La décision de l’IEA de débloquer 60 millions de barils de pétrole de ses stocks stratégiques a été l’annonce phare de la semaine dernière. La mesure vise avant tout à aider une économie occidentale qui a accumulé les mauvais chiffres ces dernières semaines, du ralentissement américain au spectre du défaut grec.
L’IEA a réussi son petit effet. Les cours du brut ont baissé immédiatement après l’annonce de l’organisation parisienne le 23 juin. C’est particulièrement le Brent qui a chuté, de 4,1% depuis le 23, alors que le WTI à New York est passé sous la barre des 90 $.
Reste à savoir si un baril moins cher suffira à calmer durablement l’inflation et à relancer une consommation atone. Pour l’instant, ce sont les métaux précieux qui souffrent de l’éloignement des risques inflationnistes.
Le ralentissement de l’inflation associé à un dollar qui reprend des couleurs a également accentué la tendance baissière du marché des matières agricoles.
Jusqu’où ira la chute ?
Déjà en forte baisse la semaine dernière, les softs continuent leur chute libre. Le blé va finir le mois de juin sur un -16%, du jamais vu depuis 2008. Alors que les pluies sur le Midwest sont venues doucher les craintes d’un retard des semis américains, l’annonce de la Russie et de l’Ukraine de mettre sur les marchés respectivement 20 et 10 millions de tonnes de blé à partir du premier juillet a fini de détendre les marchés.
La tendance se confirme. Le secteur des matières agricoles est bien installé dans une tendance baissière.
Rien de comparable sur les marchés des métaux, où l’attentisme demeure. Aucune grande tendance ne s’est encore dégagée.
Le cuivre résiste assez bien aux signaux négatifs environnants, du dernier acte de la tragédie grecque (tragédie en III ou V actes ?) au ralentissement de l’activité manufacturière chinoise. C’est l’état désespérément bas des stocks de cuivre et le maintien d’une forte demande chinoise en aluminium qui ont finalement permis au secteur de ne pas sombrer.
Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à
3 mois |
Vendredi
17/06/2011 |
Vendredi
24/06/2011 |
Variation
hebdomadaire |
| Aluminium* | 2 550 | 2 497 | -2,08% |
| Cuivre* | 9 114 | 9 054 | -0,66% |
| Plomb* | 2 476 | 2 560 | 3,39% |
| Nickel* | 21 900 | 21 950 | 0,23% |
| Etain | 25 075 | 24 900 | -0,70% |
| Zinc* | 2 220 | 2 252 | 1,44% |
| Acier (Méditerranéen) | 557 | 555 | -0,36% |
| Pétrole light
(New York 1 mois) |
91,60 | 89,92 | -1,83% |
| Or (spot Comex) | 1 540,00 | 1 502,00 | -2,47% |
| Argent spot Comex) | 35,90 | 34,32 | -4,40% |
| Platine (spot Comex) | 1 751,00 | 1 685,00 | -3,77% |
| Palladium (spot Comex) | 741,00 | 728,00 | -1,75% |
| Blé
(le boisseau sur le Cbot) |
6,69 | 6,24 | -6,73% |
| Maïs
(le boisseau sur le Cbot) |
7 | 6,59 | -5,86% |
| Soja
(le boisseau sur le Cbot) |
13,35 | 13,15 | -1,50% |



60 millions de barils sur le marché, c’est 16h de consommation mondiale. Vous croyez vraiment que ce geste ridicule va changer la donne ?
la baisse du prix qui a résulté est la preuve que les économistes / spéculateurs en tout genre ignorent tout de la physique et de la réalité de la consommation.
Réponse de la rédaction : Totalement d’accord avec vous. D’ailleurs, l’effet n’a pas duré bien longtemps. La seule chose qui puisse faire baisser le cours du baril est un ralentissement de l’activité économique, notamment de la Chine.