85 milliards de rallonge…
Verdict ?
L’Eire va pouvoir renflouer ses caisses et celles de ses banques privées. Et son peuple suera sang et eau pour renflouer et payer les dettes.
Sauvée ? Non !
Car nous n’avons pas à faire affaire ? Ici à une simple crise de liquidité (un décalage temporaire de trésorerie).
Nous sommes ici confrontés à une crise de solvabilité. On vendrait tous les actifs de l’Irlande que cela ne suffirait pas à rembourser ses créanciers !
Après la rustine grecque et irlandaise…
… il va falloir dégainer le cataplasme géant pour le Portugal. Il est le prochain sur la liste, ce n’est qu’une question de temps…
L’effondrement du Portugal fera tomber l’Espagne. Ses banques et ses caisses d’épargne croulent sous le poids de créances immobilières irrécouvrables et de prêts au Portugal, et son économie se noie dans son sang…
Au travail ! Fini l’Etat-providence
Croyez-moi. Les marchés financiers ne lâcheront pas.
Ils sont très minutieux, ultra-méticuleux et extrêmement méthodiques. Ils choisissent leur proie, l’une après l’autre, et se déchaînent contre elle jusqu’à la mettre à terre.
Leur message est sans appel :
Vous vivez au-dessus de vos moyens, au crochet des investisseurs internationaux. Aujourd’hui, vous êtes incapables de payer vos montagnes de dettes. Et nous n’avons plus aucune confiance en vous tout simplement parce que vous êtes incapables de générer assez de croissance, ne serait-ce que pour rembourser l’intérêt de votre dette !
La sanction est violente : Au travail ! Fini l’Etat-providence ! Allez à la caisse "direct", sans passer par la case départ !
[NDLR : Ce qui se joue actuellement sur les marchés pourrait bien avoir des répercussions sur votre capital ! Pour en savoir plus et vous protéger grâce à la stratégie de nos spécialistes des marchés actions : continuez votre lecture...]
Après une décennie d’orgies, arrive la décennie expiatoire
La plupart des pays européens en sont là. La France aussi ! Ils ne seront même plus capables de lever assez d’impôt pour payer leurs engagements, faute de croissance.
Et ils sont incapables de faire de la croissance, faute de s’être réformés.
Et maintenant le robinet de l’endettement à foison se ferme.
Régime au pain et à l’eau. Rigueur.
Un cercle extrêmement vicieux…
Et vous pensiez peut-être que l’Allemagne nous sauverait tous ?
Certainement pas.
Les marchés ne laisseront pas faire. Ils l’ont fait savoir haut et fort : l’Allemagne, meilleure élève de l’Europe, a eu du mal à boucler son émission obligataire la semaine dernière.
Laissez-moi vous dire une chose…
L’Allemagne a fait ses réformes durant les 10 dernières années, à la sueur de son front. Comme les Pays-Bas, le Luxembourg et quelques autres petits pays.
Eux seuls sont capables de s’intégrer économiquement monétairement, budgétairement et de s’harmoniser fiscalement. A eux l’intégration politique, la croissance et l’euro fort. L’euro AAA+.
Et tous les autres, mauvais élèves ?
Ils intègreront le "cercle VIP" lorsqu’ils seront capables de s’aligner sur les standards, notamment budgétaires ; et qu’ils se seront réformés en profondeur.
En attendant, il faudrait créer pour eux un "euro bis", un euro BBB-.
Un euro qui sera fortement dévalué et qui volera au secours des populations exsangues, au bout du rouleau. Un euro opium, qui endort la douleur et vous fait voir la vie en rose…
Rien de mieux pour rembourser ses dettes que de faire tourner sa planche à billets et de créer de l’inflation. Demandez à Ben Bernanke !
Il n’y a que deux solutions
1 – dévaluer l’euro pour rembourser les créanciers en monnaie de singe.
2 – recourir au défaut de paiement et à la restructuration de la dette…
Les deux ?
Pour la Grèce et l’Irlande, pourquoi pas…
D’ici là, restez à l’écoute…
Isabelle Mouilleseaux


