Cette semaine, l’optimisme est toujours de mise sur les marchés actions. Les indices taquinent toujours leurs plus hauts annuels, à l’image du CAC qui a franchi en cours de séance les 3 700 points. Soit une hausse de 50% par rapport à son point bas de mars dernier (2 465 points). Le DAX gagne 3,92% sur la semaine, et le Nikkei 2,89%.
Au chapitre des bonnes nouvelles, l’indice de confiance des consommateurs américains (Conference Board) et les ventes de logements neufs, sont ressortis meilleurs que prévus. Et puis le PIB américain ne recule finalement que de 1% contre 1,4% attendu au dernier trimestre.
En Europe, les commandes industrielles repartent — soutenues entre autres par la prime à la casse et le restockage massif –, et l’indice du climat des affaires allemand (IFO) progresse encore.
Tout va bien dans le meilleur des mondes…
Il n’y a finalement que l’indice composite de Shanghai qui fait bande à part, avec un nouveau repli cette semaine de 1,5%. L’indice avait déjà perdu près de 20% sur août avant de se ressaisir quelque peu… Là où cela devient inquiétant, c’est que pour l’instant la Chine était le seul moteur économique qui semblait "relativement" bien tourner jusqu’ici… Et c’est surtout lui qui a tiré nos matières premières à la hausse au premier semestre. Or, cuivre, zinc, soja, charbon… l’empire du Milieu s’essoufflerait-il ?
1. Energie : le brut caracole toujours au-dessus de 70 $
Optimisme économique, marchés actions en hausse, faiblesse du dollar… tous les facteurs haussiers se sont conjugués pour soutenir cette semaine encore le baril de brut qui continue de zigzaguer entre les 70 $ et 75 $ (WTI).
A noter également que la saison des ouragans s’ouvre. Encore un facteur de soutien au cours.
Vendredi, le WTI livraison octobre cotait 73,04 $ sur le NYMEX et le Brent 73,01 $, même échéance, mais sur l’ICE londonien.
Les anticipations du cabinet Oil Movements ont également soutenu les cours. Selon lui, les exportations de l’OPEP devraient s’afficher en repli de 140 000 barils sur le mois qui précède le 12 septembre. Pour la Russie, un repli de 6% des exportations est prévu sur septembre.
2. Métaux précieux : toujours dans la course
L’once d’or a commencé mollement la semaine, avant de repartir à la hausse tout au long de la semaine. Hausse qui a momentanément propulsé notre once à 960 $ et qui s’explique par la bonne tenue du brut – inflationniste — et l’affaiblissement du dollar jeudi.
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L’argent a suivi l’or, en amplifiant le mouvement.
Le palladium s’est envolé vendredi, revenant au-dessus des 290 $ l’once, son plus haut niveau depuis un an. Les importations chinoises restent soutenues. Les investisseurs sont de retour et reviennent sur ce métal injustement délaissé. Le rebond du secteur automobile est également un facteur de soutien important, comme pour le platine.
| Cours à 3 mois |
Vendredi 21/08/2009 |
Vendredi 28/08/2009 |
Variation / semaine |
| Aluminium* | 1 928 | 1 912 | -0,83% |
| Cuivre* | 6 270 | 6 499 | 3,65% |
| Plomb* | 1 863 | 2 125 | 14,06% |
| Nickel* | 19 300 | 19 550 | 1,30% |
| Etain | 14 300 | 14 000 | -2,10% |
| Zinc* | 1 834 | 1 880 | 2,51% |
| Acier (Méditerranéen) | 403 | 400 | -0,74% |
| Or (spot) | 954,80 | 955,30 | 0,05% |
| Argent (spot) | 14,21 | 14,69 | 3,38% |
| Platine (spot) | 1 253,00 | 1 244,00 | -0,72% |
* cours en $ sur le LME à trois mois
3. Métaux de base : questionnement…
A l’exception du plomb et du cuivre dans une moindre mesure, la semaine aura été sans grande envergure. Malgré des indicateurs économiques positifs, la hausse du brut, des marchés actions plein d’optimisme et la faiblesse du dollar, les métaux sont restés sages. Très sages. Les investisseurs ont contenu leurs émotions…
En cause, la Chine, dont ils craignent le ralentissement de la demande. Il semblerait qu’elle veuille prendre des mesures pour réduire les surcapacités de ses industries, à commencer par l’acier et le ciment. Surchauffe ?…
La formidable hausse des matières premières sur le premier semestre avait des raisons fondamentales solides : la baisse de la production minière atteignait un point maximum au moment où la Chine s’est mise à reconstituer massivement ses stocks de matières, à bon compte. Offre au plus bas, relance de la demande, cette conjonction de faits a eu comme conséquence l’envolée des cours des matières. Les tendances seraient-elles en train de s’inverser ?
Aujourd’hui, les prix sont à nouveau "relativement" élevés et les stocks chinois reconstitués. Ne faut-il donc pas s’attendre à un essoufflement du mouvement sur le second semestre ?
Quoi qu’il en soit, les m&eac
ute;taux "à risque" sont clairement ceux pour lesquels les stocks sont pléthoriques, comme l’aluminium. Le zinc dans une moindre mesure.
Pour l’instant, le cuivre est toujours dans une forme olympique, touchant cette semaine encore un nouveau point haut depuis octobre.
Le plomb lui a ravi la vedette, revenant lui aussi à un plus haut d’un an. Le marché est à l’équilibre, la demande est en hausse.
4. Soft commodities : le blé revient dans la course
Le marché est en ce moment soumis à une certaine volatilité, du fait des récoltes de maïs et de soja qui commencent bientôt. Les derniers jours sont importants, et toute défaillance météorologique pourrait peser lourd sur les rendements.
Pour mémoire, la météo américaine a été jusqu’ici très clémente et l’on devrait obtenir de bonnes récoltes de maïs et de soja. D’où la pression à la baisse constatée sur les prix en ce moment.
Aux Etats-Unis, la moisson du blé d’hiver étant presque terminée, les investisseurs focalisent à présent leur attention sur la sécheresse australienne (gros pays producteur de blé) qui soutient les cours du blé.
Le maïs et le blé terminent la semaine respectivement à 3,29 $ et à 4,96 $ le boisseau sur le CBOT échéance décembre, et le soja à 10,12 $ le boisseau, échéance novembre.
A noter que le sucre caracole toujours à des niveaux records. Il se maintient au-dessus des 22 cents la livre.


