Charbon chinois : Un cocktail détonnant à base de concentration, prix cassé et marges élevées

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Cher lecteur,

Je remercie Florent pour son panorama du marché du charbon. Je tenais à y consacrer un Edito.

Pourquoi ?

Parce que ce marché est actuellement sous tension et risque de l’être pendant encore pas mal de temps. J’en profite pour porter quelques compléments à son article.

Tension ponctuelle sur l’offre
Vous le savez, l’Australie (l’un des plus gros producteurs de charbon) est victime de pluies incessantes (qui font grimper en flèche le cours du blé entre autres). Ces pluies inondent aussi certaines mines de charbon. Ce qui risque de peser sur les exportations du pays. Le risque est réel.

Parallèlement :

Tension sur les stocks
Actuellement 30% des centrales électriques indiennes fonctionnent avec un stock de charbon qui atteint un niveau “critique” tant il est faible.

Et ce “manque” ne menace pas seulement l’Inde : actuellement. 349 centrales chinoises seraient temporairement dans le même cas.

Alors certes, ce ne sont que des facteurs ponctuels
Mais d’une façon générale, la demande en provenance de ces pays tire le charbon et son prix à la hausse.

L’industrialisation et l’urbanisation de ces pays dopent la demande. Nous parlons ici d’une tendance de fond, de long terme.

La Chine est a elle seule le plus gros consommateur de la planète. Déjà…
Rien que sur octobre, la croissance de ses importations de charbon est de +38%. Lorsqu’on sait qu’il y a quelques années la Chine… exportait !

Pensez donc : 80% de l’électricité chinoise vient du charbon. Et selon les spécialistes, il faudra 20 ans à la Chine pour voir ce taux passer sous les… 75% ! Voilà pourquoi :

Nous n’avons pas fini d’entendre parler du charbon…
Surtout que c’est une énergie bon marché, facile d’accès, largement répartie sur la planète, et relativement abondante.

En revanche, elle est sale. Très sale. Même si on essaye de la rendre moins sale… par captation/enfouissement du CO2. Le chemin vers le charbon propre reste long…

Et je tiens au passage à saluer les chercheurs/ingénieurs qui travaillent tous les jours à rendre ce charbon plus propre. La qualité de notre futur est en partie entre leurs mains.

Mais revenons à notre sujet.

Face à leurs besoins croissants, ces pays s’organisent. Et c’est là que ça devient intéressant.

La Chine restructure son industrie
Il y a des milliers de mines en Chine (à peu près 16 000), dont la plupart sont “dangereuses” en termes de sécurité pour les mineurs (4 500 morts par an en moyenne !)

Pékin a décidé de “faire le ménage” et de “concentrer” ce secteur.

Quelques entreprises clés sont donc en train de consolider ce secteur. En gros, racheter les mines (à 20% ou 30% du prix !) pour les regrouper sous une bannière et les mettre aux normes.

Ainsi, quelques grandes sociétés contrôleront le marché du charbon qui sera centralisé, et Pékin pourra réguler le secteur beaucoup plus facilement… dans tous les sens du terme.

Pour l’instant, ceci génère des opportunités
Car ces entreprises “consolidatrices”, pour beaucoup cotées en Bourse, sont portées par cette situation “unique” et voient leurs cours grimper. Et pour cause :
- Le rachat de mines “à prix cassé” est une aubaine ;
- Et les marges qu’elles génèrent dans leur activité sont fortes.

Bien entendu, vous le savez comme moi, les valeurs chinoises connaissent une très forte volatilité. Comme toujours, les émergents sont un marché à très fort potentiel, mais relativement risqué.

A titre d’information, l’une des valeurs les plus grosses du secteur charbon chinois — et donc l’une des “moins risquées” — est Yanzhou Coal Mining (symbole YZC, cotée sur le marché américain). Plus de 13 milliards de capitalisation et un milliard de cash en banque. Mettez-la sur votre écran radar. Pour l’instant, son cours me paraît trop élevé, mais on pourrait s’y intéresser en cas de repli.

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.