Cuivre : L’Europe gèle ses achats, que fera la Chine ?

| |
leadimg

Le cuivre bafoué, le cuivre humilié, mais le cuivre stabilisé… pour quelques jours seulement !

Le métal rouge en aura finalement vu de toutes les couleurs en ce mois de septembre. Après une chute éclaire de plus de 20%, les analystes ont commencé à prendre peur. Si le cuivre est toujours ce bon indicateur de tendance économique, allons-nous vers un krach mondial ?

Mais pour une fois, la chute du cuivre n’a pas permis de donner aux investisseurs une orientation claire sur la conjoncture. Les cours ont perdu 20% sur un mois, et 30% sur 6 mois. En 2008, le métal s’était effondré de 50% !

Cette chute de 20% est soit trop, soit pas assez.

Stabilisé un peu au-dessus des 7 000 $ la tonne, les investisseurs savent que le métal ne restera pas à ces niveaux. Partira-t-il à la hausse ou à la baisse, c’est une autre question.

________________________

- FLASH SPECIAL INFLATION -

Comment acheter de l’or physique HORS TAXES, exonéré d’impôts sur la plus-value (notamment pour les contribuables payant leurs impôts en France ou en Suisse)…

Comment stocker cet or pour moins de 3 euros par kg et par an – hors du système bancaire – là où l’Etat ne viendra jamais le chercher… auprès d’un prestataire sécurisé, astreint au secret par la loi, sous peine d’amende et de prison

Pour tout savoir – n’attendez pas : il suffit de suivre le guide…

________________________

Pour l’instant, les acteurs du marché attendent avec impatience les nouvelles en provenance de Bruxelles et de Washington. Récemment, l’incertitude sur un possible ralentissement chinois est venue renforcer l’attentisme des marchés.

Le cuivre reste au milieu du gué. Tombera t-il plus bas ? Seul de nouveaux signaux économiques décideront de son orientation.

Pour l’instant, les yeux restent braqués sur le LME.

Quelques lignes pour essayer de dégager les scénarios possibles.

Le cuivre fidèle à sa réputation
Le cuivre a chuté de 30% depuis ses plus hauts de février, à 10 190 $ la tonne. Sa chute de 20% en septembre a traduit la dégradation rapide de la situation économique.

Le krach a permis de finalement poser la seule question qui vaille : et si l’économie mondiale était au bord du gouffre ?

Car le cuivre a été le chef de file du vaste mouvement baissier des métaux. Ainsi, le FYSE 350 mining a baissé de 19% en septembre.

Cours du FTSE mining 350 sur six mois

Cours du FTSE mining 350 sur six mois

Certains réglages techniques expliquent en partie cette chute. L’effondrement des places boursières a incité plusieurs fonds à se retirer des marchés bien valorisés. Le cuivre, comme l’or, comptait parmi ces marchés.

Aujourd’hui, la CME vient de relever de 15% ses appels de marge sur les futures du cuivre pour février. La fuite des fonds pourrait s’accentuer, donnant un nouvel élan à la baisse des cours.

Mais c’est fondamentalement les doutes sur la croissance mondiale qui a été le principal déclencheur de cette déroute sur le LME.

La peur d’un 2008 bis
Le FMI a évoqué récemment un risque de récession pour l’OCDE en 2012. En France, c’est désormais officiel, nous n’aurons pas de croissance pour le quatrième semestre. Et côté américain, les faiblesses de l’économie ne sont encore cachées que par le spectacle de la désunion européenne.

Rien de bien réjouissant.

Pourtant, les grandes manoeuvres commencent à se mettre en route, alors que la récession apparaît de plus en plus probable. Les mouvements des banques centrales pourraient donner un peu de répit au cours du cuivre.

Play it again, [uncle] Sam !
Dans le film Casablanca, Humphrey Bogart demande au pianiste de rejouer une petite musique qui lui fait penser à un temps douloureux.

Avec Ben Bernanke, la Fed va demander à la planche à billets de rejouer sa petite musique qui lui rappel l’état inquiétant de son économie.

Il est probable, devant les craintes d’un ralentissement, que Ben Bernanke pourrait rejouer la petite musique du quantitative easing.

D’ailleurs, cette méthode commence à faire des émules. En Europe, Jean-Claude Trichet a l’intention de soulager les banques en achetant pour 40 milliards d’euros d’obligations bancaires. La Banque d’Angleterre a de son coté mis en place un véritable Quantitative Easing.

Ces deux mouvements permettront d’abreuver les marchés en liquidité.

Rien de mieux pour redonner des ailes au cuivre. Surtout que la Chine pourrait être amenée elle aussi à desserrer la contrainte sur le crédit.

Déjà, les cours du cuivre ont bondi de plus 3% hier.

Seule l’injection de liquidité permettrait au cuivre de remonter ?

Les Normands s’invitent à la semaine du LME
La semaine du marché des métaux londonien était une bonne occasion de faire le point sur les fondamentaux du marché.

Cette semaine de rencontres et de discours s’est achevée. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’aucune tendance ne s’est dégagée.

Aux questions sur la hausse des cours du cuivre, les réponses de Normands dominaient. On était proche du “peut-être bien que oui, peut-être bien que non”. Traduit en langage de trader, ça donnait des estimations comprises entre 6 000 et 9 000 $. Autant dire que personne n’en sait rien !

Le marché est vraiment en phase d’attente.

Comme l’a annoncé le patron d’une importante minière de cuivre, les Européens refusent désormais de s’engager sur 2012. Sans pour autant annuler des commandes.

La lueur d’espoir ne pourra venir que de Chine.

Le salut viendra t-il de Pékin ?
Seule la demande chinoise pourra véritablement donner au marché une orientation.

Pékin consomme 40% du cuivre mondial. Le niveau d’activité de son industrie détermine donc en grande partie les cours du métal. Or en septembre, des inquiétudes sont arrivées sur l’industrie chinoise. Pour le troisième mois consécutif, l’indice PMI chinois d’HSBC était en baisse.

Pourtant, c’est bien de Chine que pourrait venir le rebond.

Les stocks de cuivre chinois sont plutôt bas. La chute des cours pourrait amener Pékin, selon une stratégie mainte fois vue dans le pétrole et les métaux, à acheter du cuivre à bas coûts. Le cours du cuivre à Shanghai étant légèrement plus haut qu’à Londres, c’est Londres qui verrait son cours progresser.

Mon conseil : Nous n’en sommes pour l’instant qu’à l’heure des hypothèses. Actuellement, les Chinois haussent le ton contre les projets législatifs américains contre le yuan, et proposent de financer l’Europe.

Nerveux, l’empire du Milieu ne semble pas rassuré devant le ralentissement économique en Occident. Je conseillerais donc d’attendre une meilleure visibilité pour rentrer sur le marché du cuivre. Les cours du cuivre pourraient dans le pire des scénarios tomber sous les 6 000 $.

Un regain de croissance nous amènera à examiner en profondeur les minières du cuivre.

En attendant, le dénouement de la crise de la dette en Europe pourrait être un premier indicateur solide de tendance.

Author Image for Florent Detroy

Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.

2 Commentaires
Laissez un commentaire »

Poursuivre le débat

  1. Cuivre : L'Europe gèle ses achats, que fera la Chine ? | La Quotidienne d' Agora

    [...] parution dans l’Edito Matières Premières & Devises le 07/10/2011 AKPC_IDS += [...]

    11 oct 201110:40
  2. Cina, rame e Africa. Perché Pechino investe nel metallo rosso

    [...] asiatico in fatto di risorse naturali e minerarie. La Cina è di gran lunga il primo importatore e consumatore mondiale di rame e negli ultimi due decenni ha avviato una politica di acquisizione di alcune tra [...]

    14 mar 20124:04

Laissez un commentaire

En soumettant votre commentaire, vous acceptez de respecter nos politique de commentaire.