▪ Des êtres sans foi ni loi ont volé des dizaines de plaquettes en cuivre dans un cimetière en Essonne. Plaquettes qui servent à orner les tombes.
▪ Au même moment, le chinois Minmetals Resources lance une OPA de quelque cinq milliards d’euros sur le producteur de cuivre australo-canadien Equinox Minerals.
Le point commun à ces deux événements ?
Le cuivre, ses fondamentaux haussiers, son prix devenu extrêmement cher… (avec un sommet à 10 150 $ la tonne en février).
Les voleurs revendront le cuivre volé au prix fort “au cul du camion”.
Les Chinois sécurisent leurs approvisionnements en cuivre à long terme, car c’est une matière première stratégique. Sans elle, pas de câblage ni de construction.
Pendant ce temps…
Tout le gratin mondial du cuivre se réunit au Chili, pour parler du métal rouge. En effet, le Chili est le premier producteur mondial de cuivre.
Je vous renvoie vers mes derniers articles sur le cuivre pour en savoir plus.
Attention aux stocks
Un point important : les Chinois ont constitué des réserves stratégiques de cuivre énormes. Ils ont acheté massivement du métal rouge sur les marchés internationaux ces deux dernières années.
La question est de savoir s’ils consomment ce cuivre au fur et à mesure qu’ils l’achètent. Ou s’ils le gardent bien au chaud.
Le cas échéant, cela veut dire qu’à tout moment ils peuvent “casser” le cours du métal rouge. Une vraie épée de Damoclès.
D’après le Financial Times, le cuivre importé en Chine est surtout stocké. Il ne sert qu’assez peu à la consommation.
Dans quelle proportion ? Personne ne le sait…
En n’attendant, n’oubliez pas : renforcez-vous sur le cuivre.
Un point important sur le pétrole maintenant. Je vous l’avais promis
Comme vous le savez, il y a beaucoup de facteurs extrêmement haussiers pour le brut : le risque de basculement au Moyen-Orient, la guerre en Libye — pour en savoir plus je vous renvoie vers ce message spécial “pétrole et révolutions arabes” — mais aussi le tsunami au Japon… Je vous renvoie également vers mon article récent à ce sujet.
Toutefois, deux facteurs baissiers sont tapis dans l’ombre.
▪ Le ralentissement économique probable, notamment en Chine, qui lutte toujours contre la surchauffe et qui vient une nouvelle fois de relever ses taux de 25 points de base à 6,31%.
▪ Et les stocks de Cushing, qui militent dans le sens d’une baisse des cours du WTI dans les semaines à venir.
Je m’explique.
Cushing est plein a craquer. Attention !
Cushing, c’est une petite ville perdue au fin fond de l’Oklahoma. C’est surtout une énorme zone d’entreposage de pétrole aux Etats-Unis, principal point de livraison du brut lorsque les contrats à terme sur le WTI arrivent à échéance sur le marché des futures.
Au 30 mars dernier, les stocks de Cushing comptaient 41,9 millions de barils. Nous sommes à un cheveu du seuil total de saturation, qui devrait être touché d’ici quelques semaines, lorsque les investisseurs sur les futures prendront livraison de leur brut, à la prochaine échéance des contrats. La capacité maximale étant… 44 millions de barils.
Et après ?
C’est là que ça se tend…
Les investisseurs seront obligés de vendre le brut
Bientôt, nous allons être confrontés à la situation suivante : si les stocks de Cushing sont pleins, les investisseurs sur les marchés à terme qui ont des positions acheteuses sur le pétrole ne pourront tout simplement pas prendre livraison du pétrole, faute de place pour le stocker. Ils seront donc obligés de vendre le brut.
Beaucoup d’investisseurs qui habituellement ne prennent pas livraison de la marchandise, l’ont fait ces dernières semaines — au cas où ça “sauterait” au Moyen-Orient et que le brut flamberait. C’est l’une des raisons de la hausse des stocks et de la situation actuelle.
Cette situation va exercer une pression baissière sur les cours dans les mois à venir. Parce que nous allons voir apparaître des vagues de vendeurs à chaque nouvelle arrivée à échéance de contrats. Et ceci tant que Cushing restera saturé.
Vous l’avez compris… Les Etats-Unis nagent dans le brut. Ils ne savent plus qu’en faire
Et les cours élevés du pétrole “détruisent” de la demande tant ils font “peur” quand vous passez à la pompe.
Brent et WTI caracolent respectivement à 123 $ et à 109 $. Un retour sur les 107 $ et 92 $ n’est donc pas impossible. Surtout si les rebelles remettent en route les gisements de pétrole sur lesquels ils ont remis la main et si Khadafi accepte une négociation.




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