncé ce mois-ci que les besoins d’importations ont augmenté, du fait du niveau “dangereusement bas des stocks”.

En Inde, on a appris que l’état des stocks n’était que de 10 jours, contre 22 jours habituellement.

La pression sur les prix vient également de problèmes liés à l’offre
Les exportateurs asiatiques traditionnels commencent à consacrer leur production à leurs propres besoins. Ainsi, le premier d’entre eux, l’Indonésie, n’a pas augmenté ses volumes à l’exportation cette année. Le Vietnam a même commencé à réduire ses exportations !

Les deux pays suivent la même stratégie : utiliser leur propre production pour leur propre développement.

Ainsi, les grands importateurs n’ont pas eu d’autre choix que de se tourner vers de nouveaux marchés, en Australie et aux Etats-Unis.

Les pays développés possèdent également du charbon
Contrairement à ce que la diabolisation du modèle chinois pourrait nous faire croire, nous brûlons encore beaucoup de charbon nous-mêmes.

La Pologne ou l’Australie produisent leur électricité à hauteur de 80% grâce au charbon. Le pourcentage est quand même de 56% aux Etats-Unis, et de 18% au Canada.

Les minières réorientent leur production vers les marchés asiatiques
Bien sur, la consommation des Occidentaux tend à décliner. Ce n’est cependant pas le cas de leur production. Conséquence : les minières commencent simplement à exporter vers l’Asie.

Récemment, Washington a autorisé un projet d’exportation de charbon à partir d’un port de la rivière Colombia.

Le Canada, l’Australie ou encore la Colombie ont également commencé à accroître leurs capacités d’exportation vers l’Asie.

+79% de M&A dans le secteur du charbon !
Face au boum du secteur, le marché a assisté à une déferlante impressionnante de fusions-acquisitions (M&A) cette année. Le total des opérations devrait atteindre 26,3 milliards de dollars.

Sans surprise, 64% de ces fusions-acquisitions sont menés par des pays émergents. Leurs cibles sont avant tout les mines en Chine, en Indonésie, au Chili, aux Etats-Unis et au Canada.

L’introduction en Bourse de Coal India ce mois-ci est apparue comme un symbole de la tendance. Cette introduction a permis de créer le numéro deux du secteur, avec une valorisation boursière de 43,5 milliards de dollars. Le groupe devrait se renforcer prochainement aux Etats-Unis et en Australie…

Comment profiter du boum asiatique du secteur ?
Outre les ETF, je conseillerais de repérer les minières capables de répondre à la demande asiatique. L’Australie et l’Indonésie possèdent une industrie solide et déjà consolidée.

Actuellement, les Etats-Unis offrent de belles opportunités, puisque le secteur est en pleine consolidation. Des groupes de taille internationale devraient voir le jour prochainement.

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.