Ca bouge en Inde
Lakshmi Mittal, Pdg d’ArcelorMittal, essaie depuis des années d’implanter des hauts fourneaux dans son pays natal. Jamais il n’a réussi à acheter les terrains nécessaires à la construction de ses usines, tant les embûches administratives sont nombreuses. Et malgré un carnet d’adresses certainement bien garni.
De même, les tentatives de rachats de droits miniers, notamment de mines de chrome, n’ont jamais abouti. Mettez-vous à la place du détenteur d’une mine : dès qu’arrive le géant ArcelorMittal, comme par magie le prix demandé pour la vente de la mine s’envole. Or pas question pour le sidérurgiste de surpayer des mines…
Mais M. Mittal n’est pas arrivé là où il est par hasard. “Quand on veut, on peut” pourrait être son leitmotiv. Le numéro un mondial de la sidérurgie finira tôt ou tard par arriver à ses fins, j’y mets ma main à couper.
Parlons moyens justement…
Changement clair de stratégie
L’idée ? Abandonner l’investissement direct et opter pour une stratégie de prises de participations dans des aciéristes locaux déjà opérationnels. Certainement en vue de consolider progressivement le tout. Un grand classique…
Des rumeurs font actuellement état d’une possible prise de participations dans le sidérurgiste indien Bushan Power & Steel à hauteur de 26%. Rumeurs bien entendu démenties par ce dernier, et non confirmées par Arcelor. Ce serait trop facile…
Depuis le temps que le numéro un cherche à s’installer dans l’Orissa… Ce deal pourrait lui conférer les droits miniers dont il a besoin ; ainsi que des hauts fourneaux stratégiquement placés sur un marché en forte expansion. Le petit indien a une capacité de production de 1,5 million de tonnes d’acier. Une plume par rapport au monstre de la sidérurgie, mais un bon début.
Restons en Inde…
L’Inde décide de participer à la grande rafle des matières premières…
La Chine rafle les matières premières à tout va depuis des mois, forte d’un monstrueux fonds souverain (la China Investment Corp.), grassement doté de quelque 300 milliards de dollars… Pétrole, métaux, or… tout y passe. Et les sociétés nationales pétrolières et minières lui emboitent le pas !
Parenthèse : ne vous fiez pas au “poker menteur chinois aurifère”
Puisque je vous en parle, sachez que le fonds souverain chinois vient d’acheter pour 155 millions de dollars d’ETF d’or physique. Pendant ce temps, la Chine clame haut et fort ne plus vouloir acheter d’or. Comme Soros…
Dites, et surtout faites le contraire de ce que vous dites. Un grand classique pour acheter à bon compte…
Mais revenons à nos fonds matières.
Deux avantages à cette “course aux matières” :
- sécuriser ses approvisionnements futurs en matières — nous ferions bien d’y penser un peu plus nous autres occidentaux !
- et transformer ses montagnes de dollars en voie rapide de déperdition, en matières premières tangibles, utiles, négociables et qui ne se déprécient pas.
Une excellente idée.
Forcément, la Chine fait des émules
L’Inde, fortement dépendante elle aussi des matières — le pays importe les trois quarts de ses besoins de pétrole par exemple — veut allouer pour 250 milliards de dollars de réserves de change à un fonds souverain dédié aux matières.
Dorénavant, les minières et producteurs de pétrole pourraient voir les deux mastodontes surenchérir pour rafler la mise ! Un comble.
Et nous, nous regardons le spectacle se dérouler sous nos yeux et nous creusons nos dettes au lieu de sécuriser l’avenir.
A ce rythme, la Chine va finir par nous racheter au bord de la faillite pour une bouchée de pain !


