Gaz : 30 000 milliards de m3 en sommeil. La Chine se réveille !

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La révolution des gaz non conventionnels se répand comme une traînée de poudre. Elle a germé aux Etats-Unis, et est en passe de bousculer l’ordre énergétique mondial.

Les principaux groupes énergétiques ont déjà investi dans ce secteur. A leur tour, les groupes chinois viennent d’apparaître sur le marché du gaz non conventionnel.

Pékin en est encore à explorer ses ressources. Pourtant, la société chinoise ne pourra pas rester longtemps à la marge de cette révolution. Consommation énergétique exponentielle et immenses ressources gazières vont rapidement amener le gouvernement à se lancer dans la bataille.

De quoi redonner le sourire à tout un secteur atone…

Le gaz toujours attractif
Les cours du gaz connaissent une déprime persistante depuis deux ans. La bulle gazière de 2008 n’est plus qu’un lointain souvenir, et l’arrivée du gaz non conventionnel n’a rien arrangé. Au contraire.

Pourtant, le gaz reste plus que jamais un secteur porteur. Depuis deux ans, la production gazière aux Etats-Unis n’a pas faibli. Le modèle économique de l’industrie gazière s’est transformé pour s’adapter à des prix nettement moins élevés qu’en 2008.

Il suffit de regarder avec quel empressement les majors se sont jetées sur le gaz non conventionnel. ExxonMobil, Royal Dutch Shell, BP et Total produisent tous désormais du gaz au Etats-Unis.

La révolution se propage
En Europe, les plus grands groupes énergétiques se sont lancés dans l’exploration du continent.

Au Moyen-Orient, les grands pays pétroliers se découvrent une nouvelle casquette, celle de producteur de gaz.

L’Algérie et l’Arabie Saoudite, contrariés un temps par cette révolution qu’ils n’avaient pas vu venir, commencent tous les deux à réfléchir au moyen d’exporter leurs ressources non conventionnelles.

Bientôt, la Chine pourra à son tour profiter de ces nouvelles ressources.

Une demande chinoise de gaz en hausse de 21% cette année…
Le pays utilisait peu de gaz dans son mix énergétique jusqu’à récemment. Ses faibles ressources permettaient d’équilibrer sa consommation, autour de 81 milliards de m3.

Mais les trois géants énergétiques chinois, PetroChina, CNOOC et Sinopec, se sont récemment réveillés. Avec une croissance de 21% de la demande chinoise de gaz sur les huit premiers mois 2010 comparée à 2009, le pays va avoir rapidement besoin de nouvelles ressources.

Du coup, la dépendance énergétique menace
Le pays commence à acquérir à l’étranger de nouvelles réserves de gaz. La Chine a ainsi calqué sa stratégie gazière sur celle du pétrole en multipliant les contrats sur tous les continents.

Désormais, le Qatar, l’Algérie et l’Australie fournissent du gaz à la Chine sous forme de GNL.

Mais c’est surtout l’exploitation de ses propres réserves de gaz non conventionnel qui va changer la donne.

30 000 milliards de m3 en sommeil !
Selon China National Petroleum Corp, le pays renferme 2 460 milliards de m3 de gaz. Grâce au gaz non conventionnel, ces réserves pourraient monter à 30 000 milliards de m3.

La Chine espère à terme produire 50% de sa consommation de gaz à partir du gaz non conventionnel.

Les deux atouts du gaz non conventionnel
Le développement du gaz non conventionnel en Chine permettrait d’apporter une solution à deux problèmes :

  1. La dépendance énergétique grandissante du pays vis-à-vis de l’étranger
  2. La prépondérance du charbon dans le mix énergétique chinois (71%)

Pékin n’hésitera donc pas à appuyer sur l’accélérateur.

C’est une opportunité pour les acteurs gaziers occidentaux
Car les technologies de fracturation hydraulique et de forage horizontal nécessaires à l’exploitation du gaz non conventionnel ont été développées aux Etats Unis.

C’est là que l’affaire devient intéressante : n’ayant pas la technologie, les chinois devront travailler en partenariat avec les acteurs américains pour pouvoir exploiter leurs ressources.

Sinopec fut la première à conclure un partenariat avec Chevron et BP dans le domaine des shale gas. Fin septembre, c’est la compagnie Hess, en collaboration avec PetroChina, qui investissait dans l’amont pétrolier et gazier chinois.

Et tout récemment, ce fut au tour de CNOOC de conclure un accord avec Chesapeake, le nué rio deux américain des gaz non conventionnels. Désormais, le géant chinois peut acquérir les technologies nécessaires pour exploiter ses propres ressources.

Des investissements réalisés avec la bénédiction des Américains
Cerise sur le gâteau, ces collaborations ont reçu la bénédiction du département d’Etat américain. Le coordinateur pour les questions énergétiques internationales du ministère a même proposé aux dignitaires chinois “une aide pour évaluer et développer leurs propres ressources“. On est ici très loin de la guerre des monnaies…

En plus de l’aubaine pour les groupes américains, ces partenariats permettront aux Etats-Unis d’atténuer la dépendance de la Chine envers des pays parfois hostiles, comme la Russie, l’Iran ou encore le Turkménistan.

Jouez les compagnies énergétiques chinoises
Au regard de la taille du marché énergétique chinois, les compagnies énergétiques vont voir s’ouvrir devant elles des opportunités de croissance gigantesques.

Pour profiter de ce boom, je vous conseille de surveiller deux types d’acteurs : les groupes énergétiques chinois et les groupes énergétiques qui possèdent la technologie pour exploiter les shale gas.
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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.