Coton, du jamais vu depuis 140 ans !

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Les prix du coton ont plus que doublé en un an
A 62 cents en mars 2009, la livre vient de franchir les 137 cents à New York. Les prix du coton ont plus que doublé en un an.

La météo catastrophique du dernier été n’a pas fini de perturber les cours des matières premières. Par ricochet, toutes les commodités ont été touchées. D’abord, ce fut le blé russe, puis le sucre indien… aujourd’hui, c’est au tour du coton chinois de connaître la pénurie.

Les pluies noient les plantations…
Les inondations de cet été en Asie ont compromis sérieusement la récolte 2009-2010.

La production du Pakistan, quatrième producteur mondial, a baissé de 18% cette année. En Chine, premier producteur mondial, la baisse a été de 5,4%.

Depuis quatre mois, le coton n’en finit plus de monter. Les cours ont enregistré une hausse de +64% sur cette période !

L’achat de coton, exercice "terrorisant" pour les grossistes chinois
La déclaration de ce grossiste chinois de la province du Jiangsu témoigne bien de la vigueur de la hausse. Avec un prix d’achat en hausse de 30%, ces acteurs sont obligés de le répercuter sur les prix de vente.

Le grossiste chinois "Ningbo Seduno Group", qui a pour partenaire notamment Adidas, Zara ou encore Nike, a déjà augmenté ses prix de 20% depuis juillet.

Pour se couvrir, les acteurs chinois ont recouru massivement aux futures. Elles ont augmenté de 70% en 2010.

Plusieurs signent avant-coureurs étaient déjà visibles.

La météo exécrable de cet été n’a été que le facteur déclenchant
La météo a été l’écume de la vague haussière.

Car le scénario haussier était connu bien avant l’été : baisse de la production mondiale, déclin des stocks, augmentation de la demande, tous les ingrédients haussiers étaient déjà là !

La production baisse depuis trois ans
La situation actuelle s’explique fondamentalement par le désamour des producteurs pour le coton depuis plusieurs années. La production baisse depuis trois ans. Finalement, zlle s’est établit à 21,9 millions de tonnes pour la saison 2009-2010, contre 23,4 pour 2008-2009.

En mars 2009, les cours du coton ont touché un plus bas historique, à 49 cents la livre. En plus du manque à gagner, les coûts de production du coton (irrigation) pesaient sur les revenus des agriculteurs. Ils se sont alors tournés vers d’autres cultures plus rentables.

Ce mépris général pour le coton a eu pour première conséquence de réduire les surfaces dédiées au coton cette année.

Ainsi, la moindre hausse de la demande risquait d’enflammer les cours.

La Chine gratte l’allumette
La Chine a accumulé les "premiers prix" sur le coton depuis quelques années : Première productrice, elle est également première consommatrice et première importatrice.

En 2010, anticipant le début de reprise économique du printemps, la demande chinoise s’accroît. Très vite la demande excède l’offre. 3,6 millions de tonnes de coton manquaient pour la saison 2009-2010. Le déficit s’installe.

Les stocks chinois sont vides
Dans la catégorie "stocks", la Chine avait l’habitude d’être également première. Mais cette année, ses stocks ont chuté dramatiquement, établissant un nouveau record datant de 1995.

Au niveau mondial même, les stocks sont maigres. Ils sont passés de 12 millions à 9,45 millions de tonnes en seulement un an.

Il ne restait qu’une solution à la Chine : augmenter ses importations. Elles ont doublé entre 2009 et 2010.

L’Inde et le Pakistan ferment leur marché
Le problème, c’est que les fortes intempéries dans un pays ont rapidement des répercutions sur les pays voisins. Aucun des grands producteurs asiatiques n’a vu ses exportations progresser.

A la suite des inondations au Pakistan, les filatures se sont retrouvées très vite au chômage technique.

Afin d’éviter de connaître un scénario identique, New Delhi a freiné fortement ses exportations de coton au sortir de l’été. En ménageant l’approvisionnement de ses filatures, le gouvernement indien a protégé sa population de la hausse des prix.

Rajoutez à cela la baisse des exportations de l’Ouzbékistan, et la sécheresse au Brésil, et vous serez presque étonnés de ne pas voir les cours grimper plus hauts !

Des fondamentaux haussiers pour 2011
Certains voient se former une bulle autour du coton. Un rapide coup d’oeil sur les dernières années de production suffit à ramener à la réalité.

La situation actuelle est tout simplement le résultat de trois ans d’abandon de la filière coton. Plus personne n’investissait dans la fibre blanche, préférant les plantations plus profitables et moins chères, comme le maïs ou les oléagineux.

La remontée des cours est tout ce qu’il y a de plus logique. Les fondamentaux se rappellent à notre bon souvenir. Essayons de transformer le phénomène en opportunité.

Visez mars 2011
Jusqu’en mars, je suis persuadé que les cours resteront très élevés.

La pénurie structurelle du marché ne sera comblée momentanément que par l’arrivée de la récolte américaine en mars prochain. Cette récolte devrait être bonne, elle apportera un peu de répit au mouvement haussier.

Mais le marché du coton restera tendu sur l’ensemble de l’année 2011.

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.