L’inventeur du CDS…
Pour ceux qui auraient manqué le coche, voici un résumé des épisodes précédents : en 1997, Blythe Sally Jess Masters, née Oxford, invente le Credit Default Swap (CDS pour les initiés) pour le compte de la banque JP Morgan Chase & Co. Il s’agit d’un dérivé financier contournant toute règle prudentielle, et qui a causé la chute de Lehman Brothers, d’AIG puis, par effet de domino, du reste du système bancaire mondial.
… promu à un poste “stratégie”
Comme vous le savez, le monde de la finance récompense en général ceux qui détruisent de la valeur ; c’est ainsi que Blythe fut promue au poste de responsable mondiale des matières premières de JPMorgan Chase, qui est le plus gros hedge fund des Etats-Unis. Avec les planches à billets du monde entier, et surtout de Ben Bernanke, qui tournent à plein régime, il n’est pas exagéré de dire que ce poste est “hautement stratégique”.
Dans une téléconférence interne rendue publique par une taupe, l’égérie de JPM a expliqué à ses troupes que la concurrence “fait dans son froc” ; hé oui, Blythe a beau être une lady, elle emploie un langage de charretier, comme tout le monde à Wall Street. Pourtant, l’unité de Madame Masters a subi des pertes sur le charbon (contrairement à la transaction que je vous avais proposée dans un ancien Edito et qui nous a rapporté plus de 70% en deux mois) et, plus récemment, sur le silver (argent-métal).
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Mais tout cela ne sent pas très bon, à mon avis
Je vous explique : voilà que la JP Morgan, interrogée par le célèbre journal Financial Times, reconnaît avoir couvert (débouclé) sa vente à découvert sur l’argent. Or, il n’est pas du tout dans les habitudes de la banque de montrer ses cartes au marché.
Pourtant, les positions courtes détenues par les banques américaines sur l’argent-métal sont effectivement sur le déclin ; en même temps, les shorts sur l’argent aux mains des banques non américaines s’envolent. D’où ce commentaire de Tyler Durden (pseudonyme) sur le site ZeroHedge : “se pourrait-il que JPM transfère ses positions baissières sur l’argent et l’or vers des filiales non régulées par la CFTC, gendarme américain des matières premières ?”
La CFTC veut sévir
La CFTC, qui n’est pas si bête qu’elle en a l’air, s’est dit récemment qu’en faisant exploser la finance mondiale avec ses CDS il y a deux ans, Blythe Masters n’en était probablement qu’à son coup d’essai ; maintenant qu’elle spécule sur les matières premières, elle pourrait nous concocter quelque chose de vraiment grave, qui pourrait reléguer la crise de 2008 à un aimable pique-nique en forêt.
Pour prévenir ceci, “nous allons imposer des limites sur le nombre de positions qu’un spéculateur peut détenir sur les marchés à terme”, s’est donc dit le surveillant des commos.
Bien sûr, les cerbères de Washington savent bien qu’il est possible de contourner cet interdit en procédant à des achats par le biais de coquilles étrangères, notamment basées dans les paradis fiscaux ; mais, si cela arrive, ce n’est plus de leur ressort, puisque la compétence de la CFTC se limite aux frontières intérieures du pays.
C’est comme cela que les policiers de la Bourse peuvent paraître fermes aux yeux du public, tout en laissant les banksters (à la solde desquels ils sont en réalité) faire ce qu’ils veulent !
Conclusion :
Ce n’est que spéculation ; mais le coup fourré que je vous décris semble plus probable que l’explication officielle. Le coup de force de Blythe Masters sur l’argent ressemble, à la baisse, à la tentative de squeeze haussier sur le marché de l’argent-métal tenté par les frères Hunt en 1979.
A terme, cela devrait lui sauter à la figure une fois de plus, ce qui pourrait faire exploser le cours de l’argent vers de nouveaux record et peut-être mettre en faillite d’abord JPM, puis le système bancaire global par effet de domino ; car un rapport d’experts estime à 797 milliards de dollars les capitaux nécessaires aux institutions financières pour s’aligner sur les nouvelles règles de Bâle II, et à 2 890 milliards le montant pour se protéger de l’éventualité de retraits massifs de la part du public.
Certes, le timing d’un tel scénario est incertain : cela pourrait arriver demain, dans cinq ans, voire jamais ; toujours est-il que le temps semble se couvrir pour les Bourses. Je suis heureux de posséder des métaux précieux qui ne sont pas entreposés dans un coffre de banque, où il serait si facile de se le faire confisquer.


