L’écart WTI-Brent bientôt résorbé ?

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Avons-nous tort de nous préoccuper de l’Iran ?

La semaine dernière, la publication par l’AIEA d’un rapport confirmant que l’Iran était proche de détenir l’arme nucléaire a déclenché un mini-vent de panique. Bien orienté déjà depuis quelques temps, le baril de brut a continué vers les 100 $. Désormais, ce n’est plus qu’une question de jour avant que le WTI ne touche ce palier.

Sommes-nous sûr que l’Iran a joué un quelconque rôle dans cette hausse ?

Pas forcément… car habituellement, une telle annonce géopolitique fait exploser les cours en quelques jours.

Là, les cours ont accéléré leur hausse, sans réellement “bondir”. Nous sommes plutôt devant une tendance de moyen terme. Le pétrole a enregistré un +31% depuis début octobre, quasiment sans répit. Il faut s’attendre à une consolidation dans les semaines à venir. Pourtant les fondamentaux de long terme sont positifs.

Pour anticiper jusqu’où peuvent aller les cours du WTI, intéressons nous d’abord aux causes réelles de cette hausse. Car désormais, la question qui compte est celle-ci : combien de temps faudra-t-il avant que le WTI ne rejoigne le Brent ?

L’Iran, inquiétant mais pas déterminant
L’IAEA estime que la volonté iranienne de créer une bombe nucléaire est maintenant “crédible”.

L’annonce a été largement médiatisée, même s’il était difficile de ne pas avoir de doutes après des années de rapports ambigus et d’indices en tout genre (importations d’uranium, liens avec la Corée du Nord…).

Or n’importe quelle tension autour de l’Iran tend potentiellement les cours du baril. Et ce pour deux raisons. D’une part, l’Iran est le deuxième producteur de pétrole de l’OPEP. D’autre part, l’Iran contrôle le détroit d’Ormuz, qui est une des artères du commerce énergétique entre le Golfe et l’Asie.

Pourtant, les prix n’ont pas véritablement décollé suite à cette annonce. Ou plutôt si, mais seulement les prix du WTI. Or si l’Iran avait réellement été le déclencheur, c’est avant tout les prix du Brent qui seraient en hausse.

L’état des stocks américains de pétrole pourrait davantage avoir été le déclencheur. Le réservoir de Cushing, dans l’Oklahoma, c’est l’alpha et l’oméga du pétrole américain. Point de convergence de tous les pipelines, il détermine les cours du brut.

Or les récentes analyses ont souligné que le terminal a probablement été vidé ces derniers mois.

Les cuves sont vides, le WTI remonte
En août, les stocks étaient pleins à craquer.

A partir d’octobre, le marché a réduit considérablement les stocks devant l’effondrement des cours boursiers. Réduire les stocks était une façon de se prémunir contre une chute de la demande, et donc une chute des prix due au surplus de pétrole.

Force est de constater que la technique a bien marché. Alors que les prix du WTI étaient tombés en dessous des 40 $ après le septembre sanglant de 2008, les cours sont ici restés au-dessus des 70 $.

La Chine tient le marché
Les prix se sont également maintenu grâce aux fondamentaux. En particulier, grâce à la demande chinoise qui maintient nombre de matières premières à flot depuis quelques semaines. Le cuivre, le soja… et bien sûr le pétrole.

L’Europe pourrait rentrer en récession début 2012, mais la Chine s’attend à repartir doucement à partir de 2012. C’est pourquoi Pékin maintient sa consommation. Il prépare déjà l’avenir.

Ainsi, sa demande de pétrole qui devrait déjà augmenter de 6% cette année, pourrait encore croître en 2012.

Pour 2012, faites confiance aux banques centrales
D’ailleurs, les cours seront aidés l’année prochaine par l’interventionnisme des banques centrales. Car partout, les signes de ralentissement se multiplient :

  • Aux Etats-Unis, le chômage ne régresse pas. Les derniers chiffres sur le chômage américain font état d’un taux de 9%. Les Etats-Unis restent dans le marasme.

  • De l’autre côté du Pacifique, l’indice des produits manufacturés en Chine flirte désormais avec les 50 points. Un passage en dessous des 50 signifierait que l’industrie cale en Chine. Inimaginable pour Pékin.

Ainsi, à l’exception de l’Europe, les banques centrales sont prêtes à intervenir. En octobre, la Fed et la Banque centrale chinoise se sont déclarées prêtes à intervenir en cas de ralentissement économique grave.

A Washington, Ben Bernanke a déclaré qu’il se tenait prêt également à faire le nécessaire, , comprendre “à lancer un QE3″. En Chine, des rumeurs font état d’un plan de relance de 168 milliards de dollars en préparation. Surtout que l’inflation chinoise est tombée en dessous des 6%. Une relance ne la ferait ainsi pas flamber.

Dans tous les cas, le baril en profitera, que ce soit le Brent ou le WTI.

Goldman Sachs haussier sur le WTI
Cette configuration n’a bien entendu pas échappé à la banque d’affaires, qui vient de publier ses prévisions pour les matières premières pour 2012. Un seul mot domine : haussier.

Bien entendu, toutes les matières ne monteront pas. Mais le pétrole occupe une large place dans la stratégie d’investissement de la banque.

Pour la banque, le “nettoyage des capacités de stockage de Cushing et la mise en service d’une voie ferrée d’évacuation début 2012 aidera à réduire le surplus dans le Midwest, et poussera les prix du WTI plus près du Brent“.

L’opportunité du moment
Le pétrole est donc l’opportunité du moment. Je m’attends à une pause des cours au niveau des 100 $, car la hausse est particulièrement forte depuis un mois et demi. Pour 2012, il paraît raisonnable de parier sur un baril au-dessus des 100 $ de manière durable.

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.

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