BHP entre au prix fort sur une matière à fort potentiel

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BHP Billiton y est arrivé !
Ça y est, les actionnaires peuvent souffler un peu. BHP s’est diversifié !

Cela faisait plusieurs années que le géant minier australien cherchait à étendre son portefeuille de matière. Après des échecs dans les mines et dans la potasse, le minier a jeté son dévolu sur… le gaz !

Plus précisément, sur du gaz de schiste. Vous savez, ce gaz que le monde s’arrache malgré les dégâts environnementaux infligés.

Le mouvement de BHP doit nous éclairer : la course au gaz de schiste ne fait que commencer. Les petits producteurs sont encore légion dans ce secteur. Gare aux OPA !

Nous suivons de près ce secteur. Les récents événements de marché nous ont convaincus de faire un point sur les dernières opportunités à saisir.

Les Etats-Unis, la terre promise des gaz de schiste
Historiquement, les Etats-Unis ont été les premiers à consommer du gaz de manière industrielle. Il était tout naturel qu’ils soient les premiers à découvrir cette nouvelle ressource qu’est le gaz non conventionnel.

L’histoire commence à être connue. Ce sont les petits producteurs qui ont développé les nouvelles techniques de forage, à base de fracturation et de forages horizontaux.

Puis les mastodontes de l’énergie sont arrivés sur le marché, penauds d’avoir loupé un si beau marché. Après BP et Shell, Exxon Mobile et Total se sont à leur tour positionnés aux Etats-Unis sur ce gaz.

La crise économique forme une bulle sur le marché
Le problème, c’est que le marché du gaz a sombré dans le sillage de la crise économique de 2008. L’arrivée de cette nouvelle offre de gaz a conduit à la formation d’une bulle gazière de surproduction. Conséquence, les prix se sont effondrés.

Deux acteurs ont survécu :

  • les petits producteurs, flexibles et disposant de la technologie de fracturation ;
  • les géants de l’énergie, qui ont les reins assez solides pour supporter de produire du gaz vendu à seulement 5 $ le mmbtu.

Si ces géants ne se sont pas désengagés du secteur, c’est que tout le monde arrivait à voir le bout du tunnel. Car comme l’a annoncé l’AIE, l’Agence internationale de l’énergie, l’âge d’or du gaz est devant nous.

Soutenue par les affres du nucléaire et le manque d’efficacité des énergies renouvelables, la consommation de gaz devrait rapidement dégonfler la bulle en absorbant les stocks et le surplus d’offres. C’est pourquoi le secteur commence à attirer de nouveaux acteurs.

BHP Billiton cherche une assurance dans le gaz
Cela faisait plusieurs années que BHP Billiton cherchait à se diversifier. Charbon, potasse, rien n’y a fait. En juillet, le géant de Melbourne a finalement décidé de poser 15 milliards de dollars sur la table pour racheter le producteur de gaz Petrohawk Energy. C’est plus de 50% au-dessus du cours de Bourse de Petrohawk !

Cette prime de 50%, pour le moins généreuse, signifie une chose : le gaz a changé de statut.

Le gaz, c’est tendance ! C’est surtout bankable !
Avec le gaz, BHP Billiton vise deux objectifs :

  • se diversifier dans des domaines moins cycliques que le pétrole et les mines ;
  • profiter du retour de la consommation gazière.

Le gaz plus que jamais indispensable
Entre les affres du nucléaire et des panneaux photovoltaïques qui peinent encore à éclairer nos frigos, le gaz est appelé à un grand avenir.

Ainsi le mouvement de BHP Billiton va probablement lancer une nouvelle série d’investissements dans le secteur. Rappelez-vous que la ruée sur les gaz de schiste ne fait que commencer.

Les petites minières dans le viseur
Pour profiter du mouvement, il est encore possible de parier sur une quantité de petits producteurs. Pour progresser, certains devront également s’associer à des partenaires plus importants.

SP Energy ou Rosetta Resources constituent de bonnes opportunités d’investissements. L’avantage de ces deux minières est qu’elles ont toutes les deux un pied sur les deux plus grands champs de gaz de schiste des Etats Unis : Bakken et Eagle Ford.

Côté technologies, il faudra également garder l’oeil ouvert. Les technologies de fracturation et du forage horizontal ne sont utilisées que depuis 10 ans. Il reste une quantité de développement à apporter. Déjà, certains producteurs ont commencé à utiliser du gel de méthane pour améliorer le rendement de leur forage.

Nous poursuivrons demain. Vous allez voir, il n’y a pas que les Américains qui s’intéressent au gaz non conventionnel. Les émergents font une entrée remarquée dans ce secteur. Chine en tête.

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.

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