Rapide petit tour d’horizon…
1. Les métaux sont en ébullition
Nos métaux sont soutenus par les anticipations de reprise économique et les bons indicateurs sortis notamment aux Etats-Unis.
Cuivre au top
Le 15 octobre dernier, alors que le cuivre cotait 8 400 $, je fixais mon objectif de cours pour le cuivre en 2011 à 10 000 $.
▪ Objectif atteint !
Cette semaine, le cuivre a franchi le seuil des 10 000 $ pour la première fois de son histoire, grimpant même jusqu’à 10 100 $ dans la foulée.
▪ Une bonne affaire.
Souvenez-vous. Le 15 novembre dernier, alors que le cuivre était en pleine consolidation, je vous recommandais dans ces colonnes de profiter de ce repli pour entrer sur le cuivre à 8 200 $.
Ceux d’entre vous qui ont suivi mon conseil ont fait une belle affaire !
Offre en berne, demande soutenue par l’activité en Chine et aux Etats-Unis, marché déficitaire, grèves dans les mines, ouragan sur le producteur australien, lancement d’ETF physique… absolument tout se cumule pour pousser les cours à la hausse.
Le plus important est que les fondamentaux restent très positifs pour le cuivre.
▪ Mon avis ?
Si vous n’en avez pas : achetez-en quand il y aura une consolidation (pas au prix fort !).
Si vous en détenez : conservez.
Autre grand gagnant cette semaine : l’étain
Il a franchi le seuil psychologique des 31 000 $ pour la première fois de son histoire. Cotant 31 300 $ dans la foulée !
Là aussi, si vous me suivez régulièrement, vous savez que l’offre est ultra-tendue, et la demande soutenue. L’Indonésie (un tiers de la production mondiale, plus gros exportateur mondial) a vu sa production diminuer (79 000 tonnes en 2010 contre 90 000 tonnes attendues), et tend à baisser régulièrement ses quotas d’exportations.
Chasse aux mines illégales, gisements vieillissants, manque d’investissement pour développer les infrastructures, inondations des mines (toujours La Niña !)… le pays va chercher à présent l’étain en offshore, tant la demande est forte. Son voisin chinois, à l’appétit gargantuesque (premier consommateur d’étain au monde) a ingurgité 150 000 tonnes d’étain en 2010.
La hausse des coûts de production induit également une hausse des cours de la tonne.
Ici encore, les fondamentaux sont positifs. Les niveaux de l’étain resteront à des niveaux de prix élevés. En cas de consolidation du marché de l’étain, profitez-en pour vous positionner.
Le nickel est lui aussi propulsé à la hausse
Outre les fondamentaux — notamment la très forte reprise de la production d’acier –, le cyclone Yasi a entraîné la fermeture de cinq mines de nickel en Nouvelle-Calédonie, l’un des gros producteur/exportateur mondial.
L’arrêt de la production (4% de la production mondiale) a déclenché une vague spéculative et a poussé les cours à la hausse.
2. Soft commodities : La Niña propulse les cours à des sommets
Le cacao est soutenu par la crise ivoirienne, Ouattara ayant demandé l’arrêt des exportations de cacao. Toutefois, la hausse du cacao risque d’être de court terme, car les stocks sont là. Tout est donc une question de timing. Les cours consolideront dès que les exportations reprendront.
Du côté du café arabica, dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises, la situation est toujours tendue, avec une offre arabica extrêmement étroite cette année, notamment en Colombie (premier producteur mondial).
Le sucre a atteint un nouveau record historique à plus de 36 cents la livre, suite au passage de l’ouragan Yasi sur l’Australie (troisième exportateur mondial de sucre). 15% de la production sucrière aurait été détruite, alors que la situation était déjà tendue en terme d’offre.
Rien de nouveau du côté de l’Inde (plus gros producteur mondial). Le pays va-t-il exporter un peu de sucre cette année pour “détendre le marché”, et combien ? Ou va-t-il garder son sucre pour lui… ? La question reste en suspens et maintient le sucre en lévitation.
Blé, maïs et soja sont toujours portés par une offre en berne (La Niña), des stocks bien trop étroits (surtout maïs et soja) et une demande qui ne faiblit pas, malgré la hausse des cours.
Les cours reviennent vers leurs records de 2008.
Dernier incident météo à s’abattre sur le blé (encore un !) : une grande sècheresse et un très grand froid sur les plaines productrices aux Etats-Unis. Alors que la récolte dans l’hémisphère sud est déjà largement compromise, c’est maintenant le nord de l’hémisphère qui est touché.
3. Ben Bernanke et l’Egypte font rebondir les métaux précieux
Les platinoïdes ont été soutenus par les ventes automobiles aux Etats-Unis (+17% sur un an en janvier).
L’or est porté par les craintes de contagion de la crise égyptienne au Moyen-Orient, et par les propos rassurants de Bernanke : le QE2 (quantitative easing) durera aussi longtemps qu’il le faudra, le programme de rachats d’actifs devrait donc aller jusqu’à son terme en juin.
Ajoutez à cela la poussée inflationniste dans les émergents et les incertitudes récurrentes sur la dette européenne, et vous comprenez le rebond de l’or.
Suivi bien entendu par l’argent…
4. Pétrole : les 100 $ pulvérisés
Les cours du pétrole sont eux aussi portés par la crise égyptienne et les craintes de contagion au Moyen-Orient.
Mais surtout : l’Egypte est un point de passage incontournable pour le brut :
- par le canal de Suez ;
- par l’oléoduc Suez Méditerranée.
Tant que les tensions persisteront dans le pays, le cours du Brent restera à des niveaux élevés. Mais n’oubliez pas que l’offre est pour l’instant suffisante. Les stocks de Cushing sont pleins. Et l’OPEP dit pouvoir ajuster sa production si besoin.
Autre chose : les pays de l’OPEP ont peur de l’inflation. Or l’un des principaux moteurs de l’inflation est le cours du pétrole. Accroître la production de brut pour faire baisser un peu les cours est in fine un bon moyen de temporiser l’inflation et les risques d’émeutes qui en découlent. Les pays de l’OPEP y sont sensibles.
Et voici comme toujours la suite de notre point hebdomadaire, avec notre tableau de variation des cours.
Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi 21/01/2011 |
Vendredi 04/02/2011 |
Variation sur 15 jours | Variation depuis creux de l’été 2010 |
| Aluminium* | 2 413 | 2 538 | 5,18% | 23% |
| Cuivre* | 9 454 | 9 977 | 5,53% | 47% |
| Plomb* | 2 470 | 2 572 | 4,13% | 45% |
| Nickel* | 25 875 | 28 035 | 8,35% | 34% |
| Etain | 27 550 | 30 850 | 11,98% | 64% |
| Zinc* | 2 352 | 2 490 | 5,87% | 34% |
| Acier (Méditerranéen) | 575 | 548 | -4,70% | 42% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
89,33 | 88,69 | -0,72% | 18% |
| Or (spot) | 1 342,40 | 1 349 | 0,46% | 9% |
| Argent (spot) | 27,53 | 29,14 | 5,85% | 51% |
| Platine (spot) | 1826 | 1843 | 0,93% | 19% |
| Palladium (spot) | 820,00 | 812,00 | -0,98% | 83% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
8,31 | 8,63 | 3,85% | 89% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
6,6 | 6,8 | 3,03% | 90% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
14,2 | 14,41 | 1,48% | 50% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois
** variation depuis point bas de mi septembre
*** variation depuis point bas de mi-juillet


