863 euros : Nouveau record historique de l’once d’or en euros

| |

Les responsables de la zone euro ont frappé fort ce week-end, à la surprise générale. 30 milliards de prêts bilatéraux mis à disposition de la Grèce au taux de 5%. Ce à quoi le FMI rajoute aimablement 11 milliards. Coquette enveloppe.

Du coup l’euro/dollar qui avait plongé à 1,3281 jeudi est repassé violemment au-dessus des 1,36 $. Les marchés vont pouvoir à nouveau voir la vie en rose quelques temps.

Deux constats tout de même.

1. Sachant que la Grèce doit dégager un taux de croissance de quasiment 6% pour juste pourvoir faire face au paiement de ses intérêts (service de la dette), le jeu n’est-il pas un peu risqué pour les pays européens ? Nous sommes à la limite du junk bund avec la Grèce. Or la BCE et les Etats européens commencent à les accumuler dans leurs comptes…

2. Maintenant que nous avons fait ce pas avec la Grèce, une sorte de "jurisprudence" s’instaure. Et nous serons obligés de faire ce même pas si un autre Etat de la zone venait à faillir. Je pense notamment au Portugal ou à l’Irlande.

"L’engrenage" qui se met actuellement en place, je dois bien l’avouer, m’effraie. Parce que nos Etats sont déjà largement surendettés, qu’ils n’ont strictement aucune marge de manoeuvre budgétaire, et parce que nos économies sont à ce point "corsetées" qu’elles seront incapables de générer suffisamment de croissance pour nous sortir relativement rapidement du "précipice" dans lequel nous nous sommes jetés. A ce stade, "charger la mule" me paraît très audacieux…

Financer la Grèce est une chose ; financer nos retraites et notre système de santé en est une autre… Nous n’avons pas fini de charger la mule… nos enfants vont nous haïr.

En attendant, petit tour d’horizon de nos matières premières.

1. Energie : le brut à 87 $ le baril
** Les bons chiffres mensuels de l’emploi aux Etats-Unis ont propulsé en début de semaine dernière le baril à un point haut de 86,60 $ pour le Brent, 87,08 $ pour le WTI. Une première depuis octobre 2008.

Les marchés sont ultra-optimistes et s’attendent à une reprise de l’activité économique au second semestre, ce qui devrait, à leurs yeux, relancer la demande de brut.

Certes, les investisseurs ont pris leurs bénéfices depuis, ce qui a ramené le cours autour des 85 $ en fin de semaine. Mais la tendance reste haussière, et les 85 $ pourraient bien devenir support.

** A noter que les perturbations qui ont touché la semaine dernière le marché de la dette ont, semble-t-il, déclenché un "courant porteur" pour le baril. Un peu à l’image de l’or jaune, l’or noir a servi de "valeur refuge" pendant quelques jours.

** Quoi qu’il en soit, le baril est cher. Nos économies exsangues peuvent-elles se le payer ? Clairement, non.

Ne l’oubliez pas : toute hausse du prix du baril, ne serait-ce que d’un dollar, est assimilable à une ponction, une taxe, un prélèvement qui nuit au redressement de l’activité économique.

** En attendant, il y a abondance de brut sur le marché. Surcapacité, stocks pleins, demande atone… Combien de temps encore les investisseurs pourront-ils faire abstraction des fondamentaux pour ne tenir compte uniquement que de leurs anticipations optimistes ?

Regardez le stock de brut américain (en hausse la semaine dernière). Il se situe 7,1% au-dessus de sa moyenne saisonnière normale des cinq dernières années.

Les perspectives ?
"Le baril a finalement accéléré en dépassement des 83 $", nous dit notre analyste Sébastien Duhamel dans L’Investisseur Or & Matières. "Nous sommes donc haussiers avec un stop à 82 $. Toutefois, le potentiel semble désormais limité à court terme", ajoute-t-il.

Vendredi en fin de journée, le WTI livraison mai affichait 84,40 $ le baril sur le NYMEX. Le Brent, même échéance, 84,23 $ sur l’ICE Futures Exchange de Londres.

2. Métaux précieux : nouveau record historique de l’or en euros
Les métaux précieux reviennent en force, l’or flirtant à nouveau avec le seuil psychologique des 1 160 $ l’once qu’il n’avait pas revisité depuis bien longtemps.

Mais surtout, le métal fin enregistre un nouveau record historique absolu en euros, à 863 euros l’once. Soit une hausse de 32% depuis septembre dernier, quand l’once cotait autour de 655 euros.

La problématique de plus en plus pesante de la dette des Etats profite à l’or. La question grecque notamment a rendu la semaine dernière les investisseurs très nerveux. Investisseurs qui sont venus trouver refuge auprès de l’once.

Cours de l'once d'or en</p>
<script type=AKPC_IDS += "332,";

Author Image for Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.