Entrez dans le nouveau siècle des lumières !

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Vous êtes plutôt vis ou baïonnette ?

Bientôt, ces longs moments de solitude devant les rayons d’Ikea, en tentant vainement de se souvenir quels types d’ampoules allument votre salon ou votre chambre, prendront fin.

Le groupe suédois a décidé de bannir de ses étagères les lampes à incandescence. Ikea a fait le choix d’embrasser la révolution des LED, light-emitting diode ou diode électroluminescente.

La spécificité de ces lampes, c’est qu’elles tirent leur lumière d’une puce électronique. Ce changement permet de réduire la consommation énergétique de 70% !

C’est donc une véritable révolution que nos éclairages sont en train de vivre. Et la révolution va rapidement balayer tout sur son passage.

D’ici 2020, les LED auront remplacé 80% des lampes à incandescence.

Il est grand temps d’investir sur ce nouveau siècle des lumières.

Une révolution des lumières…
Le phénomène a pris tout le monde par surprise.

Alors que le cabinet de consultants McKinsey prévoyait en 2011 que 64% du marché de l’éclairage serait constitué de LED d’ici 2020, les estimations cette année ont été réévaluées à 80%.

Des pays sont déjà à la pointe. Pour atteindre son objectif de 20% d’économie d’énergie d’ici 2020, la Commission européenne a l’intention de généraliser les LED sur l’ensemble du continent. D’ailleurs, la vente d’ampoules transparentes à incandescence d’une puissance supérieure ou égale à 100 watts est déjà interdite depuis 2009.

Comment cette technologie va-t-elle mettre sur la touche en quelques années une des innovations qui a résisté à 130 années de progrès technique ?

… qui dure plus de 50 000 heures
La grande innovation est que la lumière n’est plus produite à partir d’un fil à incandescence, mais à partir d’une puce à semi-conducteur.

Grâce à ce semi-conducteur, ces lampes sont bien plus résistantes. Si une ampoule à incandescence dure en moyenne 1 000 heures, on atteint désormais les 50 000 heures avec la LED… 50 fois plus !

Plus résistante, cette technologie a longtemps souffert de piètres performances en luminosité. Les premières LED plafonnaient à 25 lumens, l’unité de luminosité, par watt il y a 10 ans.

Désormais on est passé à 150 lumens dans le commerce. Le groupe américain Cree a même atteint le record des 254 lumens en laboratoire !

A côté, les 10/20 lumens par watt des lampes à incandescence font définitivement pâle figure…

La ville des lumières brille moins chère
Les LED permettent surtout de réduire la consommation énergétique jusqu’à 70%, comparé au modèle à incandescence. Ces performances commencent à se répandre dans notre quotidien.

L’exemple le plus frappant a concerné le musée du Louvre. L’institution française a récemment signé un contrat avec Toshiba pour la rénovation de son éclairage à partir d’ampoules à LED. La consommation d’énergie du musée a ainsi chuté de 73% !

Et encore, nous ne sommes qu’au début de la révolution. Le prix des lampes à LED devraient rapidement chuter grâce à l’innovation constante du secteur.

Un rythme d’innovation effréné, comparable à l’électronique
A la différence des ampoules, les technologies des LED vont être amenées à évoluer beaucoup plus vite.

Construites à partir d’un semi-conducteur, les LED vont copier le rythme frénétique des innovations de ce marché. Ce rythme n’est pas aléatoire, mais correspond à un calcul scientifique théorisé par Gordon Moore, et appelé la loi de Moore dans le domaine de l’électronique.

Selon Gordon Moore, un des trois fondateurs d’Intel, le nombre de transistors des micro-processeurs sur une puce de silicium double tous les deux ans. C’est pourquoi les appareils électroniques type téléphone portable ou ordinateur sont rapidement devenus plus abordables et plus puissants.

Sur les LED, une loi analogue règne, la loi de Haitz. Cette loi prévoit que la puissance des LED doublera tous les 24 mois, et que les coûts seront divisés par 10 tous les 10 ans.

De quoi faire baisser dramatiquement le prix.

Lutte acharnée en perspective
Le problème, c’est que cette rapidité demande des efforts immenses en R&D. Peu de groupes résisteront à ce rythme. Par exemple, savez-vous combien d’acteurs tiennent le marché des micro-processeurs ? Seulement deux.

On peut s’attendre à un déroulement similaire sur le marché des LED.

Pour l’instant, chaque groupe essaye de se positionner. La Corée du Sud a fait une entrée remarquée, avec l’arrivée sur le marché de LG et Samsung au côté de Philips et Siemens. Le japonais Nichia domine encore le groupes, mais vient de perdre son record de luminosité au profit de Cree, signe peut-être annonciateur d’un déclin prochain.

Au milieu de cette course, la France peut encore tirer son épingle du jeu, car le pays peut encore faire bouger les lignes grâce à sa capacité d’innovation.

Lyon exporte les lumières françaises
La fête des Lumières, qui se déroule traditionnellement le 8 décembre, donne l’occasion chaque année aux professionnels de l’éclairage de sculpter les bâtiments lyonnais avec les dernières technologies.

Fêtée depuis 1852, cette tradition a créé une véritable filière de l’éclairage en Rhône-Alpes. Ainsi, une multitude de petites PME travaillent en collaboration avec le Commissariat à l’énergie atomique (CEA-Leti). Les grands groupes se sont rapidement rapprochés de ce vivier d’entreprises innovantes, à l’instar de Philips, qui s’est installé à Miribel, dans l’Ain.

Grâce à cette pépinière de PME high tech, la France a ainsi l’opportunité de profiter d’un marché estimé à 52 milliards en 2010, et qui pourrait, selon McKinsey, passer à 88 milliards d’ici 2020.

[NDLR : Matières à Profits suit de très près l'éclosion d'une société localisée en Rhône-Alpes, qui a bien l'intention de participer à la révolution LED. Déjà engagée sur le secteur du solaire, cette société développe en parallèle une technologie révolutionnaire sur les ampoules à LED, en partenariat avec un des plus grands groupes industriels japonais. Profitez des bonnes perspectives du titre sans plus tarder...]

Mon conseil
Du fait de la taille des investissements nécessaires, ce sont avant tous les grands groupes qui tiennent les rênes du marché. Une compagnie comme Cree, fortement bousculée par la concurrence asiatique récemment, pourrait revenir en force.

Pour profiter du développement des LED, vous pouvez faire le choix inverse des petites compagnies sous-traitantes, comme l’allemand Aixtron. Le pari est risqué mais pourrait s’avérer extrêmement profitable !

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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