C’est lorsque les éléments se déchaînent, que l’homme prend conscience de ce qu’il est réellement. Un petit grain de sable dans un univers infini et en perpétuel expansion, régit par les “forces de la nature”.
Un grain de sable qui pense pouvoir tout maîtriser, tout diriger, tout contrôler, mais qui se retrouve totalement désarmé, nu et démuni quand “l’inconcevable devient réalité”.

Source : photocollection.bloguez.com
Une leçon d’humilité — une de plus, malheureusement — à l’attention d’un monde présomptueux et bien sûr de lui…
Je voudrais que nous ayons une pensée pour toutes ces victimes englouties en quelques minutes par la mer, happées brutalement à la vie par un grondement venu des entrailles de la Terre. Notre Terre. Une Terre trop souvent malmenée…
Une transition tout simplement impossible
Pendant que le Japon compte ses morts, Wall Street évalue l’impact du cataclysme en “% de PIB”, le nombre de pips que peut perdre le yen ou encore le nombre de points que risque de perdre l’indice Nikkei.
Les assureurs deviennent livides.
Et les banquiers calculent déjà l’impact du tsunami sur leur bonus de fin d’année…
Le capitalisme est capable du pire, comme du meilleur
Il y a quelques jours, on apprenait que Bob Diamond, le boss de la banque Barclays, a reçu un bonus de 7,6 millions d’euros pour 2010. Et je passe sur ce “trader algorithmique exceptionnel” qui a reçu au titre de 2010 à lui seul… 110 millions d’euros.
Au même moment, on apprenait que le groupe John Lewis, qui exploite la chaîne de supermarchés Waitrose et John Lewis, allait “partager” 225 millions d’euros de prime entre ses 76 500 salariés au titre de 2010. Soit 18% de salaire en plus pour chacun d’entre eux.
Le capitalisme est capable du pire comme du meilleur… tout dépend de ce que l’on veut en faire.
En attendant…
Le pétrole aura-t-il notre peau ?
“Le rythme d’augmentation du prix du pétrole devient très inquiétant et risque de mettre fin au peu de saine croissance mondiale qui subsiste”, nous disait vendredi matin Simone Wapler dans l’Investisseur Or & Matières, qui poursuit :
“Toutes les études des chocs pétroliers passés montrent que l’augmentation rapide des prix du pétrole nuit à la croissance économique, pénalise les résultats de la majorité des entreprises (notamment celles des secteurs de l’automobile, de l’aérien, du tourisme, de la chimie) et se traduit six mois plus tard par un recul des marchés actions.
Voici quelques ordres de grandeur :
▪ 10% de hausse = 0,5% de PIB mondial en moins (Barclays)
▪ 10% de hausse en moins d’une semaine = recul de 9% sur des marchés actions six mois plus tard (Wall Street Journal)
▪ Si le Brent touche 150 $ le baril la croissance mondiale prévue à 4,2% retomberait à 2,2% (Deutsche Bank)”
Ne vous leurrez pas, il va y avoir du grabuge
Les hedge funds s’en donnent à coeur joie. Les positions nettes acheteuses sur le WTI ont bondi de 27% sur la première semaine de mars. Que voulez-vous, il faut bien recycler les dollars imprimés par Ben Bernanke et acheter du pétrole, c’est parier contre le dollar. Un sport pratiqué par les jeunes traders (les vieux qui parient contre le dollar achètent de l’or et de l’argent).
Selon L’Agefi, les mouvements sont deux fois plus importants qu’en 2008 avant le sommet historique de 145 $ le baril qui précéda de peu la débâcle des marchés…
En attendant, la situation pourrait devenir explosive si la contagion atteignait l’Arabie Saoudite…
LE véritable stress test : l’Arabie Saoudite
Vendredi soir, Sylvain Mathon livrait sa pensée aux lecteurs de Matières à Profits :
“Le marché du pétrole reste sous tension, notamment la qualité Brent cotant à Londres. Les opérateurs ont bien pris acte que la révolution en Libye s’est transformée en guerre civile, sans doute durable, et ils observent avec inquiétude les remous dans les pays voisins.
Aujourd’hui et le 20 mars constitueront LE véritable stress test : plusieurs sites internet ont en effet appelé à une “journée de la colère” en Arabie Saoudite (premier producteur de l’OPEP). Si ces manifestations rencontraient le succès, le cours du pétrole connaîtrait sans aucun doute une nouvelle flambée. [NDLR : Les révolutions en série dans le monde arabe font craindre une flambée sans précédent des cours du pétrole. Pour l'investisseur, il s'agit d'une situation historique qui pourrait déboucher sur des plus-values spectaculaires -- encore faut-il savoir quelles opportunités sont véritablement prometteuses : analyse de la situation et opportunités d'investissement dans ce message spécial...]
A l’inverse, le tremblement de terre au Japon pourrait affecter une partie de l’industrie de ce pays, troisième consommateur de pétrole au monde. Si les dégâts s’avéraient de même ampleur que celui de Kobe, le cours du WTI pourrait alors refluer très aisément vers les 84 $“.
Combien de fois son cours a-t-il “fait” et “défait” les croissances ?
On ne compte plus.
Le pétrole irrigue nos économies.
Voilà pourquoi un Brent qui resterait cantonné entre 110 et 120 $ est une forme de “tsunami économique”, lancinant et vicieux, qui pourrait noyer nos économies dans les prochains mois.
Notre point hebdomadaire sur les matières premières
Les matières premières, après une hausse effarante depuis l’été dernier, s’offre une “belle consolidation” cette semaine. Il était temps !
De gros nuages noirs s’accumulent au-dessus de la fragile reprise mondiale, ce qui inquiète les investisseurs : risque géopolitique, prix du pétrole élevé, risque progressif de remontée des taux d’intérêt, endettement non maîtrisé, rebond du dollar, tremblement de terre au Japon…
Trop c’est trop. Nos matières font une indigestion…
Salutaire indigestion ! Qui ouvrira certaines “fenêtres de tir” pour vous positionner sur quelques matières premières précises.
A suivre de très près donc…
A noter : l’or et l’argent ne cillent pas. Et se cramponnent à leurs sommets. Envers et contre tout.




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