Comment profiter du boom agricole ?

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Cela ne vous a certainement pas échappé si vous lisez régulièrement notre Edito : depuis quelques mois les cours des céréales et oléagineux flambent — et 2008 pourrait bien être l’année des céréales. Depuis le début de l’été dernier, je vous dis combien les fondamentaux de ces marchés sont solides et visibles à long terme.

Posez-vous la question : qui va en profiter ?
Quand un secteur se porte bien et qu’il a devant lui un bel avenir, ma première réaction est de regarder tout ce qui touche de près ou de loin à ce secteur et qui est susceptible d’en profiter.

A votre avis : à qui le boom des matières agricoles peut-il bénéficier ? Autrement formulé : quels sont les "ingrédients" indispensables à la réussite des récoltes ?

La météo me répondrez-vous. Certes, mais là, je crains que nous n’ayons pas grande influence…

Soyons concrets
J’ai un très bon ami agriculteur dans la Beauce. Son exploitation est très grande et très moderne. Il arrive quasiment à lui seul à gérer un domaine de plusieurs centaines d’hectares. Pour cela, il a fait appel aux techniques les plus sophistiquées.

Il dispose d’un abonnement Internet ADSL pour avoir les prévisions météorologiques à court moyen et long terme — destinées aux agriculteurs. Il travaille sur des logiciels de gestion d’exploitation agricole pour optimiser ses rendements. Il dispose des cours en temps quasi réel du blé, colza, soja… Ses tracteur, moissonneuse batteuse et autres engins agricoles sont absolument gigantesques. Vous n’avez pas idée ! A l’intérieur, tout est climatisé, vous avez la radio et vous avez l’impression d’être dans le cockpit d’un avion ! Des boutons partout… de toutes les couleurs ! Véridique…

Bien sûr, il est au courant des dernières méthodes et techniques pour optimiser les rendements et accroître l’efficacité de son  travail dans les champs. La dernière dont il m’a parlé : on ne retourne plus la terre pour semer ! Les semis sont effectués en "grattant" à peine la terre…

Bien sûr, il a recours aux engrais et pesticides. Comme il pratique l’agriculture raisonnée, il n’utilise que ce dont il a strictement besoin. Et comme il connaît la dangerosité de ces produits, lorsqu’il les manipule, il met une combinaison spéciale, totalement hermétique. Une sorte de scaphandrier moderne. Enfin, il a mis en place un système d’irrigation très performant, avec des pompes et des tuyaux en PVC qui acheminent l’eau là ou le besoin se fait sentir…

Cerise sur le gâteau : c’est un gars très sympa ! Je vous l’accorde, cela ne vous sera pas d’un grand secours pour vos investissements !

Cherchez donc du côté de ces entreprises…
De quoi venons-nous de parler ? D’engins agricoles, d’engrais et pesticides, d’eau et systèmes d’irrigations, de logiciels informatiques agricoles, de combinaisons spéciales… et j’ai oublié les plants, graines et semis en tous genres qu’il faut bien acheter pour procéder aux semis.

Sincèrement, tous ces secteurs d’activités liés à l’agriculture pourraient bien être portés par le boom agricole mondial. Essayez de creuser en direction des entreprises qui mettent à disposition des biens et services nécessaires au développement de la productivité agricole. Il y a certainement des opportunités à saisir. Et c’est maintenant ou jamais !

A commencer par l’eau, qui va devenir de plus en plus rare et de plus en plus onéreuse — réchauffement climatique aidant… Il serait intéressant de faire un petit tour des leaders du marché, histoire de savoir quelles entreprises pourraient tirer leur épingle du jeu.

La problématique de l’eau est une bombe !
Mon fils (qui est en CM1) fait actuellement un exposé sur l’eau. Je savais que l’eau douce ne représentait que 2,8% de l’eau sur terre. Le reste étant de l’eau salée. En revanche, j’ai appris que 22,5% de l’eau douce était souterraine (nappes phréatiques plus ou moins profondes issues de la fonte des neiges et de l’eau de pluie) ; 1,5% de l’eau douce se trouve en surface (lac, fleuves, ruisseaux…) et 76% de l’eau douce est emprisonnée dans les calottes glaciaires (pôles Nord et Sud). Sachant qu’on prédit la fonte des pôles pour la fin du siècle… faut-il en déduire que ces 76% disparaîtront ? Une grande partie des nappes phréatiques et de l’eau en surface sont polluées…

La problématique de l’eau est une bombe ! Car l’eau est indispensable à la survie de l’homme. Or nous sommes de plus en plus nombreux. Il nous faut boire de l’eau potable et nous nourrir avec des aliments qui ne peuvent exister sans eau ! A la base des céréales, oléagineux et softs en tous genres, il y a l’eau. Sans eau, pas de nourriture ni de survie possible.

Investir dans l’eau pourrait donc être une excellente idée…

Les besoins en eau sont gigantesques
C’est surtout dans les pays en voie de développement que les pénuries d’eau menacent. L’eau potable y est rare. Alors que sur les 100 dernières années la consommation d’eau a été multipliée par sept, l’eau douce disponible a diminué de 40% depuis 1970 ! Sur les six milliards d’êtres humains, un milliard n’a pas accès à l’eau potable. Chaque année, quatre millions de personnes meurent pour avoir ingéré de l’eau contaminée, impropre à la consommation. Et le réchauffement va exacerber ce problème.

L’industrie, grosse consommatrice d’eau
Et n’oubliez pas non plus que l’extraction des sources d’énergie (pétrole en tête) nécessite de très grandes quantités d’eau. Prenons l’exemple des sables bitumineux du Canada. Pour les transformer en un baril de brut, il faut mettre en oeuvre cinq barils d’eau.

Même chose pour la production d’éthanol. Il faut trois fois la quantité d’eau pour produire une quantité d’éthanol ! Et je ne compte même pas la quantité d’eau nécessaire à la production des céréales ! Or pour produire une tonne de céréales, il faut en moyenne 1 000 tonnes d’eau ! Les cultures de maïs et de riz sont particulièrement gourmandes en eau…

L’agriculture, consommateur N°1 mondial d’eau
La consommation d’eau par les ménages représente "peanuts“. 70% de l’eau consommée l’est par l’industrie agricole. 20% sont consommés par l’industrie. Les ménages n’utilisant que 10% de l’eau
consommée. Sachez aussi que les économies d’eau que nous réalisons personnellement au jour le jour ne sont rien comparées aux déperditions d’eau dans les canalisations et au niveau des robinets. On réaliserait des économies gigantesques en mettant en place des infrastructures étanches.

Le prix de l’eau ne peut qu’augmenter
Sur les 20 dernières années, les prix de l’eau ont en moyenne augmenté de 6% annuellement. Soit 1,30 $ la tonne (moyenne mondiale). En Chine, une tonne d’eau coûte 0,26 $. Or ce pays doit faire face à la pollution massive de ses fleuves et cours d’eau, en plus de la diminution forte des débits constatés, sécheresse oblige. L’eau potable se fait rare et les besoins en centrales d’épuration de l’eau sont énormes ! La Chine s’est fixée comme objectif de nettoyer jusqu’à 40% de ses rejets d’eau d’ici à 2010 ! Programme très très ambitieux…

Le facteur chinois à lui seul milite pour une forte augmentation du prix moyen mondial de l’eau dans les années à venir…

Regardez donc l’évolution de vos factures d’eau sur les dernières années. Vous verrez bien que ce n’est pas une lubie mais une réalité. Et ça va continuer.

L’indice Womax
Je vous le disais il y a quelques semaines, l’indice World Water Index a été lancé en février 2006. Il est composé des 20 plus grosses entreprises cotées liées à l’eau. En recalculant ce qu’aurait été le parcours de cet indice s’il avait été lancé en 2003, on obtiendrait une hausse de 120%.

Mais ce n’est là que le tout début de l’épopée… Car les investisseurs n’ont pas encore pris en compte le potentiel à venir du secteur de l’eau. Ce sera sans aucun doute l’un des secteurs porteurs des années à venir. Car comme le dit Jim Rogers — expert, je dirais même "gourou" incontesté des matières premières — : "à l’avenir, les pays se feront la guerre pour avoir accès à l’eau…".
A votre avis : pourquoi Israël a-t-il déclenché la guerre des six jours et annexé le plateau du Golan ? Tout simplement parce que ce plateau est stratégique : c’est le plus grand réservoir d’eau de toute la région !

Une opportunité ?
Simone Wapler vous présente l’indice Wowax ci-dessous…

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.