Turbulences à prévoir
Ce week-end, la zone euro a adopté un plan de stabilisation historique de 750 milliards d’euros pour venir en aide, si besoin, aux pays en difficulté et ramener le calme sur les marchés.
Voici, pour ma part ce que j’écrivais à mes abonnés dans le briefing matinal d’hier :
"L’annonce a été bien travaillée, l’effet sur les marchés est immédiat mais il m’est très difficile de céder à l’euphorie ambiante.
Tout le monde se réjouit de la remontée de l’euro ce matin, alors même que sa baisse est une aubaine pour les exportations.
Cela me fait donc conclure qu’à l’instar des marchés, les dirigeants politiques oublient l’économie réelle pour se tourner vers une approche court-termiste.
De plus, les problèmes structuraux ne seront pas réglés par une enveloppe aussi grosse qu’elle soit.
La réaction de la zone euro est bien entendu à souligner d’un point de vue politique, mais sur le plan purement économique ce plan ne règle finalement pas grand-chose.
Les pays en difficultés vont pouvoir continuer à s’endetter à des prix plus raisonnables mais leur situation est toujours la même.
Pas de triomphalisme donc et sans doute encore beaucoup de turbulences tout au long de la semaine."
Et les turbulences ne se sont pas fait attendre avec un euro qui est retourné directement tester les 1,27 dès hier soir.
Incertitudes politiques
Comme en Grande-Bretagne où la constitution d’un nouveau gouvernement devient une séance de casting assez incroyable avec, dans la balance, la démission de l’actuel Premier ministre Gordon Brown.
Mais plus largement, dans tous les pays de la zone euro, c’est un plan de stabilisation sociale qui serait le bienvenu pour aider les gouvernements en difficulté avec une opinion publique mécontente et de nombreuses réformes impopulaires et d’austérité à faire passer.
D’ailleurs, la première victime a été la chancelière Merkel qui perd sa majorité.
Incertitudes économiques
Les observateurs voient mal comment les pays pourraient ramener leur déficit dans des zones plus confortables, tant que la croissance se fait attendre.
D’ailleurs, l’heure n’est plus aux anticipations de durcissement monétaire, ni aux Etats-Unis, ni en Europe où Citigroup envisage maintenant que la BCE pourrait attendre le troisième trimestre 2011 pour remonter ses taux !
Aurait-on mis la charrue avant les boeufs en ce début 2010 ?
En attendant…
La Chine chauffe toujours
Selon les derniers chiffres publiés cette nuit, la Chine a vu son taux d’inflation progresser de 2,8% en rythme annuel.
Ce chiffre ravive d’autant plus les craintes d’un durcissement monétaire, ce qui a fait décrocher à totale contre-tendance les places asiatiques la nuit dernière.
Ainsi, le Nikkei perdait 1,14% alors que l’indice chinois de Shanghai décrochait de près de 2%.
On notera tout de même que les ventes de détail chinoises progressent encore de plus de 18% alors que la production industrielle affiche une performance légèrement en dessous des attentes avec… 17,8% !
Le trade de la semaine
Aujourd’hui, je vous invite à nous pencher sur le cas de la livre sterling qui est toujours sous pression.
Pourtant la production industrielle, qui vient d’être publiée, affiche une belle hausse à 2% ; tout comme la production manufacturière qui grimpe de 2,3%.
Mais les incertitudes politiques et le déficit du pays pèsent nettement sur la devise.
AKPC_IDS += "298,";


