Petites phrases…
Mario Draghi a encore marqué les esprits, et continue de se démarquer de son prédécesseur.
L’Italien a ainsi affirmé que “… nous devons faire marche arrière… ce que j’ai le plus à l’esprit est (la nécessité) d’avoir un pacte de croissance“.
Il n’en fallait pas plus pour faire sensation.
Ce terme de “pacte de croissance” a raisonné particulièrement en France alors que c’est un des thèmes défendus par un de nos valeureux finalistes à l’élection présidentielle. (Scrutin qui bascule dans une médiocrité politique rare ces derniers jours)
… et grandes tensions en zone euro
Berlin, feignant de ne pas avoir compris l’allusion à d’éventuelles mesures de relance, réaffirme ce matin, par la voix de son porte-parole, que la réduction du déficit et la rigueur budgétaire sont les seules voies possibles pour retrouver la croissance.
Et d’ajouter “Le pacte fiscal n’est pas négociable” en direction de François Hollande… qui répète encore aujourd’hui vouloir amender cet accord s’il est élu.
Ainsi, petit à petit, Mario Draghi essaie de pousser l’Europe vers plus d’assouplissement pour soutenir la croissance. A terme ce changement de ton pourrait avoir un énorme impact sur la devise européenne.
Et pendant ce temps, Ben fait volte-face !
Le maître de la relance et de la lutte contre tout équilibre budgétaire, c’est bien notre ami Ben Bernanke.
Lui qui, il y a quelques semaines, écartait la possibilité d’un nouveau quantitative easing a dû se faire sérieusement rappeler à l’ordre pour changer de ton aussi brutalement.
Cette semaine, le gouverneur de la Fed a remis au goût du jour la possibilité d’un nouveau plan de mesures, venant aussitôt peser sur le billet vert et rassurer les marchés actions littéralement accros à la liquidité.
La zone euro fragilise sa monnaie
Comme je l’ai écrit plus haut, la BCE pourrait entrer dans la ronde de l’assouplissement alors que la Fed semble très divisée sur le sujet. Le statut quo semble être le scénario le plus probable. Le changement de ton de la BCE aura forcément un impact plus fort sur les investisseurs et viendra sans doute mettre à mal la fragile cohésion de la zone.
C’est, sur le plan macro-économique, la première raison qui me fait penser à une baisse de l’euro.
Mais d’un point de vue technique, d’autres arguments étayent mes prévisions.
Une volatilité historiquement basse
Et si je ne devais en retenir qu’un, ce serait sans doute la baisse de volatilité.
Prenons l’exemple de la paire majeure EURUSD.
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L’ATR (ligne bleue) représente les variations de prix moyens.
Nous constatons une baisse forte de la volatilité qui atteint cette semaine ses plus-bas depuis décembre dernier. Ce facteur me pousse là aussi à penser que le retour de la volatilité pourrait se faire au détriment de la devise européenne.
Une configuration explosive
Alors que l’euro semble vouloir rebondir et s’attaquer à ses résistances-clés, je n’ai jamais trouvé la devise européenne aussi vulnérable.
Depuis fin février, l’EURUSD s’est enfermé dans une configuration de consolidation.
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En regardant la construction graphique de cette figure, nous constatons que la dernière vague de hausse est beaucoup plus lente, traduisant un manque réel de soutien et de conviction.
Ma stratégie
Désormais, et même si un potentiel haussier à court-terme demeure, nous privilégierons le biais baissier tant que nous restons sous 1,3370.
Ce biais baissier sera d’autant plus prononcé si l’incertitude sur l’avenir de la zone euro revient rapidement sur le devant de la scène.
A suivre donc… et bon week-end !





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