La France et l’Espagne ont réussi leurs émissions obligataires ce jeudi avec des taux en nette détente malgré les récentes dégradations.
Si cela peut paraître contradictoire, nous pouvons trouver quand même quelques pistes pour expliquer le phénomène et comprendre la manipulation.
Toutefois, même avec des taux en baisse, les vrais problèmes, eux restent entiers…
La BCE en sous main…
Fin 2011, la BCE décide d’ouvrir un guichet unique de prêt à 3 ans à 1% d’intérêt aux banques, qui se sont littéralement jetées dessus avec plus de 500 milliards d’euros de liquidité empruntés en décembre.
Malgré cette manne, les banquiers ont préféré déposer ces sommes en sécurité à la BCE à 0,25%, plutôt que d’alimenter le circuit interbancaire.
Pendant ce temps, la plupart des Etats européens ont vu leur taux d’emprunt s’envoler avec la menace grandissante d’une dégradation et une incertitude insoutenable.
L’inconnu, l’ennemi des marchés
Ainsi les dégradations, enfin officialisées la semaine dernière par Standard & Poor’s, et parfois moins sévères que l’on pouvait s’y attendre, ont eu le mérite d’éclaircir la situation.
Dans le même temps, les deux autres principales agences de notation ont confirmé les triples A de la zone euro. Vous le savez, l’inconnu est l’ennemi du marché. En levant le flou, la nouvelle de la dégradation a finalement écarté un voile d’incertitude et a permis au marché de mieux affiner ses anticipations.
C’est une partie de l’explication de la détente des taux obligataires français et espagnols, mais pas seulement…
Le pari risqué de Draghi
Monétiser la dette sans en avoir l’air pour ne pas froisser l’Allemagne et consorts.
Pari risqué, mais pari presque tenu !
Les banques, fortes des liquidités abondantes distribuées par la BCE, se sont finalement décidées à aller sur le marché obligataire, un peu plus lisible. Elles participent ainsi à la réussite des opérations de financement des Etats.
La dette financée par des liquidités sorties tout droit du chapeau d’un banquier central, ça ne vous rappelle rien ?
Et bien voilà, un début de quantitative easing bien maquillé pour que madame Merkel puisse facilement le faire passer à ses concitoyens, peu enclins à financer les dérives des autres pays.
Mais l’Europe reste au bord du gouffre
Si l’on peut saluer la réussite des emprunts et la belle manipulation qu’est en train de réussir le patron de la BCE, l’Europe est pourtant dans une situation critique. Et rembourser la dette par la dette n’y changera rien.
Désormais, le sort de la Grèce devient anecdotique, quelle que soit la part de la dette effacée. Un défaut partiel reste un défaut.
Mais la Grèce, comme je l’écris depuis longtemps n’est qu’un problème minuscule comparée aux défis qui s’annoncent dans les prochaines semaines.
Par exemple, le Portugal semble se diriger définitivement vers la faillite, alors que ses taux ont grimpé à 14,39% pour ses bonds à 10 ans.
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L’Italie, LA menace européenne
Mais la véritable incertitude est l’Italie avec plus de 400 milliards à refinancer en 2012 dans des conditions de marché volatil.
Le pays, confronté à des efforts sans précédent, voit la grogne sociale monter. Mario Monti a annoncé ce vendredi des mesures drastiques et une libéralisation au grand galop d’une économie à bout de souffle.
Et le duo Monti – Draghi ne sera sans doute pas de trop pour enrayer la spirale de la contagion.
Ce matin, on apprenait que les trois principales emprunteuses au guichet de la BCE ne sont autres que trois banques italiennes : UniCredit, Intesa Sanpaolo et Monte dei Paschi di Siena, pour un total de près de 35 milliards d’euros de liquidité. Cette information illustre l’extrême fragilité du secteur.
Car si la zone euro peut faire face peu ou prou à des défauts comme la Grèce ou le Portugal, elle ne survivra pas à la chute italienne.
L’euro, du sursaut au sursis
Dans ces conditions, le rebond de la monnaie unique, (que j’anticipais dès mercredi) semble toutefois avoir peu de chance d’aller très haut.
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Après un premier test vers 1,2980 et une possible extension jusqu’à 1,3240, la baisse pourrait vite reprendre ses droits à l’approche des échéances italiennes.
Après le rally de janvier, une nouvelle zone de turbulences devrait agiter les marchés !





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