Les semaines passent et se ressemblent
La tendance baissière du dollar est toujours d’actualité mais cela va faire près d’un mois que nous n’avons pas assisté à un nouveau plus haut de l’EUR/USD.
Les marchés n’arrivent manifestement pas à passer le cap.
Les bulls (les acheteurs) sont tiraillés par la peur d’être trop gourmands mais dopés par des chiffres et des commentaires rassurants, pendant que mes amis les bears (les vendeurs) semblent attendre leur heure en testant par petites touches, de temps à autre, la réaction des adversaires.
La méthode de la douche froide
De temps à autre, une douche froide peut calmer les ardeurs et les débordements émotionnels…
La douche froide de l’investisseur, elle, est donnée par des officiels et autres économistes éminents qui se rendent compte qu’ils ont peut-être été un peu loin dans leur précédente rhétorique.
Dès ce matin, le commissaire européen Alumnia avertissait que le déficit de la Zone euro pourrait atteindre 120% du PIB et que malgré des signes encourageants, l’emploi restait une immense inquiétude. Il a réaffirmé aussi que les stratégies de sortie devaient attendre encore 2011 avant d’être mises en place.
De son côté, le membre du comité monétaire et accessoirement président de la puissante BundesBank, Axel Weber, prévenait que de "manquer le bon moment pour la sortie des plans de relance pourrait amener de nouvelles turbulences", taclant presque aussitôt M. Alumnia…
Et enfin, sans doute la phrase la plus censé du jour dont M. le Marché ferait bien de se souvenir de temps en temps :
"Nous devons rester vigilant. La stabilisation de l’économie et des marchés ne signifie pas que la reprise durable est là"…
Une semaine sous le signe de l’inflation
Et quand on évoque les "exit stratégies", c’est aussi de l’inflation qu’il faut parler. Au-delà du débat sur le risque combiné d’inflation mais aussi de déflation avec une réelle pression sur les prix un peu partout dans le monde développé, c’est surtout du côté du calendrier qu’il va falloir être vigilant.
En Zone euro, le chiffre est ressorti ce matin à -0,1% et +1,2% hors énergies, conformément aux attentes. La Grande-Bretagne publiera l’indice des prix demain matin ; suivront les Etats-Unis et le Canada plus tard dans la semaine.
Les Etats-Unis semblent vouloir montrer à leurs partenaires commerciaux et autres créanciers qu’ils ne vont pas laisser la situation s’aggraver sur le plan budgétaire et monétaire. Ainsi, il se pourrait, et d’autant plus si l’inflation montre le bout de son nez, que l’on commence à évoquer un début d’inflexion dans la politique monétaire de la Fed. Ce qui ferait immédiatement remonter le dollar.
Les effets secondaires d’un dollar faible !
Côté discours officiel, les Américains ont répondu présents tout le week-end auprès de leurs amis asiatiques. Et ils y ont mis du coeur à l’ouvrage, afin de rassurer leurs créanciers.
Le plus actif aura été le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner.
Je ne sais pas encore s’il a réussi sa manoeuvre, mais l’entendre dire qu’il veut un dollar fort peut faire sourire.
Personne n’est dupe
La réalité est toute autre. En effet, la faiblesse du dollar a le bel avantage de favoriser les exportations américaines et ainsi contribuer mécaniquement au retour de la croissance.
A tel point que la balance commerciale de la semaine dernière a mis en évidence un gros déséquilibre causé par la baisse de la consommation de biens importés, désormais plus chers pour les citoyens américains.
De plus, les pays asiatiques ne voient pas d’un très bon oeil leur monnaie s’apprécier face au dollar étant donné l’importance de la compétitivité et du commerce extérieur pour ses pays au dynamisme économique intérieur toujours très faible.
Il se pourrait donc finalement que ce ne soit pas les Etats-Unis qui aient besoin d’un dollar fort mais tous leurs partenaires. Le rapport de force change, et l’avenir du dollar se décide de plus en plus du côté de l’Orient !
EUR/USD: double sommet ou breakout ?
La situation graphique devient un peu plus intéressante sur la paire phare du marché avec la formation d’un double top qui reste cependant à confirmer.

Graphique quotidien EUR/USD
La paire a buté deux fois sur les niveaux de résistance autour de 1,5060. En vert, vous voyez la première résistance hebdomadaire qui va jouer un rôle important.
Si la paire n’arrivait pas à confirmer rapidement, c’est tout d’abord une nouvelle phase de consolidation vers les 1,48. Un passage sous les 1,4690 viendrait confirmer notre figure et ouvrirait la voie à une baisse bien plus prononcée vers 1,4550 puis 1,44.
A l’inverse, si la paire franchit de nouveau la résistance à 1,5027 puis le sommet à 1,5058, la hausse pourrait se poursuivre à mon objectif de 1,5300 que j’évoquais dans un de mes précédents articles.
Bons trades et rendez-vous vendredi et samedi au salon Actionaria sur le stand des Publications Agora entre 14H et 16H. [NDLR : Pour en savoir plus sur ces deux journées exceptionnelles et rencontrer Jérôme Revillier -- ainsi que les rédacteurs et les analystes des Publications Agora -- ... restez à l'écoute !]


