Le 4 janvier dernier, Simone livrait aux lecteurs de l’Investisseur Or et Matières son sentiment sur les matières premières pour 2008. En voici quelques extraits :
Rien ne sert d’être pressé
Il est apparu aux media généralistes que l’or a franchi une étape historique. Il a dépassé les 850 $ l’once, son sommet d’il y a 28 ans. Allons-nous pour autant entrer dans la troisième phase du marché haussier de l’or, celle de l’accélération finale ?
Je vais vous décevoir, mais il est encore trop tôt pour se prononcer. Les deux prochains mois seront déterminants. Tout va dépendre du Gold Oil Ratio : il ne faudrait pas qu’il monte trop vite, indiquant ainsi un report massif et brutal sur l’or.
Rien ne sert d’être pressé. Plus la deuxième phase (celle durant laquelle les investisseurs
avisés rejoignent les précurseurs) durera, plus nombreuses seront les opportunités de
gains intermédiaires.
L’or en 2008 ?
Je suis tentée de voir l’année 2008, tout au moins le premier semestre, s’inscrire dans la
poursuite de la deuxième phase du marché haussier de l’or.
C’est ce que j’écrivais dans le dernier numéro de 2007. Pour le moment, les événements semblent me
donner tort, tant l’accélération de l’or est spectaculaire.
Un indice me conforte cependant dans le fait que l’or n’a pas entamé la troisième phase de son marché haussier (celle durant laquelle le grand public s’engouffre) : une fois encore, les investisseurs ont cherché refuge vers le pétrole.
Ce sont les investisseurs (majoritairement institutionnels) des pays riches qui se reportent
vers le pétrole. Ils ne peuvent pas encore se porter sur l’or car ce serait l’aveu par le
monde financier de la réalité de la crise monétaire.
Chez les pays émergents et chez les pays producteurs de pétrole, en revanche, on se reporte depuis longtemps sur l’or, sinon il ne serait pas passé de 280 à 860 $ en 6 ans.
- Pour les premiers, l’or est un abri, faute de moyens de spéculation suffisamment
développés.
– Pour les seconds, l’or est un refuge car, tout simplement, il n’y a pas d’autre actif stable. L’Inde par exemple, inquiète des événements du Pakistan, a vigoureusement acheté le métal jaune en début de semaine.
Les investisseurs grand public des pays développés ne sont pas encore montés dans le
grand train de l’or
Les wagons des investisseurs avisés ne sont pas encore pleins. Mais il faut penser assez vite à réserver sa place. Car une crête au dessus de 1 000 $ dans le premier trimestre 2008 pourrait signifier que l’or entre dans la troisième vague de son marché haussier, la plus violente et la plus courte.
Autre point : si l’accélération de la hausse de l’or se confirme, il faudra accumuler les minières. En
effet, bénéficiant d’un ultime réflexe d’acquisition d’actifs papiers, les minières aurifères devraient, dans un premier temps, surpasser le métal.
Politiquement correcte ?
En ce début d’année, où l’or, le dollar et le pétrole ont simultanément franchi des seuils psychologiques, il convient de garder présent à l’esprit que tant que l’or n’est pas « politiquement correct » chez les riches, il est encore loin de son point culminant.
A moyen terme : 2008 sera l’année de l’or à 4 chiffres : les 1 000 $ seront franchis.
A long terme : rien de changé, 1 800 $ en vue au dénouement de la crise actuelle.
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Dans le prochain Edito, Simone Wapler vous livrera son opinion sur l’argent, le platine, les métaux stratégiques et le brut.


