Les banques centrales prises en étau

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leadimg

Dans leur guerre contre l’effondrement de notre système financier, les banques centrales bataillent, actuellement sur deux fronts :
▪ elles essayent d’éviter les défauts de paiement en injectant toujours plus de liquidités ;
▪ elles essayent d’éviter tout ce qui pourrait indiquer un retour de l’inflation.

Les politiques nous “cachent” l’inflation
Dans ce dernier but, les prix à la consommation sont “interprétés positivement” (inflation calculée hors énergie et alimentation), le panier de référence est régulièrement modifié (la Chine baisse la part des produits alimentaires dans le panier), de nouvelles méthodes de calcul apparaissent (prix hédoniques), les prix des actifs qui pourraient signaler le retour de l’inflation subissent des pressions à la baisse (or, pétrole, métaux de base).

On injecte massivement des liquidités
Par ailleurs, avec la politique de taux zéro et le quantitative easing, les banques d’investissement et les hedge funds sont encouragés à spéculer à outrance (ventes à découvert, produits dérivés), ce qui conduit à une dépréciation générale des actifs.

On commence à apercevoir les premiers dégâts de cette marée de liquidité. Dans toutes les principales économies la hausse des prix à la consommation est largement au-dessus de l’objectif des banques centrales.

Les masses monétaires explosent
Aux Etats-Unis, la masse monétaire (M2) augmente de plus de 10% (la ligne bleu sur le graphique ci-dessous). Les prix à la consommation (ligne rouge) sont en hausse de 3,9% par rapport à l’année précédente. Les prix à la production (ligne verte) de 7,5% et les prix des importations de 13,4%.

Graphique de la masse monétaire aux Etats-Unis

Les deux derniers indices, qui sont des indicateurs avancés des prix à la consommation, annoncent une tendance haussière de ces derniers. En 2012, la Fed devra répondre à la question de savoir si, au final, sa politique monétaire ultra-expansive n’a pas aggravé le risque inflationniste.

En Chine, la masse monétaire (M2) a augmenté au cours des 12 derniers mois de 13,5% et les prix à la consommation ont augmenté de 6,1% sur la même période, avec comme raison principale la montée des prix des produits alimentaires.

Graphique de l'inflation en Chine

Mais sans une bonne prise en compte des prix alimentaires, l’indice ne permet pas de connaître le coût réel de la vie pour la population (même problème que pour le calcul américain de l’inflation de base).

En Grande-Bretagne, l’indice des prix à la consommation augmente de 5,2% (l’objectif de la Banque d’Angleterre pour maintenir la stabilité des prix est à 2%).

Et dans la zone euro, l’inflation atteint 3% (l’objectif de la BCE pour la stabilité des prix est juste en dessous de 2%).

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Conclusion :
Les marchés financiers négligent toujours le risque inflationniste, pourtant les signes avant-coureurs d’une plus forte augmentation des prix ne peuvent plus être ignorés.

Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de

Première parution dans la Quotidienne d’Agora le 28/10/2011.

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Eberhardt Unger

Le Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de

Il participe régulièrement à la Quotidienne d'Agora.

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