La Chine réveille le marché des métaux industriels

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Il paraît que la France a été dégradée.

Après la décision de S&P vendredi dernier, on s’attendait à ce que les marchés connaissent une activité démesurée ce lundi. Tout le long du week-end d’ailleurs, un foisonnement d’analyses économiques, financières et bien évidemment politiques n’ont pas cessé de pronostiquer un cataclysme.

Finalement, les volumes de commentaires auront été inversement proportionnels aux conséquences réelles. La dégradation n’a eu pratiquement aucun effet, du moins pour la France.

Hier soir, le CAC 40 a clôturé sur un agréable +1%. Et aujourd’hui, il est reparti sur un tonique +1,29% au moment où j’écris.

Du côté des matières, cette vague de dégradation a eu l’effet paradoxal de tonifier le marché. Le marché des métaux a notamment bondi.

La raison est simple : la planète des matières premières ne tourne pas autour de Paris, mais de Pékin. Et les chiffres sont de ce côté du globe particulièrement positifs. La Chine vient d’annoncer que sa croissance en 2011 était de 9,2%, contre 8,6% attendu par l’agence Dow Jones.

Comme le souligne Sébastien Duhamel dans le Billet du Trader d’hier, l’indice chinois de référence, le Shanghai Composite, a bondi. Il a pris 4,1% depuis vendredi dernier. Cette annonce a ainsi permis d’atténuer les conséquences de la dégradation de S&P.

Le vrai perdant de la semaine, ce sont les matières agricoles. Après le rush de ces dernières semaines, l’USDA, le ministère de l’Agriculture américain, est venu refroidir les esprits.

Le cuivre retrouve les 8 000 $
Le cuivre conclut une semaine sur un +6,45%. Cette hausse est le symbole de l’orientation à la hausse de l’ensemble des métaux.

La première explication vient de l’augmentation de la production industrielle chinoise, en hausse par rapport aux attentes. Conjuguée aux meilleurs chiffres de croissance pour 2011, et à une baisse de l’inflation à 4%, la Chine a clairement eu un impact majeur sur les métaux.

La deuxième explication de cette orientation positive est venue des docks de Londres. Les traders de Londres auraient demandé le débouclage de 20% des contrats sur le métal rouge sur le LME, la Bourse des métaux de Londres. Si les raisons restent encore inconnues, ces décisions ont participé à la hausse du cuivre.

A 8 000 $, le cuivre pourrait cependant avoir atteint un point haut. Prudence donc.

Dans le sillage du cuivre, l’étain, le zinc ou encore l’acier ont tous augmenté, respectivement de 5,69%, de 6,24% et de 4,66%. L’étain conjugue notamment une hausse soutenue de la demande dans l’électronique à un déficit de production persistant.

Les minières profitent différemment de la hausse
Les minières asiatiques ont particulièrement profité de la bonne conjoncture chinoise.

La hausse a été particulièrement forte dans le secteur de l’aluminium. Les cours avaient déjà commencé à se redresser après l’annonce d’une baisse de production annoncée la semaine dernière par Alcoa. Ainsi, si le métal a pris 5,47% sur la semaine. Surtout, la minière chinoise Aluminium Corp. a bondi de 10% à Shanghai.

Les miniers occidentaux ont connu des hausses faibles. Rio Tinto a progressé de 2,7% depuis vendredi, alors que BHP Billiton a connu une croissance nulle. Le maintien d’un baril de pétrole haut pourrait expliquer cette prudence.

L’USDA a ses raisons que la raison ignore
Encore une fois, le département américain de l’Agriculture a surpris tout le monde.

Dans son étude trimestrielle des stocks, publiée jeudi dernier, le département n’a pas annoncé de baisse des stocks. Alors que tout le monde s’inquiétait des conséquences du phénomène météorologique La Niña en Amérique du Sud, il semble que la demande ne se soit pas encore détournée vers les stocks américains.

Les stocks de maïs sont notamment ressortis à 244,9 millions de tonnes, contre 238,5 millions de tonnes attendues. Le maïs perd donc 6,3% à Chicago.

Le marché du soja s’est également assagi, avec l’annonce de bonnes récoltes aux Etats-Unis, en Europe et en Ukraine. Le boisseau a perdu 1,99% sur la semaine. Les prévisions pour la récolte de blé ont enfin été revues à la hausse dans la CEI (Communauté des Etats indépendants). Son cours a perdu 3,69% sur la semaine.

Toutefois, il ne faudrait pas en conclure que la hausse de ces trois denrées est finie. Si le blé pourrait durablement repartir à la baisse, les marchés du maïs et du soja restent fondamentalement tendus.

Un potentiel de hausse est encore possible jusqu’aux récoltes.

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Le pétrole stabilisé
L’Europe n’est décidément pas plus efficace dans la résolution de sa crise de la dette que dans la mise en place d’un embargo.

L’embargo sur le pétrole iranien de l’Union européenne pourrait être repoussé de six mois. Nous avions atteint un pic de tension, et il fallait s’attendre à une accalmie sur le terrain de la diplomatie.

L’accord entre l’AIEA et l’Iran sur l’envoi d’inspecteurs a signé un arrêt momentané des hostilités verbales. Ainsi, le Brent perdait quasiment 2% la semaine dernière.

Hier l’Iran est revenu à la charge.

Il faut donc s’attendre à ce que le Brent reste encore quelques temps autour des 112 $. Les troubles au Nigeria ces jours derniers et la vigueur chinoise ont empêché le baril de redescendre en dessous des 110 $.

Les métaux précieux rebondissent
Si les métaux industriels ont profité du rebond de la croissance chinoise, les métaux précieux ont profité des nouvelles turbulences en Europe.

Comme le rappelle Commerzbank, “cet environnement [dans la zone euro] stimule la demande physique pour l’or, qui retrouve à nouveau son statut de valeur refuge“.

L’or et l’argent sont respectivement en hausse de 1,70% et 2,83% sur la semaine. L’or pourrait cependant en rester là de sa hausse, au moins à court terme. Avec le rebond du dollar face à l’euro, et la baisse des achats de la part de l’Inde, le métal jaune pourrait consolider.

Ce sont surtout les platinoïdes qui obtiennent la palme de la semaine. Le platine a augmenté de 8,62% sur la semaine. Pourtant le marché atone de l’automobile en Europe devrait rapidement venir calmer cette euphorie passagère.

Ci-dessous, le tableau hebdomadaire du cours des matières premières.

Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours

Cours à
3 mois
Vendredi
09/01/2012
Vendredi
13/01/2012
Variation
hebdomadaire
 Aluminium 2 038,5 2 150 5,47%
 Cuivre* 7 539 8 025 6,45%
 Plomb* 1 995 2 018 1,15%
 Nickel* 18 645 19 295 3,49%
 Etain 19 775 20 900 5,69%
 Zinc* 1 842 1 957 6,24%
 Acier (Méditerranéen) * 515 539 4,66%
Pétrole light
(New York 1 mois)
101,7 100,93 -0,76%
 Or (spot Comex) 1 616,6 1 661 2,75%
 Argent spot Comex) 28,75 30,37 5,63%
 Platine (spot Comex) 1 403 1 524 8,62%
 Palladium (spot Comex) 613 651 6,20%
Blé
(le boisseau sur le Cbot)
6,34 6,106 -3,69%
Maïs
(le boisseau sur le Cbot)
6,51 6,1 -6,30%
Soja
(le boisseau sur le Cbot)
12,08 11,84 -1,99%

* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.

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