Quelques signes encourageants…
La semaine dernière, des signes d’amélioration se dégageaient d’Angleterre, plongée jusque-là dans une morosité profonde.
Même s’il n’y a pas de quoi pavoiser, les chiffres meilleurs que prévus dans la distribution et une confiance des ménages qui s’améliore sont venus éclaircir un peu le tableau dans lequel se situe le pays.
Ce matin même, l’indice PMI du secteur manufacturier venait confirmer les espoirs avec 53,7 points traduisant un beau rebond dans l’activité et une poursuite de la dynamique haussière.
Mais une récession qui s’installe
Le PIB est pourtant, venu attester d’un sixième trimestre de récession sur l’île. Et le secteur des services, qui représente les trois quarts de l’économie, est particulièrement en difficulté.
Ce mercredi, nous surveillerons donc attentivement l’indice PMI dans les services.
La situation reste donc critique avec un chômage grandissant et de nombreux doutes sur l’efficacité du plan de relance. Plan, qui sera la semaine prochaine sous les feux de la rampe avec l’une des décisions les plus importantes que la Banque d’Angleterre ait eu à prendre ces derniers mois.
La Banque d’Angleterre sous pression
Malgré les 175 milliards de livres de son programme de rachat d’actifs destiné à inonder le marché de liquidités, l’accès au crédit reste tendu et alimente le feu des critiques.
Car ce jeudi se tiendra la réunion du comité monétaire. Réunion très attendue.
Si le maintien du taux directeur à son niveau actuel ne fait guère de doute, la vraie question porte sur ce fameux programme de rachat d’obligations.
Le cercle vicieux se dessine dangereusement
C’est lors de ce rendez-vous que les membres du comité devront décider de poursuivre ou non les méthodes dites non-conventionnelles de quantitative easing.
Et croyez-moi, le dilemme est immense.
Entre un déficit budgétaire qui enfle chaque jour de plusieurs millions et une reprise qui se fait attendre entraînant chômage et baisse de la consommation, le cercle vicieux se dessine dangereusement.
Livre sterling et euro : le divorce
On voit fleurir ici ou là, et même dans la bouche de certains officiels anglais, le parallèle entre le Japon en crise des années 90 et l’Angleterre aujourd’hui.
A l’époque déjà, le Japon avait laissé ses taux bas en espérant que l’assouplissement monétaire permettrait une reprise rapide.
Si la structure de l’économie n’est pas la même dans les deux pays, les craintes de voir l’Angleterre s’enfoncer dans une crise plus longue qu’ailleurs est grande.
Le premier signe sur le marché des changes est le changement de rôle de la monnaie anglaise dans les échanges. D’un statut de monnaie à haut rendement il y a encore deux ans, la livre a doucement glissé vers un rôle de monnaie d’emprunt pour les carry traders.

Comme vous pouvez le voir sur ce graphique, la paire EUR/USD en bleu et GBP/USD en rouge, ont clairement démarré un divorce ces dernières semaines.
Décorrélation totale
Si l’on compare les données sur deux ans, les deux paires EUR/USD et GBP/USD sont corrélées à plus de 85%, ce qui signifie que leurs mouvements sont parfaitement coordonnés historiquement.
Si l’on fait le même comparatif sur trois mois, on constate que ce chiffre devient négatif à -40%, ce qui traduit ici, des mouvements complètement désaccordés les uns des autres.
Et pour finir, si on devait comparer la semaine dernière, on constaterait une corrélation égale à -80%, illustrant des mouvements totalement contraires !
Quand les politiques façonnent les marchés…
On peut donc conclure que le marché va être durablement transformé par les politiques monétaires actuelles.
Les repères historiques que nous, traders, utilisons quotidiennement dans nos configurations graphiques, n’ont de cesse de voler en éclats depuis le début de l’année 2009, qui restera l’une des plus chaotiques sur le Forex.
En attendant, bons trades !


