C’est désormais acquis, nous venons de changer de régime. Arnaud Montebourg doit être content, nous laissons la Ve République derrière nous.
Le problème, c’est que nous n’avançons pas vers une VIe République, mais que nous régressons vers l’Ancien Régime.
Rarement un parti aurait été aussi hégémonique à la tête de l’Etat. Ca tombe bien, parce que le PS va devoir avoir les reins solides. Il devra affronter les vents mauvais de Bercy et de la Cour des comptes, qui commencent déjà à tirer la sonnette d’alarme sur l’état des finances françaises.
L’heure des mesures sociales vient de s’achever avec les législatives. Retraite, justice, tout a été empaqueté pour plaire aux électeurs et aux syndicats. C’est maintenant l’heure de la rigueur socialiste.
Comprenez : il va falloir payer aux prix du marché, c’est-à-dire plus cher. Et au premier rang, l’énergie. Energies renouvelables, importations de gaz et coûts d’entretien… ces énergies coûtent de plus en plus cher.
N’ayez pas peur !
Si votre facture va forcément augmenter dans les mois à venir, je connais un moyen de compenser ce manque à gagner, voire de vous enrichir.
Mon conseil après ces quelques lignes.
Les moutons noirs du marché européen
Jusqu’à récemment, les utilities, ces entreprises publiques qui nous fournissent en eau ou en électricité par exemple, étaient les moutons noirs des marchés. L’ETF DJ STOXX Europe 600 Utilities est tombé en mai à ses plus bas depuis deux ans.

Les causes sont multiples. La valse des réglementations, le coût du renouvelable et la crise européenne ont réduit les marges des grandes utilities.
En Allemagne, la sanction a été double. La sortie du nucléaire est venue s’ajouter à la déprime européenne. Ce retrait très politique a rendu fou furieux les acteurs allemands de l’énergie, obligés de faire une croix sur des centrales qui leur avaient coûté des milliards.
Le cours de l’Allemand RWE a ainsi été divisé par trois depuis 2008.
La France n’a pas été épargnée
Bien entendu, la France et ses champions nationaux ont été frappés de plein fouet.
A Paris, la décision de geler les prix du gaz et de modérer ceux de l’électricité a longtemps pesé sur les comptes des champions nationaux.
Ensuite, la crise européenne a fini d’emporter ces entreprises :
=> D’abord parce que la consommation a ralenti dans toute l’Europe.
La consommation d’électricité en Europe n’a toujours pas retrouvé ses niveaux de 2008.
=> Ensuite parce que le contrôle des prix a de plus en plus été utilisé comme une arme électorale.
Toutefois, certaines utilities ont commencé à revoir leur stratégie de croissance face à ces obstacles. Et ces stratégies sont en train de payer.
Tour d’horizon des différentes politiques de croissance de ces entreprises :
=> Rechercher la croissance à l’étranger
C’est la première option qui a été choisie par les plus grandes utilities. Ainsi E.ON, le plus grand distributeur de services énergétiques en Allemagne, et surtout RWE, faisaient partie des pestiférés sur les marchés européens après que la chancelière allemande ait décidé de faire sortir son pays du nucléaire.
Pourtant, en mars dernier, E.ON a annoncé une hausse de son EBITDA à prévoir en 2012 et 2013. C’est avant tout les nouvelles activités du groupe à l’étranger, en Russie et en Europe centrale, qui expliquent cette bonne santé.
Les groupes français se sont également propulsés à l’étranger, avec le rachat de l’Italien Edison par EDF et d’International Power par GDF Suez. Ces deux valeurs ont bondi ce mois-ci à Paris.
=> Promouvoir une nouvelle réglementation nationale
Proche du lobbying, cette stratégie semble porter ses fruits, notamment en France.
Ces dernières années, les gouvernements ont souvent eu une influence forte sur le cours des utilities en bourse. En 2010, la décision de l’Allemagne d’étendre la durée de vie des centrales nucléaires avait boosté le cours des trois électriciens allemands (E.ON, RWE et Energie Baden-Württemberg). Un an après, la décision de se retirer du nucléaire faisait couler les cours à la Bourse de Francfort. RWE perdait 7% en quelques jours.
Aujourd’hui, les utilities sont repassées à l’attaque, pour modifier les réglementations. C’est le cas notamment dans le nucléaire en France, mais aussi face au régulateur des prix de l’électricité et du gaz.
Longue vie au nucléaire !
La victoire de François Hollande avait fait courir des frissons dans le dos des agents d’EDF. Après l’évocation d’un coût de maintenance proche de 56 milliards d’euros dans les années à venir pour l’électricien, la victoire du PS aux présidentielles semblait définitivement ternir l’avenir du nucléaire français.
Aujourd’hui, ces obstacles sont en passe d’être levés. Le titre EDF affichait un glorieux 8,7% sur le mois de juin.
Car le nouveau président semble avoir verdi son discours de campagne dans une optique purement électoraliste. L’arrêt de la centrale de Fessenheim sera probablement la seule victime de l’alliance avec les écologistes. Surtout, le projet de centrale de quatrième génération de Penly devrait être maintenu.
Les tarifs montent, réjouissez-vous !
Une autre réglementation est en passe d’éclairer l’horizon des énergéticiens français, la hausse des tarifs régulés.
=> D’abord en ce qui concerne l’électricité.
Le prix de l’acheminement de l’électricité devrait augmenter en août prochain, nous apprennent Les Echos ce matin. La contribution au service public de l’électricité (CSPE), qui finance les énergies renouvelables, devrait également être revue à la hausse. Enfin, la hausse des coûts de l’entretien des centrales va probablement monter. Conséquence, plusieurs analystes comme Oddo ou HSBC conseillent désormais d’acheter le titre EDF.
=> Ensuite dans le gaz naturel.
Dès début juillet, la Commission de régulation de l’énergie (CRE), l’organe tout puissant de l’énergie en France, va recevoir une demande de hausse des tarifs. Objectif, augmenter les prix de 5% !
En parallèle, le gel des tarifs, décidé en octobre 2011, pourrait prendre fin après un recours devant le Conseil d’Etat de GDF Suez.
Mon conseil
Il très probable que François Hollande adoucira la régulation des prix de l’énergie en France. D’une part parce que les utilities françaises ont besoin de capacités d’investissement, d’autre part car la régulation des prix coûte cher à l’Etat.
Investir dans les utilities françaises pourrait donc être une bonne idée d’investissement actuellement… car le changement, c’est maintenant !
[NDLR : OPPORTUNITE : Découvrez une utility, dénichée pour vous par Florent Detroy, particulièrement bien placée pour repartir à la hausse. Cet acteur majeur de l'énergie française devrait être porté par les nouvelles règlementions françaises. Il vient de passer dans la catégorie "achat" de Goldman Sachs : retrouvez toutes les informations dont vous avez besoin pour en profiter dans Matières à Profits...]
Bon investissement.



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