Gaz : les Etats-Unis nagent dans les excédents, l’Asie est en manque

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Coincé entre le pétrole et le charbon, on avait presque fini par oublier que le gaz représente 24% de la consommation énergétique mondiale.

L’AIE nous l’a rappelé il y a quelques jours dans son “World Energy Outlook 2010“. Mieux, l’agence nous a avertis que le gaz sera la seule énergie fossile à voir sa consommation augmenter en 2035, comparé à 2008.

La demande devrait croître de 44% en 15 ans !
Il n’en fallait pas plus pour faire réagir les cours.

Le cours du Henry Hub, le marché spot américain, est repassé au-dessus du seuil des 4 $ le million de BTU.

Pourtant, rien n’assure une reprise durable des cours. Le marché est encore en pleine mutation, sous l’impact de la crise économique, de l’arrivé des shale gas, et du développement du GNL.

Sur ce marché complexe, j’ai repéré pour vous une tendance qui pourrait s’avérer extrêmement lucrative.

Suivez le guide !

Un crash de 80% en 14 mois
Tout commence avec la crise économique 2008. Face au ralentissement brutal de la demande, le marché du gaz se retrouve avec des millions de M3 de gaz “sur les bras”. A cela s’est ajoutée la révolution des shale gas, qui a amplifié la surproduction.

En juillet 2008, les cours du gaz à un mois cotaient à 13,68 $ le million de BTU. En septembre 2009, le cours avait perdu 80% de sa valeur, s’écroulant à 2,51 $.

Des prévisions optimistes de l’AIE
A moyen terme, l’agence anticipe une hausse de la consommation. Trois raisons expliquent cette évolution.

  • Le gaz est plus compétitif. L’excédent d’offre aux Etats-Unis et en Europe rend le gaz plus compétitif face au nucléaire et aux énergies renouvelables.
  • Le développement du GNL. Les marchés asiatiques, européens et américains étaient jusque-là étanches. Le GNL va permettre d’homogénéiser le marché. D’ici 2035, les échanges de gaz entre régions augmenteront de 80% selon l’AIE.
  • Le gaz a réussi à se faire passer pour une énergie verte. La moins polluante des énergies fossiles va devenir un bon substitut au charbon et au pétrole.

Ce mouvement a déjà attiré les mastodontes de l’énergie.

Désormais, les pétroliers comptent sur le gaz
Ces groupes font le constat suivant :

  • Le pétrole est de plus en plus difficile à trouver.
  • Il est de plus en plus cher à extraire
  • 90% des réserves sont entre les mains des compagnies nationales

A l’inverse, le gaz représente de nouvelles opportunités : les réserves mondiales de gaz sont abondantes. Le coût du M3 de gaz est compétitif. Enfin, la consommation de gaz croît plus rapidement que celle du pétrole.

Les Etats font une place de plus en plus grande au gaz
Les Etats commencent à modifier leur politique énergétique en conséquence.

Tous anticipent un retour du gaz. La révolution des gaz non-conventionnels fait même naître des vocations gazières insoupçonnées, comme en Pologne, en Australie ou en Argentine.

Même la Chine veut progressivement basculer du charbon au gaz.

Selon l’AIE, environ 35% de l’augmentation totale de la production de gaz en 2035 proviendra de ces nouvelles ressources.

[NDLR : Le non-conventionnel touche également le pétrole... et il n'y a pas à chercher bien loin pour en trouver : l'équivalent 60 milliards de barils dormiraient actuellement dans le bassin parisien ! Bonne nouvelle : nous avons mis en place une stratégie pour vous en faire profiter...]

Le Moyen-Orient développe son potentiel
Le Moyen-Orient, avec les premières réserves gazières du monde, était déjà bien positionné pour profiter du décollage du gaz.

Sa production devrait doubler d’ici 2035, pour atteindre 800 millions de M3. En plus d’énormes réserves, la région bénéficie d’un coût marginal de production parmi les plus bas au monde.

Mais l’offre sera absorbée de plus en plus par la demande locale. La demande au Moyen-Orient s’accroît presque autant que celle prévue en Chine.

Il faut donc se tourner vers l’Asie pour repérer les opportunités les plus intéressantes.

Le gaz atteint 10 $ en Asie
Les pays asiatiques misent de plus en plus sur le développement du gaz. Le Vietnam a ainsi récemment dévoilé de grandes ambitions gazières. Sa consommation devrait tripler en 15 ans.

Petronas, le pétrolier malaisien, a récemment déclaré s’intéresser au développement du shale gas en Asie.

Mais faute de ressources clairement identifiées, l’Asie est pour l’instant dépendante de ses importations. Conséquence directe, les prix dépassent fréquemment les 10 $ par million de BTU sur le marché spot asiatique du GNL.

La Chine connaît déjà des pénuries de gaz
C’est la Chine qui est la locomotive de la demande gazière en Asie. Sa demande locale est parmi les plus fortes au monde, autour de 6% par an. D’ici 2035, l’AIE considère que la demande chinoise représentera plus de 20% de la demande mondiale.

La Chine est donc devenue un marché extrêmement lucratif aussi pour le gaz. Un problème : l’offre peine à suivre en Asie.

Les professionnels du secteur estiment que la Chine manque cruellement d’infrastructures pour répondre à l’augmentation de la demande locale. En conséquence, PetroChina s’attend à voir des pénuries de gaz dans la région de Pékin cet hiver.

Comment profiter de ce tableau encore très confus ?
Isabelle nous a bien montré les risques liés aux ETF. Le contango peut laminer vos gains.

Alors où saisir l’opportunité ?

Je conseillerais de jouer l’écart de prix entre les Etats-Unis et l’Asie. Les Etats-Unis sont en train de réfléchir à une manière de tirer parti de leur surplus de gaz. La mise en place d’infrastructures d’exportations permettrait de jouer le différentiel entre les deux continents.

En août dernier, les compagnies américaines de GNL ont commencé à vendre le million de BTU à13,19 $, soit plus du double des prix spots américains.

Si les volumes vendus restent encore faibles par manque d’infrastructures, je vous conseille de garder un oeil sur le secteur du gaz aux Etats-Unis. Plusieurs groupes ont déjà demandé des autorisations pour construire des terminaux méthaniers d’exportation. Un sujet à creuser, et des valeurs à passer au crible…

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.