Blé, soja, maïs flambent et nous offrent une belle opportunité

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C’est l’ébullition sur le marché des céréales et des softs. Et si vous me lisez régulièrement, vous savez déjà pourquoi.

L’équation est destructrice
Pour faire court :

▪ Le phénomène climatique La Niña, qui déclenche sècheresses et inondations en Amérique du Sud et Asie, détruit les récoltes ;

▪ Nous avons donc une offre en berne et des stocks en repli, alors que la demande reste très soutenue ;

▪ Cerise sur le gâteau : la spéculation exacerbe le tout.

Forcément les cours s’envolent. Haut.

Les conséquences sont dévastatrices
Soja, blé, maïs, sucre, huile de palme, oignons, café, coton, riz, caoutchouc…

Tous atteignent des niveaux de cours record et jettent les populations des pays émergents dans les rues. Emeutes, manifestations… la crise sociale est latente.

Car contrairement à chez nous, les céréales sont pour les populations pauvres "essentielles à la survie", et représentent une part très significative du budget des familles qui doivent se nourrir et s’habiller.

Impact budget familiale maximum et incompressibilité des besoins primaires… attention danger !

Vous me connaissez bien maintenant
Si je suis pour vous les tendances des softs et des céréales sur mes écrans radars pour vous faire part de directionnels forts, je suis personnellement incapable d’acheter ces matières dès lors que les cours atteignent un certain niveau. Question d’éthique, ou plutôt de moralité.

En revanche, je ne rate pas l’occasion de les shorter pour les jouer à la baisse. Profits et bonne conscience à la clé…

Or de ce côté-là, je pense qu’il y aura bientôt quelques très belles opportunités.

Je voudrais revenir avec vous sur les céréales.

L’USDA a fait l’effet d’une bombe
Mercredi, l’organisme sortait son dernier rapport. Soja et maïs ont gagné 3,9% et 4,4% (à 14,26 $ et 6,37 $ le boisseau) dans la foulée, revenant à leur plus haut niveau depuis l’été 2008.

Le verdict est sans appel :

1. Soja en détresse
La production et le stock sont revus à la baisse, tant pour les Etats-Unis (premier exportateur mondial) qu’au niveau mondial.

En décembre, le stock de soja américain était en repli de 3% sur un an. La tendance est au repli.

Le stock de fin de saison devrait atteindre un niveau critique, à moins de 3,8 millions de tonnes seulement. Si bien que le ratio stock/consommation tombe à un plus bas de 30 ans : 4,2%. Le plus grand exportateur mondial de soja à… 15 jours de consommation en stock.

Voilà pourquoi la moindre mauvaise nouvelle sur l’offre de soja fait et fera encore grimper le cours.

Or je vous rappelle que l’Argentine, second plus gros exportateur de soja, est victime de sécheresse et anticipe une baisse de son offre.

Tous les ingrédients sont en place pour que les cours du soja restent élevés.

2. Maïs dans le rouge vif
Même configuration pour le maïs.

La production américaine pour la saison 2010/2011 est revue très fortement à la baisse, les rendements n’étant pas bons. L’Argentine, touchée par La Niña, voit également sa production diminuer. D’où la révision à la baisse de la production mondiale (ces deux pays étant des acteurs clés). Elle est attendue autour de 816 millions de tonnes.

Les stocks mondiaux sont également révisés à la baisse, à 127 millions de tonnes contre (ils étaient de 147 millions de tonnes sur 2009/2010).

En décembre, le stock de maïs américain était en repli de 8% sur un an. La tendance est au repli.

Les stocks de fin de saison sont revus à la baisse à 18,9 millions de tonnes. Un point bas depuis 1995/1996. Ce qui fait tomber le ratio stock/consommation à 5,5%. Autrement dit, l’Oncle Sam, l’un des plus gros exportateurs de maïs de la planète, n’a que 20 jours de maïs en stock.

Ici encore, le moindre dérapage de la demande à la hausse, ou de la production à la baisse… et la situation devient explosive.

Ici encore, le cours devrait rester élevé les prochaines semaines.

3. Le blé ?
A suivre de près…

Certes, les dégâts climatiques sont énormes. Notamment en Russie (production en baisse de 30%) et chez ses voisins (notamment Ukrainiens).

Mais l’Australie a réussi à moissonner et à faire rentrer l’essentiel de sa récolte avant les inondations, et la récolte semble meilleure que prévue. La production argentine devrait elle aussi être finalement meilleure que prévue. La production européenne a été bonne.

Le stock mondial de fin de saison est revu à la hausse par l’USDA, à 178 millions de tonnes, pour une consommation de 660 millions de tonnes (ratio de 27%, soit 98 jours de consommation en stock).

Le stock américain de blé reste conséquent (52,5 millions de tonnes au 30 novembre 2010), en hausse de 8% sur un an.

Ici, pas de situation de pénurie potentielle.

L’Europe et les Etats-Unis ont du stock, il faut juste pouvoir approvisionner les régions en détresse. C’est donc plus un souci "logistique" et d’acheminement des denrées.

Mon avis ?
Je pense que maïs et soja verront leurs cours rester élevés dans les prochaines semaines. Cours qui pourraient même encore monter un peu.

Le blé, qui est revenu à des cours très élevés, me paraît être un très bon candidat pour jouer le cours à la baisse.

En effet, ses fondamentaux ne présentant pas de situation de tension. Surtout lorsque l’on sait que les agriculteurs américains ont accru la part de leurs terres réservées à la culture du blé. +10% pour le blé d’hiver selon les estimations américaines d’emblavement pour la récolte 2011.

Potentiel de gain ?
Il y a probablement entre 15% et 30% à prendre (sans effet de levier), en toute bonne conscience. Qui dit mieux !

Et en plus, nous sommes en situation de contango relativement fort. Vous gagnez donc sur les deux tableaux : sur la baisse potentiel du cours, et sur le roll !

Une belle opportunité qui sera suivie de près dans Matières à Profits, à n’en pas douter !

Isabelle Mouilleseaux, pour l’Edito Matières Premières & Devises.fr

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
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