Une dame de fer ?
Julia Gillard est une femme libre et possède un franc-parler séduisant. Elle est également devenue, il y a quelques semaines, le nouveau Premier ministre australien.
Comme promis, cette ancienne avocate a organisé des élections anticipées pour avoir la confiance de ses administrés. Elles auront lieu le 21 août prochain.
Toutefois, la bataille s’annonce rude face à un candidat libéral — Tony Abbott, qui n’a pas dit son dernier mot — et des promesses difficiles à tenir.
Les minières aux commandes
Son premier fait d’armes à la tête du gouvernement aura été la mise en place de la taxe sur les entreprises minières. Toutefois, la taxe appliquée est très loin du texte d’origine qui visait à imposer 40% des supers profits de près de 2 500 entreprises du secteur.
Seulement 30% de taxes sur le fer et le charbon (moins de 400 sociétés touchées) seront appliqués. Voilà qui illustre le pouvoir des acteurs des minières australiennes sur la politique. Leurs menaces de stopper les investissements a finalement fait plier le gouvernement.
La RBA inflexible
Les périodes électorales sont toujours des phases délicates pour les devises d’un pays, surtout quand sa croissance est aussi fortement dépendante des relations internationales.
De plus, l’Australie a cette particularité d’avoir le taux de refinancement le plus haut de l’OCDE avec 4,5%.
Ce matin dans le journal l’Australian, le gouverneur de la RBA affirmait que ces élections ne changeraient pas l’attitude de la banque centrale. Et il n’a pas exclu de nouvelles hausses de taux si nécessaire.
La nouveauté réside plutôt dans l’inquiétude du gouverneur envers l’Europe et la Chine. Il a reconnu que les prévisions et la tendance positive actuelle de la croissance australienne pourraient être remises en cause si les stress tests des banques européennes inquiétaient les marchés ou, pire, si la Chine devait entrer dans un cycle de ralentissement plus prononcé.
AUD/JPY : Signes de faiblesse
La paire opposant le dollar australien et le yen japonais a été le véhicule favori des carry traders durant les derniers mois. La reprise semblait acquise — enfin pour ceux qui ne lisent pas nos chroniques ! — et le resserrement monétaire à contre-courant de la Banque royale d’Australie a démultiplié l’envolée de la paire de devises.
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