Pour finir ce tour d’horizon des gaz de schiste (shale gas) commencé hier, élargissons un peu nos perspectives.
Les Etats-Unis sont et resteront un marché gigantesque pour les producteurs de gaz. Pourtant, aux Etats-Unis, ce n’est pas tant l’augmentation de la consommation énergétique qui fait monter le gaz, que la nécessité de remplacer le pétrole.
Or il existe des marchés où le gaz bénéficie à la fois de ce phénomène de substitution ET d’une demande énergétique forte !
Prenez votre guide du routard, nous partons pour un petit tour du monde.
Les Etats-Unis ne sont plus seuls au monde
Oui, pour importants qu’ils soient, les Etats Unis ne sont désormais plus seuls au monde sur le marché du gaz de schiste. L’intérêt pour ce gaz a dépassé les frontières du Texas et de New York, les deux poules aux oeufs d’or gazières américaines.
De nombreux pays dans le monde se sont engagés dans l’exploration de leurs sous-sols, dans l’espoir d’être l’heureux détenteur d’immenses réserves de gaz de schiste.
On a tous rêvé un jour que la fortune nous tombe dessus, sans prévenir. Eh bien c’est exactement ce qui est arrivé dans trois pays. Grâce à quelques forages exploratoires, ces pays sont tombés sur de véritables fortunes !
Désormais, les nouveaux spots du gaz de schiste se trouvent au Mexique, en Argentine, et en Chine !
Le Mexique, des ressources importantes mais sans accès
Les réserves mexicaines sont estimées à 681 tcf. Pour l’instant, le secteur reste difficile d’accès, encore verrouillé par le géant national Pemex.
Pourtant, la législation a commencé à évoluer. Des partenariats avec des groupes étrangers ne sont plus inenvisageables.
A suivre…
L’Argentine n’exporte pas
En Argentine, ce sont 774 tcf qui dorment dans les sols, principalement en Patagonie du sud. Les gros bras de l’énergie, comme Repsol, ExxonMobil ou Total, sont déjà sur le terrain. De petits producteurs sont également positionnés, comme Apache Corp.
Ces compagnies risquent pourtant gros en s’installant dans ce pays. Les politiques menées successivement par le président Kirchner puis aujourd’hui par Christina Fernandez ont consisté à réduire systématiquement les possibilités d’exportations des ressources gazières du pays. L’objectif étant de répondre avant tout à la demande locale.
Résultat, je ne parierais pas un peso sur les compagnies trop impliquées en Argentine.
De toute façon, le seul marché capable de rivaliser avec le marché américain dans le gaz n’est pas en Amérique du Sud. Il est en Chine !
La Chine veut se diversifier
La Chine est en train de s’apercevoir que son duopole énergétique, composé de pétrole et de charbon, commence à lui coûter cher. Le pétrole n’arrive plus à redescendre en dessous des 90$ le baril. Quant au charbon, aucun pays n’a jamais payé une tonne aussi chère.
Devant une énergie qui pèse de plus en plus sur son solde commercial, la Chine a commencé à changer son fusil d’épaule.
Désormais, son ambition, c’est de doubler sa production de gaz d’ici 2015. D’ici 2030, elle veut faire passer la part du gaz dans son mix énergétique à 10%.
Aux grands mots les grands moyens
Très vite, la Chine a vu qu’elle n’arriverait pas à développer son propre gaz. En 2010, la Chine a voulu produire 10 milliards de mètres cubes. Mais la production a rapidement plafonné à 8,6. Pour atteindre les 21 milliards de mètres cubes en 2030, la Chine devra se faire aider.
D’abord par ses voisins
La Chine mène depuis quelques années une politique gazière tous azimuts.
Gazoducs au Kazakhstan, au Turkménistan, négociations à bâton rompu avec les Russes, extension du gazoduc japonais jusque vers son territoire… Pékin a dévoilé des trésors de diplomatie (et de pragmatisme) pour avoir accès aux ressources environnantes.
Ensuite par ses partenaires
2010 a vu un rush des compagnies chinoises sur les terres américaines. CNPC a ainsi signé un accord avec Shell pour développer des projets énergétiques au Canada. Entre août 2010 et février 2011, le pays a investi 10 milliards de dollars à l’étranger pour acquérir des actifs dans les shale gas.
A terme, l’objectif est bien d’acquérir les technologies pour enfin exploiter les shale gas chinois.
Pékin place les shale gas au coeur de sa politique
S’il fallait encore une preuve de l’engagement de Pékin dans ce secteur, en voila une de plus : Pékin a placé au centre de son plan quinquennal 2011-2015 le développement des gaz de schiste.
L’objectif : être capable à terme de développer les huit champs gaziers identifiés dans le Sichuan, à Chongking, Hebei et Guizhou.
Qui en profitera ?
Les acteurs chinois ont longtemps eu la haute main sur toutes les ressources énergétiques chinoises. Ils sont aujourd’hui très bien positionnés pour profiter du boom de ces gaz.
Petrochina en particulier sera un acteur majeur. 80% de la production de gaz chinois est déjà entre ses mains.
Pourtant le marché s’est quelque peu ouvert aux investissements étrangers, probablement en échange de certaines technologies. On a vu récemment des compagnies étrangères commencé à forer dans l’empire du Milieu.
Ainsi Shell a été un des premiers à pouvoir pénétrer le marché gazier chinois.



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