Avant que la vague des Jeux olympiques emporte tout sur son passage, les unes des journaux étaient trustées par le secteur automobile, entre les annonces de fermetures d’usines par PSA et celle par Arnaud Montebourg d’une prime certifiée écolo accordée à l’achat d’un véhicule électrique ou hybride. 7 000 euros de bonus pour une voiture électrique et 4 000 euros pour une hybride.
L’occasion de nous intéresser au secteur automobile… ou pas.
La révolution de l’électrique fait pschitt…
Commençons par la voiture électrique ou hybride. La mesure annoncée par le gouvernement est censée encourager les mécréants du pétrole que nous sommes à se tourner vers des véhicules plus propres. Il faut dire que si les véhicules hybrides existent depuis 1997 (année de lancement de la Prius par Toyota), et qu’ils ont progressivement gagné des parts de marchés, on ne peut pas dire qu’ils soient devenus la norme. Quant aux véhicules électriques, à part les Autolib’ qui sillonnent depuis quelque temps les rues parisiennes et quelques utilitaires, ils se font bien rares.
C’est ce que soulignait Florent Detroy dans l’Edito Matières Premières & Devises : “2012 devait être le vrai coup d’envoi de la voiture électrique. Renault a sorti son modèle électrique en 2011, la Fluence Z.E., alors que Peugeot et Citroën avaient déjà lancé leurs modèles iOn et C-Zéro depuis 2010. A l’étranger, les pionniers comme GM ont misé sur leur modèle hybride, comme la Volt, pour se relancer. Cette année était l’occasion de voir la compétition s’engager entre les grands constructeurs”.
“Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Depuis janvier, seulement 1 594 voitures particulières ont été vendues en France ! Et encore, près des deux tiers de ces voitures ont concerné Autolib’”.
Pourquoi ?
Plusieurs pistes peuvent être suivies :
- Un effort d’adaptation trop grand
En effet, à l’achat, ces véhicules “verts” sont plus chers que des véhicules classiques. Le bonus promis par le gouvernement est donc censé encourager de potentiels acheteurs qui avaient jusque-là été retenus par le prix de la voiture – propre – de leurs rêves.
Uniquement une question d’argent donc ? Et si le peu d’engouement des automobilistes pour les véhicules électriques ne tenait tout simplement au fait qu’ils exigent un trop grand changement de notre mode de consommation. Passer à des ampoules basse consommation, remplacer votre vieux réfrigérateur par un plus performant et moins gourmand en électricité, acheter des sacs poubelles en plastique recyclé, tous ces gestes estampillés verts ou responsables n’exigent souvent de vous qu’un peu plus d’euros à sortir de votre poche, pas un bouleversement de vos habitudes de vie.
Par contre, opter pour des toilettes sèches ou acheter un véhicule électrique nécessitera un peu plus d’adaptation de votre part. S’adapter à l’autonomie de la batterie, aux rechargements réguliers, etc. Contrairement aussi aux véhicules hybrides (dont la batterie électrique se recharge grâce au fonctionnement du moteur).
Pour résumer, le remplacement des voitures diesel ou essence par des voitures électriques n’est pas pour tout de suite… aide gouvernementale à l’achat ou pas.
Là où le gouvernement passe, la croissance ne repousse plus
- Des subventions aléatoires
Autre raison qui nous fait douter de l’utilité de ce bonus : les primes à la casse instaurées par la plupart des gouvernements en 2009 ont été des échecs retentissants. Le marché des véhicules neufs a été complètement asséché et celui d’occasion torpillé (les voitures ayant été envoyées à la casse au lieu d’être revendues).
D’une manière générale, nous évitons toujours d’investir dans les secteurs soutenus par les aides gouvernementales, car celles-ci sont… volatiles et aléatoires, et ce d’autant plus en période de rigueur budgétaire. C’est ce qui s’est passé en Allemagne avec le secteur du solaire. Pendant des années, le gouvernement a soutenu financièrement l’installation de panneaux solaires. Aides qui ont progressivement été réduites ces derniers mois alors que l’Allemagne doit, comme tous les autres pays européens, exercer une stricte surveillance sur son budget. Si bien que les fabricants de photovoltaïques allemands sont en train de traverser une crise sans précédent.
- L’obligation de recourir au crédit
Autre limite à l’intervention du gouvernement en faveur des véhicules “propres”, l’achat d’un véhicule dépend en grande partie du crédit. C’est ce que rappelait Simone Wapler aux abonnés de sa Stratégie : “Récapitulons : l’automobile est un secteur qui vit de l’économie du crédit. Entre 60% et 80% des acheteurs y ont recours. En France, c’est 75% d’après les études de Sofinco. Pas de crédits, pas d’acheteurs. Il ne vous a pas échappé que nous vivions une crise financière de surendettement public ou privé (voire les deux) selon les pays. Même avant cette crise, le marché automobile occidental était saturé”.
Comment en profiter ?
Vous l’aurez compris, pas en vous précipitant sur les fabricants automobiles. Ni en misant sur les voitures électriques (un pari très long terme).
Mais en vous intéressant aux batteries. Car les batteries n’équipent pas que les voitures électriques… elles font un vrai carton dans les pays émergents en équipant scooters et vélos. C’est ce qu’observait Florent de Pékin.
Les batteries sont présentes tout autour de nous. Il y a évidemment, les batteries qui équipent tous nos appareils transportables (téléphones, appareils photo, ordinateurs, etc.).
Mais il y a aussi de beaucoup plus grosses batteries, qui sont indispensables pour de nombreuses infrastructures. En effet, toutes les infrastructures de communication (par exemple les antennes-relais) sont équipées de batteries de secours assurant un fonctionnement sans interruption des communications même en cas de panne de courant. Evidemment, la dimension de ces batteries n’a rien à voir avec celles qui équipent votre smartphone. Ces batteries de secours équipent aussi les hôpitaux, plateformes de forage, etc. Là où l’énergie est indispensable en continue, une batterie est nécessaire. Et alors que les pays émergents développent leurs infrastructures et aussi leur couverture en téléphonie mobile, la batterie a de beaux jours devant elle.
Autre vecteur de croissance pour les batteries : le stockage des énergies alternatives, issues du solaire ou de l’éolien.
Investir sur des fabricants de batteries est donc un particulièrement intéressant pari d’avenir. Dans le dernier Matières à Profits, Florent Detroy vous recommande un leader dans la fabrication de batteries qui a réussi son pari de diversification et son implantation dans les pays émergents. Avec une croissance de presque 9% de son chiffre d’affaires en 2011 et sa situation financière saine, cette valeur est à mettre en portefeuille dès maintenant. A retrouver dans le dernierMatières à Profits onsacré au potentiel des batteries…
Première parution dans la Quotidienne d’Agora le 31/07/2012.



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