“Le monde de l’énergie est confronté à une incertitude sans précédent”
Le ton est donné…
C’est par ces mots que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) débute son dernier rapport annuel “World Energy Outlook 2010″ (WEO). Et de l’incertitude il y en a dans ce dernier rapport !
Faisant traditionnellement référence dans le domaine énergétique, l’agence parisienne qui regroupe 28 économies avancées a revu sa copie sur bien des points. Comme le note l’analyste américain Chris Martenson, le terme de Peak Oil (ou : pic pétrolier) a fait pour la première fois son apparition dans le cru 2010. Une mini-révolution. Mais aussi un double langage parfois difficile à cerner… Des prévisions parfois très (trop ?) nuancées, qui jettent un trouble supplémentaire sur notre avenir énergétique.
Le Peak Oil est derrière nous !
Si l’on en croit le WEO 2010, le Peak Oil serait déjà dépassé, l’agence situant la date aux alentours de 2006. Quatre ans plus tard, il était donc temps d’en parler !
L’AIE estime en fait que la production de pétrole conventionnel a atteint un pic historique en 2006 avec une production de 70 millions de barils par jour, qu’elle ne devrait plus jamais atteindre.
Près de 30% de la production des puits aujourd’hui en activité auront disparu en 2020.
En 2035, ils ne fourniront plus que 17 millions de barils/jour.
A ce stade, rien de très réjouissant…
Des paris risqués et beaucoup d’optimisme…
▪ L’agence tempère le pessimisme de ses prévisions en pariant sur le développement et la découverte de nouveaux champs pétroliers qui devraient permettre de satisfaire la demande jusqu’en 2035 au moins. Un pari dans lequel nous voudrions tous croire, mais un pari risqué et très optimiste !
▪ Ensuite, un second pari est pris sur le développement de pétroles non-conventionnels (sables bitumeux, schistes bitumeux, liquéfaction de gaz naturel) qui seraient en mesure de satisfaire la demande future.
Un pari là encore risqué, avec des coûts d’extraction et de raffinage supérieurs, sans compter sur les risques associés des structures de plus en plus complexes (inutile de mentionner une énième fois l’affaire BP…).


