Hausse du yuan : la monnaie de Pékin est en train d’émerger. Objectif convertibilité

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Vous le savez. A l’Edito, notre “trade de la décennie” est le yuan. Voici donc quelques nouvelles de notre trade long terme.

Comme nous l’anticipions : il est sur la bonne voie.

Les Etats-Unis sont désormais seuls au monde !
Alors qu’ils viennent déjà de perdre leur principal bouc émissaire sur la scène internationale, Oussama ben Laden, voilà qu’ils perdent en plus leur meilleur bouc émissaire économique : la Chine.

Les Etats-Unis dénoncent depuis des années la sous-évaluation du yuan. Or justement, la monnaie chinoise s’affiche en hausse et vient de flirter avec les 6,5 $. Du jamais vu depuis 1993 !

C’est un coup dur pour la rhétorique états-unienne
“Dumping monétaire”, “subventions aux exportations”, encouragement à la sur-consommation… On a mis bien des choses sur le dos du yuan.

Avec l’appréciation du yuan, Tim Geithner va se retrouver bien seul pour expliquer la faible croissance et la persistance du chômage aux Etats-Unis.

Surtout, le dollar risque de s’enfoncer un peu plus dans les limbes des réserves mondiales de changes si Pékin internationalise sa monnaie.
Or au vu de la politique monétaire chinoise, c’est bien ce scénario que semble privilégier Pékin : priorité à la diversification.

La lutte contre l’inflation a été le déclencheur
Pékin laisse monter le yuan avant tout pour combattre l’inflation.
En mars dernier, l’indice des prix à la consommation en Chine a atteint un plus haut depuis 32 mois. Pour le seul mois de mars, l’indice a augmenté de +5,4%. Le chiffre d’avril sorti hier affiche un rythme toujours aussi soutenu, à 5,2% en rythme annuel.

Le gouvernement a déclaré la guerre à la hausse des prix pour contenir le risque social latent. Et comme à son habitude, le gouvernement n’a pas fait dans la dentelle : Contrôle accru sur les banques, relèvement immédiat des niveaux des réserves bancaires, frein aux crédits selon les secteurs d’activité (acier, bâtiment, immobilier notamment….)

Mais cela n’a pas suffit… les prix ont continué à monter.
Pourquoi ?
Parce que l’inflation est importée. A coups de planche à billets Bernanke a inondé les marchés financiers, et cet argent se retrouve entre autres dans les matières premières qui affichent des sommets (et ce malgré la récente correction).

Voilà pourquoi pour la première fois en sept ans, la Chine a connu un déficit commercial. Au premier trimestre, les importations ont excédé de 1,02 milliard de dollars les exportations.

Verdict :
En relevant le yuan, le gouvernement souhaite payer moins cher ses importations. Cette raison est convaincante, mais ce n’est pas la seule.

Mais au-delà, la décision de Pékin témoigne d’un mouvement plus général que partage l’ensemble des pays émergents : la défiance vis-à-vis du dollar ; et la volonté d’écarter le dollar. Voyez plutôt :

L’Asie prépare-t-elle un “putsch monétaire” ?
▪ La semaine dernière, 13 nations asiatiques se sont réunies à Hanoï. Sujet de la conversation : par quoi peut-on remplacer le dollar ?

Bien sûr, le dollar est encore ultra-dominant sur le marché des changes. Ces nations n’en ont pas moins évoqué l’idée de créer une monnaie régionale asiatique.

▪ Cette méfiance vis-à-vis du dollar s’est aussi manifestée d’autres manières. Des pays comme la Chine ou le Mexique commencent à convertir une partie de leurs réserves de dollars en or.

La décision de Pékin de laisser s’apprécier le dollar pourrait donc être la première pierre posée à l’internationalisation de leur monnaie. De nombreux signes étaient d’ailleurs perceptibles.

La politique d’internationalisation du yuan est sur les rails
La décision de laisser le yuan s’apprécier date de l’été 2010.
En juillet dernier, la Chine a officiellement abandonné son arrimage au dollar. Cette décision mettait fin à deux ans de stabilité.

Depuis, la monnaie chinoise n’a cessé de s’apprécier. Lentement, mais sûrement. Le taux de change du yuan a pris 5% par rapport au dollar sur les 11 derniers mois.

La métamorphose du yuan
L’objectif recherché par le gouvernement chinois est clair : Pékin ne veut plus être dépendant de ses réserves en dollar. Avec le risque de perte de change que cela induit.
Pour se faire, le yuan doit être capable de sortir de ses frontières. De nombreux signes sont déjà perceptibles.

Les échanges commerciaux sont de plus en plus libellés en yuan. 6% des échanges commerciaux de la Chine avec l’étranger ont été fait en monnaie chinoise en 2010. C’est une augmentation de 0,5% par rapport à 2009. La hausse est modeste mais montre bien le chemin.

Et dans cette métamorphose, Hong Kong a été désigné comme un territoire d’expérimentation monétaire.

Hong Kong, laboratoire de la libéralisation du yuan
L’ancienne colonie britannique a été le premier territoire à être autorisé à ouvrir des dépôts bancaires en yuan.

L’engouement a été immédiat. Aujourd’hui, la somme des dépôts se monte à 48 milliards d’euros, soit trois fois plus qu’il y a six mois !

Cet engouement s’explique en partie par la possibilité d’investir en yuan à partir de Hong Kong. Ces investissements se sont dirigés en particulier sur les “dim sum bonds”, les obligations en yuan.
Depuis 2010, ces “dim sum bonds” ont atteint 8,5 milliards d’euros. La possibilité de se procurer des yuans a attiré plusieurs multinationales, comme Caterpillar ou Mc Donald’s qui émettent des obligations en yuan.

Mais Hong Kong n’est qu’une première étape sur la voie de l’internationalisation.

Singapour sera le prochain hub financier pour le yuan en Asie
Les experts financiers de la cité-Etat sont déjà en train de travailler sur les infrastructures qui permettront de développer le commerce du yuan dans les villes d’Asie du Sud.
De son côté, la Chine vient de désigner une banque chinoise pour être l’interlocuteur des banques singapouriennes dans la mise en place de la coopération.

Dernière nouvelle en date, le gouvernement chinois aurait même commencé à discuter avec le Brésil pour permettre des échanges en yuan.

Les investisseurs anticipent un décrochage du dollar face au yuan
Ces divers mouvements sont tous soutenus par une seule certitude : le yuan va s’apprécier contre le dollar dans les années à venir.

C’est l’idée que nous défendons à l’Edito depuis des mois. Notre “trade de la décennie” est donc sur la bonne voie. Dans les faits. Et en termes de ralliement des premiers investisseurs (les précurseurs) à cette idée.

Pékin a absolument besoin de protéger ses gigantesques réserves de change (3 000 milliards de dollars) de la dépréciation du billet vert. Le seul recours, c’est une internationalisation.
Déjà, le yuan aurait dépassé la livre sterling au rang des monnaies du commerce internationale selon HSBC. Et comme vous venez de le voir, les étapes sont déjà programmées.

Comment jouer le yuan ?
l’Edito Matières Premières, nous croyons fermement à la hausse du yuan. C’est pourquoi nous avons déjà repéré quelques instruments qu’il pourrait être intéressant de regarder. Comme par exemple le spécialiste des ETF WisdomTreequi propose un tracker sur le yuan.

Parier sur le yuan, c’est parier sur un décrochage du dollar face au yuan. Soyez donc bien attentif aux parcours du billet vert.

[NDLR : N'oubliez pas qu'une "méthode maison" mise au point par notre spécialiste du Forex peut vous permettre de jouer la chute du dollar via deux paires de devises parmi les plus courues par les cambistes ! Cette méthode estadaptée au portefeuille de l'investisseur particulier et ne requiert que 10 minutes d'attention par jour : pour en savoir plus sur cette méthode découvrez cette vidéo de présentation...]

 

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.

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