Alerte rouge hier sur la parité euro/dollar !

Un coup de dollar rebondit ; un coup il replonge violemment. Et voilà maintenant qu’il rebondit à nouveau, prenant tout les investisseurs à contre-pied… Et tout cela en moins d’une semaine. C’est à en perdre son latin !

Un véritable cri d’alarme
Pour celui qui connait bien “l’art et la manière” avec lesquels le G7 élabore ses communiqués et s’exprime, le changement de ton la semaine dernière à l’issu de sa réunion était flagrant.

Alors que, jusqu’à présent, il dénonçait simplement la “volatilité excessive” des taux de change, cette fois le G7 affirme “qu’il y a eu à certains moments des fluctuations brutales entre les grandes monnaies, et nous sommes préoccupés de leur impact possible sur la stabilité économique et financière. Nous continuons à suivre étroitement les marchés des changes et nous coopérons autant que nécessaire ”.

Des termes rarement utilisés et surtout très lourds de signification… Pas de doute, en “langage G7″, c’est un véritable cri d’alarme ! Il faut dire qu’il y a de quoi : depuis janvier, le dollar a perdu 10% contre l’euro et 11% contre le yen, ce dernier revenant à son plus haut depuis 13 ans.

Le secret le mieux gardé de la planète finance…
Revenons sur la fin du communiqué : “nous coopérons autant que nécessaire”. Toujours dans le langage des banques centrales, ceci pourrait bien vouloir dire : “si nécessaire, nous interviendrons ensemble pour soutenir le dollar en l’achetant massivement sur les marchés”.

Le message était suffisamment clair pour que plane sur les marchés la menace d’intervention coordonnée des autorités pour redresser le dollar ; et suffisamment flou pour que la menace ne soit pas expressément explicitée. Ah ! La diplomatie…

Au sortir du G7, tout le monde était content. Voilà les marchés prévenus : le dollar va maintenant à coup sûr s’assagir. Pensait-on…

Pourtant, le marché s’est mis à jouer le dollar au-dessus des 1,60
Car le marché est un enfant capricieux et malin ; et comme l’insupportable bambin qui veut “tester” l’autorité de ses parents en les poussant à bout, le marché veut mettre les banques centrales à l’épreuve… pour ne pas dire en face du fait accompli !

En effet, l’euro est entré mercredi dans une nouvelle configuration haussière qui, graphiquement, pouvait propulser la parité largement au-dessus des 1,60 $. Du coup, l’euro se dirigeait droit sur les 1,60 $…

… lorsque, tout à coup, Juncker frappa du poing sur la table !
Le ministre luxembourgeois des finances, hors de lui, exprima soudain sa colère. Expliquant que décidément les marchés n’avaient strictement rien compris à la déclaration du G7 vendredi ; ajoutant que la hausse de l’euro était tout sauf souhaitable. Il a terminé en mettant les points sur les “i” : “nous interviendrons s’il le faut !”

Cette fois, le message est non seulement clair, mais il devient explicite !
Immédiatement, la pression baissière sur le dollar s’est levée, les investisseurs prêts à faire voler le seuil des 1,60 en éclats se sont désengagés soudainement. En moins de trois minutes, l’euro ne cotait plus que 1,5870 $. Parallèlement, en à peine moins de cinq minutes, le brut, qui caracolait autour des 115,50 $, refluait sous les 114,50 $… Quel impact !

Mon avis ?
La seule vraie question à se poser est de savoir si les banques centrales vont ou non passer à l’acte. Et la réponse est de moins en moins évidente.

Car malgré toutes les déclarations concordantes, n’oubliez pas qu’un euro fort permet de combattre l’inflation (on en a besoin !) et qu’un dollar faible dope les exportations américaines. Or ces exportations sont la seule possibilité qui reste aux Etats-Unis pour sortir de la crise économique.

Autre point : les divergences entre les différents protagonistes du G7 sont telles qu’une intervention coordonnée est tout sauf évidente.

Sans compter, enfin, qu’une intervention irait à l’encontre de la politique de “flexibilité” des marchés prônée depuis toujours par le G7, notamment à l’encontre de la Chine qui manipule son cours…

Une chose est certaine : le marché n’en fait qu’à sa tête. Et je pense qu’à court terme il ira à nouveau tester les 1,60 une fois les avertissements “dissipés”. Nous aurons alors la réponse…

Dernier point… J’ai trois enfants et une certitude : pas d’autorité sans passage à l’acte !

Cours de l’euro en dollar

Author Image for Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.