Un nouvel échiquier stratégique mondial est en train de se mettre en place, la partie ne fait que commencer. Toutes les règles du jeu sont en train d’être chamboulées et chacun doit avancer ses pions dans un monde en totale mutation.
La stratégie se joue sous contraintes : explosion démographique, insuffisance et raréfaction des ressources naturelles mondiales d’autre part et, pour couronner le tout, challenge environnemental qui prend des allures de défi.
Objectif ? La maîtrise des approvisionnements en matières et la maîtrise des coûts dans un monde devenu inflationniste.
Si la flambée des matières premières fait les choux gras de certains, la grande majorité d’entre nous sortira perdante de ce petit jeu là. Regardez…
61 milliards de dollars qui assomment l’aérien
Avez-vous entendu cela ? La facture du carburant couterait quelque 61 milliards de dollars aux compagnies aériennes cette année, soit l’équivalent de ce qu’elle leur a coûté sur les quatre dernières années ! Rendez-vous compte du choc que cela représente. L’impact est à ce point violent qu’il pourrait bien remettre tout le business model en cause si le cours du brut devait encore monter.
Licenciements, fermeture de lignes non rentables, chute des cours en bourse… le secteur aérien est dans la tourmente…
Le caoutchouc fait plonger le secteur des pneumatiques
Le caoutchouc naturel vient d’enregistrer un plus haut historique depuis 28 ans à la bourse de Tokyo, atteignant 341 yens le kilo à trois mois. La gomme a le vent en poupe et s’apprécie d’autant plus que le cours du brut s’envole ! Plus celui-ci est cher, plus le coût du caoutchouc synthétique se renchérit.
Conséquence ? Les constructeurs de pneumatiques accusent le coup, les marges s’effritent fortement et les cours plongent. Bridgestone, Michelin…tous les grands du secteur trinquent.
Le secteur automobile voit l’avenir couleur noir brut !
Selon le cabinet en stratégie Arthur D. Little, si le prix du baril atteint 180 $, le coût d’usage des véhicules augmenterait de 28% et freinerait massivement les intentions d’achat des consommateurs. Le marché américain serait de loin le plus touché avec une chute de 28% des ventes !
180 $, c’est pour demain ! Déjà à 135 $, l’impact est réel : les ventes de voitures neuves ont chuté de 8% en mai dernier en Europe. Et je suis prête à parier que vous roulez moins vite qu’avant sur grande route. Pas vrai ?
On pourrait ainsi multiplier les exemples…
A commencer par les terribles émeutes de la faim, tant les denrées alimentaires de base ont vu leur prix s’envoler.
Et les choses ne vont pas s’améliorer. Comme le disais hier Ingrid (rédactrice de notre nouvelle e-newsletter gratuite MoneyWeek) qui commentait les chiffres de la FAO : "dans les 10 ans à venir les prix seront en hausse de 10% pour le sucre et le riz, 20% pour le blé, 30% pour le beurre et les céréales secondaires et 50% pour les huiles végétales. A ces estimations s’ajoutera l’inflation".
[NDLR : Au cas où vous vous demanderiez qui est Ingrid... sachez qu'il s'agit de la rédactrice de notre toute nouvelle lettre d'information gratuite, La Quotidienne de MoneyWeek ! Tous les matins dans La Quotidienne, Ingrid vous apportera un éclairage décalé et concis sur l'actualité financière et économique du jour -- et puisque c'est gratuit, pourquoi vous en passer ? Cliquez ici pour la recevoir sans plus attendre...]
Le message ? Le jeu de dominos commence…
La flambée des matières, à l’origine des pressions inflationnistes de plus en plus fortes, est en train de freiner notre économie à vitesse grand V. Nous assistons à un véritable jeu de dominos, la hausse des coûts des uns renchérissant, par répercussion, la hausse des coûts des autres…
Tous les secteurs, les uns après les autres, sont touchés. Ce qui impactera au mieux leurs marges et leurs résultats à venir, au pire l’intégralité du business model sur lequel ils reposent.
Non seulement l’inflation affaiblit nos entreprises, mais en plus elle impacte très négativement le consommateur dont le pouvoir d’achat s’effrite. Dans un tel environnement, pouvez-vous imaginer un instant que les indices boursiers se sortent de ce bourbier avec à peine quelques égratignures ?
Entrepreneur, consommateur, investisseur… même combat : place au système D et aux visionnaires !
Pourtant, les analystes continuent de voir la vie en rose
Etant donnée la situation, les valorisations boursières restent à mon avis bien trop élevées par rapport à la réalité économique. Le consensus des analystes sur les profits à venir est irréaliste.
Un chiffre : pour le S&P 500, le consensus table sur une hausse des profits de 10% ! On nage en plein délire… Vous imaginez le taux de croissance économique qu’il faudrait pour atteindre ce chiffre ?
Pas de doute, les analystes semblent refuser d’envisager la réalité telle qu’elle est. Ils voient le monde tel qu’ils aimeraient qu’il soit. Ce qui est très différent !
Mais la machine à broyer ne leur laisse guère le choix. Ils commencent donc à peine à ouvrir les yeux, revoyant (enfin !) certaines de leurs prévisions de résultats à la baisse. Ce qui participe au reflux actuel des indices boursiers.
Nous ne sommes probablement qu’au début de ce réajustement.


