Céréales : la tension reste vive sur l’offre, du fait de caprices météo répétés.
Vous vous en souvenez, l’an dernier une sècheresse historique avait frappé l’Europe centrale, faisant chuter de 40% la production russe et flamber les cours du blé.
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Aujourd’hui, c’est au tour de la Chine qui connaît dans ses régions productrices de céréales sa pire sècheresse depuis 50 ans.
La France et l’Allemagne sont en “stress hydrique” depuis déjà un mois. Les nappes phréatiques ne se sont pas reconstituées et il ne pleut pas depuis des semaines, ce qui pourrait fortement réduire les rendements du blé notamment.
Aux Etats-Unis, la période des semis est mise à mal par les inondations et le “trop de pluie” dans les régions productrices du centre et du nord. Voilà des semaines que les agriculteurs attendent des “éclaircies” pour semer leur blé. Car trop d’humidité fait pourrir le semis…
En revanche, dans la corn belt, c’est le manque de pluie qui menace les semis de maïs.
Selon l’USDA, à fin mai : 54% du blé de printemps était semé, 41% du soja et 79% du maïs. Pour vous donner une idée, en moyenne à cette date, on devrait se situer à 89%, 51% et 87% des semis en terre.
N’oubliez pas que les Etats-Unis sont le premier exportateur de blé et de maïs, et que les stocks mondiaux sont très très étroits. Si l’offre devait effectivement être mise à mal une fois de plus cette année (ce qui est loin d’être impossible), le cours pourrait être propulsé bien plus haut qu’aujourd’hui. C’est vrai pour le maïs, et bien plus encore pour le blé.
Concernant le cacao, les cours ont chuté de 25% avec la remise en route des exportations de cacao suite à l’arrivée au pouvoir de Ouattara. Un cours à suivre de près…
Forte volatilité sur les métaux de base
Coup de froid en début de semaine sur les métaux, en raison du fort rebond du dollar et de la publication de l’indice PMI des directeurs d’achat qui montre un net ralentissement de l’activité manufacturière de l’ogre chinois.
Goldman Sachs est venu à la rescousse en fin de semaine en conseillant vivement de repartir à l’achat sur les matières premières “notamment le pétrole, le zinc et le cuivre”, nous dit Simone Wapler dans l’Investisseur Or & Matières, et qui poursuit : “Morgan Stanley est également positif…“
Les derniers chiffres montrent que notre ogre consomme toujours aussi goulument. Voilà qui a rassuré les investisseurs.
L’or résiste toujours aussi vaillamment
Simone résumait bien la situation vendredi : “L’or est notre rempart contre le KO obligataire et le KO des Etats-Providence. Comme je vous l’ai souvent répété, l’or en soi n’est pas un investissement, dont on attend un rendement en contrepartie d’une prise de risque. L’or est une façon fiable de “stocker de la valeur” sans prise de risque. C’est donc un placement.
Aujourd’hui c’est un placement qui rencontre un certain succès puisque les monnaies fiduciaires sont incapables de stocker de la valeur. Pire encore, les émetteurs de ces monnaies affrontent une très grave crise de solvabilité et recourent depuis maintenant trois ans au procédé de la cavalerie : émission de dette fraîche pour rembourser les anciennes dettes. Et si personne ne veut des émissions fraîches ? Pas grave, on crée de l’argent que l’on donne aux banques qui font semblant d’acheter ces obligations et les rapportent ensuite à la banque centrale de leurs émetteurs.”
Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, Simone vous livre son avis sur la question ici.
Autre chose maintenant… l’or se remonétise
L’or est “en cours de remonétisation” pour certain. L’or “EST monnaie” pour d’autre. La seule vraie monnaie qui soit, sonnante et trébuchante et qu’aucun gouvernement, quel qu’il soit, ne peut déprécier à coups de planche à billets et surendettement.
Et bien justement…
L’Utah est devenu le premier Etat américain à légaliser les pièces d’or et d’argent, à leur rendre officiellement leur statut de monnaie.
Parallèlement, un représentant républicain du Minesota est en train de monter un comité dont la vocation est d’explorer la possibilité de reconnaître les métaux précieux comme monnaie. L’Idaho, La Caroline du Nord et neuf autres Etats américains lui emboîtent le pas et se lancent dans la mise en place d’un tel comité d’étude….
Et le brut ?
“Le prix du brut américain a trouvé un appui autour de 95 $ et, après quelques sessions hésitantes, il est parvenu à sortir par le haut d’un triangle.
Ce changement de perception est dû à Goldman Sachs qui a relevé ses prévisions de cours du Brent de 120 $ à 140 $ d’ici à la fin de l’année. La banque explique que la poursuite de la guerre en Libye épuisera rapidement les capacités de production supplémentaires des pays de l’OPEP. De plus, l’établissement américain attend une baisse de l’offre des pays non-membres de l’OPEP.
La force de persuasion de Goldman Sachs sur les marchés de commodities est telle que les intervenants n’ont pas prêté attention au gonflement des stocksaméricains de pétrole alors qu’ils étaient attendus en diminution”, disait vendredi Sylvain Mathon à ses lecteurs de Matières à Profits.
Ci-dessous notre tableau des variations.
Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi 20/05/2011 |
Vendredi 27/05/2011 |
Variation hebdomadaire |
| Aluminium* | 2 510 | 2 607 | 3,86% |
| Cuivre* | 9 002 | 9 150 | 1,64% |
| Plomb* | 2 476 | 2 515 | 1,58% |
| Nickel* | 23 400 | 23 100 | -1,28% |
| Etain | 28 100 | 27 055 | -3,72% |
| Zinc* | 2 160 | 2 265 | 4,86% |
| Acier (Méditerranéen) | 540 | 566 | 4,81% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
97,65 | 99,92 | 2,32% |
| Or (spot) | 1 514 | 1 537 | 1,52% |
| Argent (spot) | 35,06 | 37,96 | 8,27% |
| Platine (spot) | 1 771,00 | 1 801 | 1,69% |
| Palladium (spot) | 733,00 | 759 | 3,55% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
7,98 | 8,10 | 1,50% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
7,6 | 7,49 | -1,45% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
13,74 | 13,87 | 0,95% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois
** variation depuis point bas de mi septembre
*** variation depuis point bas de mi-juillet




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