L’Océan Arctique, c’est trente fois la France.
Officiellement, on estime les réserves de pétrole bloquées sous les glaces Arctique à 90 milliards de barils, de gaz naturel à 50 milliards de mètres cube et de gaz naturel liquéfié à 44 milliards de mètres cube.
Le géologue américain Donald Gautier va plus loin en estimant qu’il y a « 50% de chances qu’il y ait plus de 500 milliards de barils de pétrole conventionnels dans les gisements qui n’ont pas encore été découverts ».
A plus de 100 $ le baril, forcément, cela fait des envieux…
Vous comprenez pourquoi le Groenland (Danemark), l’Alaska (Etats-Unis), la Norvège, le Canada et la Russie revendiquent les terres richement dotées des fonds de l’Océan Arctique. La Russie a frappé un grand coup en plantant l’année dernière un drapeau à plus de 4 000 mètres de profondeur.
Quant aux compagnies énergétiques, elles sont dans les starting blocks, prêtent à tirer profit de la fonte des glaces et des Trésor engloutis sous les Mers.
Comment savoir à qui appartiennent les fonds sous-marins ?
C’est simple. Selon la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (1982), la zone économique d’un Etat côtier s’étend sur 360 km au-delà de ses côtes. Pour revendiquer les fonds sous-marins situés au-delà de cette limite, le texte est clair : le pays doit prouver scientifiquement que les fonds en question ne sont que le prolongement de son propre plateau continental.
Les différends sont nombreux
Quelques exemples ?
Le Canada et le Groenland se disputent l’île de Hans depuis trente ans.
Russie et Norvège ne sont pas d’accord sur leurs frontières maritimes en mer de Barents.
Moscou réclame aux Etats-Unis 50 000 Km² dans le détroit de Béring depuis des années.
La Russie revendique les fonds sous le pôle Arctique en déclarant qu’ils ne sont que la continuation de la dorsale Lomonossov. La Norvège lui emboîte de pas…
Bref : la bataille pour les fonds sous-marins et leurs milliards de dollars de ressources fait rage. Le bras de fer ne fait que commencer…
En attendant, la glace fond…
En 2030, il n’y aura plus de glace dans l’océan Arctique l’été. Attendez-vous à voir les eaux monter, le Gulf Stream ralentir (il va faire plus froid chez nous !) et le CO2 piégé dans la glace se libérer et accélérer le réchauffement de la planète. A ce sujet, on vient de se rendre contre que le CO2 piégé dans les glaces est 60 fois supérieur à ce que l’on pensait jusqu’ici.
D’ici la fin du siècle, le pôle pourrait se réchauffer de 6°C. Pour mettre les choses en perspective, selon Hubert Reeves les cellules vivantes ne sont pas capables de faire face à une augmentation de la température de plus de 7°C. In vitro, les cellules meurent…
Forer sous la mer Arctique ? On sait faire !
Une fois les glaces fondues, le champ sera libre…
Il faudra creuser entre 100 et 1 000 mètres de profondeur dans des eaux dont la température variera entre -2°C et +4°C pour accéder aux trésors tant convoités. On sait faire.
Le problème sera plutôt d’ordre logistique. Prenons le super gisement gazier de Shtokman, à 600 km des côtes russes. Pour acheminer le gaz jusqu’à la terre ferme, deux solutions :
- soit investir dans une usine de liquéfaction flottante afin de liquéfier le gaz qui sera ensuite rapatrié en bateau (méthaniers géants)
- soit investir dans un gazoduc sous-marin géant de plus de 600 km !
Inutile de vous dire que le secteur des parapétrolières a de beaux jours devant lui !!!
Autre certitude : étant donné les investissements nécessaires pour extraire les ressources des eaux, le prix du baril à long terme ne pourra qu’augmenter.


