Fin août, alors que nous étions en plein rebond des marchés actions après le mini-krach, j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de vous dire que je m’attendais à une rechute des marchés actions, plus violente encore.
Je vous avais alors recommandé la plus grande prudence, ainsi que la mise ne place de couvertures portefeuille sur tout rebond. C’était une bonne idée.
Car en effet, le CAC a perdu 7,29% sur la semaine. 30% depuis juin.
Tous les signaux passent au rouge brutalement
Le ralentissement constaté cet été se confirme. Nous assistons à un retournement aussi brutal que rapide. Tant du côté des entreprises que du côté des ménages.
- La confiance des ménages en France, en Allemagne et dans la zone euro se dégrade fortement. Les craintes portent sur l’emploi. Et quand on a peur pour son emploi, on se met à épargner et à consommer moins. Ce qui est très mauvais pour les Etats dont la croissance repose sur la consommation interne.
- Côté entreprises, le climat des affaires en Allemagne, en France et dans la zone euro se dégrade fortement lui aussi. L’activité du secteur privé de la zone passe en mode contraction. L’indicateur avancé qu’est l’indice PMI des directeurs d’achat vire au rouge. Les carnets de commandes se dégarnissent.
Partout dans les économies de l’OCDE, les taux de croissance sont revus à la baisse pour atteindre des niveaux anémiques.
Quant à Ben Bernanke, son dernier discours a littéralement glacé les marchés tant il a insisté sur les risques qui pèsent sur la croissance américaine…
Notre croissance ne suffit même pas à stabiliser le niveau de notre endettement
Je passe rapidement sur le caractère urgent et dramatique de la dette souveraine en zone euro : il faut organiser le défaut grec et remettre l’Italie sur les rails rapidement.
Pour l’instant, la BCE intervient toujours en pompier sur les adjudications italiennes, faute de clients… Quant à la lenteur du process de décision en Europe, elle est tout simplement insoutenable.
Le plus effrayant est probablement ce constat : pas un Etat n’arrive a un taux de croissance au moins égal au taux de croissance de la charge de sa dette ! (à l’exception du trio Luxembourg, Allemagne et Pays-Bas).
[NDLR : Cherchez la croissance là où elle ce trouve ! Découvrez 3 zones émergentes dont la croissance est peu ou pas affectée par la crise ! Notre spécialiste a réalisé un rapport spécial au potentiel de 324% de gains pour vous permettre de viser des plus-values sur ces marchés : tout est expliqué ici...]
Dit autrement, notre croissance est insuffisante ne serait-ce que pour stabiliser notre niveau d’endettement…
Le plus exaspérant est que pendant que la crise s’intensifie un peu plus chaque jour, partout les politiques s’étripent au lieu de s’asseoir ensemble pour tenter de trouver des solutions.
Jeudi, carnage sur les matières
Ce jour-là :
- les marchés actions plongent violemment ;
- et on apprend la contraction en septembre de l’activité manufacturière chinoise.
Trop c’est trop. L’effondrement des cours des matières est alors immédiat. Un véritable carnage. Car n’oubliez pas : l’ogre chinois est le plus gros consommateur de matières de la planète ; et lorsque la croissance mondiale ralentit, la demande en métaux s’essouffle.
Dernier boulet attaché aux matières et qui les tire lui aussi par vers bas : la remontée violente du dollar et l’effondrement de l’euro. Je vous rappelle que les matières sont libellées en dollar ce qui en renchérit le coût pour tout acheteur hors zone dollar (ainsi, notre facture de pétrole va s’alourdir considérablement).
Jusque-là, les matières premières avaient très bien résisté au krach qui secouait les marchés actions depuis début août. Cette fois, tout a lâché. Les investisseurs fuient les matières, au même titre que les actions. L’aversion au risque redevient maximale ; si vous avez shorté le VIX, vous êtes un homme riche…
L’or, emporté par la vague
- L’once d’or tombe de son piédestal. A priori plus pour des raisons techniques et mécaniques que de perte de confiance.
En cause, les ventes des fonds pour couvrir leurs pertes actions et swaps gold dont je vous parlais en fin de semaine.
Il y a aussi la forte baisse des métaux précieux industriels (platine, argent et palladium) pour cause de crainte de ralentissement économique. Ceci oblige les fonds “métaux précieux” à vendre de l’or pour maintenir leur exigence d’allocation d’actifs entre les différents compartiments.
L’envolée du dollar pèse également sur les achats d’or.
- Depuis quelques semaines déjà, alors que l’or culminait, je répétais dans mes Editos le probable retour de l’or sous les 1 600 $, vers sa très solide moyenne mobile à 200 jours. Et je vous disais que ce serait alors une excellente fenêtre d’entrée pour acheter de l’or physique.
Nous y sommes, avec une once passée de 1 921 $ à 1 558 $ tôt ce matin, 1 620 $ au moment où je vous écris. -15%…
Attendez une stabilisation du mouvement sous les 1 600 $ et achetez de l’or physique si vous en aviez l’intention. Les fondamentaux de l’or restent porteurs et la moyenne à 200 jours est très solide : elle devrait contenir les assauts baissiers.
[NDLR : Découvrez les meilleures opportunités aurifères grâce à la lettre de Simone Wapler et bénéficiez de conseils indépendants... d'un suivi régulier... de stratégies hebdomadaires et d'une expertise qui fait ses preuves depuis 2009 : pour en savoir plus sur les performances de Simone...]
Les métaux décrochent devant l’effondrement des perspectives économiques
C’est sur cette classe d’actifs matières que le risque est le plus grand.
C’est cette classe qui a décroché le plus violemment.
Et c’est elle aussi dont le potentiel de baisse est le plus important en cas de dérapage effectif de la croissance mondiale.
- Je passe sur l’argent, le palladium et le platine, emportés par l’assombrissement des perspectives industrielles et automobiles. L’argent perd 24% de sa valeur en une semaine et les platinoïdes 12% en moyenne.
- Même combat pour les métaux de base puisqu’au pire moment du plongeon de la fin de semaine dernière le nickel perdait jusqu’à 18% en deux jours, l’étain 22% et le cuivre 14%.
A moins d’une dépression grave, je n’imagine pas que l’on revienne aux niveaux de cours de fin 2008 pour les métaux. Car contrairement à l’automne 2008 où les entreprises croulaient sous les stocks, cette fois elles n’en ont pas. Elles n’arrêteront pas la production aussi violemment puisqu’elles fonctionnent en flux tendus.
Enfin, au risque de me répéter, ne lâchez pas la Chine si vous avez des métaux en portefeuille.
En revanche, je reste relativement optimiste pour les céréales et le pétrole…
Je reste relativement optimiste pour les céréales et le pétrole
- Le pétrole suit la même logique que les métaux : économie en repli = baisse de la consommation. Mais pour lui, je suis un peu plus optimiste. En effet, les révolutions du printemps dans le monde arabe vont obliger ces pays à multiplier les dépenses sociales, donc à accroître leur budget.
Comme ces budgets sont la plupart du temps financés par les exportations de pétrole, ces pays producteurs s’arrangeront pour maintenir le cours du brut autour des 90 $ (pour le Brent ; 70/80 pour le WTI)). Quitte à verrouiller partiellement le robinet du brut.
- Les céréales s’en sortent relativement bien. Ce sont elles qui ont le moins souffert la semaine dernière. Tout simplement parce qu’elles couvrent des besoins vitaux pour lesquels la demande est inélastique. On ne peut s’arrêter de manger l’élément de base de l’alimentation (blé, maïs et soja selon les pays), donc la demande ne peut pas disparaître du jour au lendemain comme pour les métaux.
Toutefois, un élément important : les importateurs délaissent les Etats-Unis dont le dollar est en hausse. Ainsi, ils vont chercher leur soja au Brésil, le real étant en repli. De même, beaucoup délaissent le blé américain et vont l’acheter en Europe de l’Est où la récolte a été riche. Ces rééquilibrages internationaux lèvent la pression sur les stocks américains et donc sur les cours.
- Les softs en revanche, type cacao, café et sucre, sont en net repli.
Bon, je vais arrêter là.
J’ai commencé cet Edito avec un CAC à plus de -2%. Je le termine avec un CAC à quasiment +3%… Vous connaissez mon opinion et mes recommandations si vous me lisez régulièrement.
Ci-dessous notre tableau de variation des cours.
Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi 16/09/2011 |
Vendredi 23/09/2011 |
Variation hebdomadaire |
| Aluminium* | 2 384 | 2 205 | -7,51% |
| Cuivre* | 8 810 | 7 260 | -17,59% |
| Plomb* | 2 411 | 2 022 | -16,13% |
| Nickel* | 21 725 | 18 000 | -17,15% |
| Etain | 23 505 | 19 000 | -19,17% |
| Zinc* | 2 209 | 1 955 | -11,50% |
| Acier (Méditerranéen) | 580 | 555 | -4,31% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
86,69 | 79,48 | -8,32% |
| Or (spot Comex) | 1 812,50 | 1 657,00 | -8,58% |
| Argent spot Comex) | 40,66 | 30,93 | -23,93% |
| Platine (spot Comex) | 1 809,00 | 1 608,00 | -11,11% |
| Palladium (spot Comex) | 730,00 | 634,00 | -13,15% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
6,82 | 6,43 | -5,72% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
6,85 | 6,44 | -5,99% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
13,45 | 12,5 | -7,06% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois



Laissez un commentaire