La BCE n’échappera pas au QE2. L’euro continuera de baisser

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Jusqu’ici, la BCE gérait l’euro d’une main de fer. Un seul objectif : la maîtrise de l’inflation.

Soutenir la croissance ?

Ca n’a jamais été son problème… contrairement à la Fed.

Et si cette extrême rigueur de la BCE n’avait été finalement que la contrepartie du laxisme budgétaire de la plupart des Etats de la zone euro ? Une sorte de "réaction compensatrice" en somme.

Au laxisme budgétaire, la BCE aurait ainsi volontairement opposé la rigueur monétaire, pour contrebalancer et "faire tenir le tout".

Sincèrement, je me le demande…

En attendant, voici ou nous en sommes :
Crise économique et d’endettement = mise en oeuvre de politiques fiscale et budgétaire de rigueur (ultra-violentes dans certains pays) = affaiblissement de la croissance à venir et risque de déflation. Un terrible cercle vicieux…

L’autre équation possible serait :

Crise économique et d’endettement = mise en oeuvre de politiques fiscale et budgétaire resserrées (mais qui ne casse pas la croissance !) + dévaluation monétaire pour soutenir la croissance du PIB des pays européens.

La BCE devra lâcher du lest, tôt ou tard
Notre BCE devra tôt ou tard mettre de l’eau dans son vin et s’adonner à nouveau au quantitative easing (comprenez planche à billets)

Inévitablement, étant donné l’étroitesse des marchés obligataires européens, elle devra acheter les obligations "pourries" des "pays périphériques" pour éviter que les taux d’intérêt ne s’envolent.

Elle n’aura pas vraiment le choix, car envolée des taux = implosion des Etats cibles = risque majeur sur la zone euro.

Tous ces actifs "peu sûrs" s’accumuleront alors dans le bilan de la BCE.

Et l’euro sera alors condamné à baisser encore.

Permettez-moi ici d’ouvrir une parenthèse. Importante pour vous.

Un conseil : vérifiez ce que vous détenez en portefeuille !
Il vaut mieux que ces obligations pourries se retrouvent dans le bilan de la BCE que dans votre portefeuille. Parce que jusqu’ici, ce sont surtout les banques et les institutionnels européens qui rachetaient massivement ces obligations douteuses — junk bonds –, et en échange de quelques "largesses" de la BCE…

A votre avis… qu’en font-ils ?

Seraient-ils capables de les "refourguer" à leurs clients ? Histoire de disséminer le risque ?

Un homme averti en vaut deux…
Je serais vous, je passerais au crible tous les produits obligataires (fonds, sicav) de mes portefeuille et assurance-vie. Parce que la probabilité est forte de retrouver une bonne partie de ces obligations en bout de chaîne…

A l’image des subprime, il est terriblement tentant de "disséminer" les junks bonds dans un grand nombre de portefeuilles pour en disséminer le risque. Vérifiez donc bien la composition des sicav et fonds obligataires que vous pourriez détenir.

Fermons la parenthèse et revenons à l’euro…

Faut-il passer short euro, long dollar ?
En clair, vendre de l’euro pour acheter du dollar ?

A mon avis, il faut s’attendre à la poursuite de la baisse de l’euro…

Non pas que le dollar soit fort ! Il va au moins aussi mal que l’euro ! C’est juste qu’en ce moment, c’est l’euro qui est sous les feux de l’actualité (chacun son tour, le mois dernier c’était le dollar avec le QE2 de la Fed !)

Comprenez-moi : pour les spéculateurs, jouer l’euro à la baisse contre le dollar en ce moment est un moyen de gagner de l’argent. Tout comme ils jouaient la hausse de ce même euro le mois passé… Alors tant que les faits apporteront de l’eau à leur moulin, ils continueront de pousser la monnaie unique à la baisse. Ce sont EUX qui FONT LE MARCHE.

Maintenant, si l’affaire de la Corée du Nord venait par exemple à "s’enflammer" soudainement, les marchés se mettraient à jouer le dollar à la baisse (ce qui ferait remonter l’euro par défaut), la crise européenne passant au "second plan"…

Les spéculateurs changent très vite leur fusil d’épaule. Seul compte le potentiel de gain de la cible.

Soit dit en passant, je ne crois pas à l’embrasement coréen. La Chine, à n’en pas douter, trouvera les mots pour calmer son ténébreux petit voisin…

L’euro a déjà dévissé de 1,42 $ à 1,30 $ en l’espace de quelques jours
Jusqu’où peut-il aller ?

Fondamentalement, un euro à 1,20 $ serait à mon avis une bonne cible. Tout simplement parce qu’en terme de parité de pourvoir d’achat, ce serait la parité idéale.

Maintenant, pour sauver l’Europe, ce serait même une bonne chose qu’il aille encore un peu plus bas…

L’Asie : peut-être un "filet de secours" pour l’euro ?
Notez une chose tout de même : face aux spéculateurs qui jouent sans état d’âme l’euro à la baisse, il est intéressant de noter que les investisseurs asiatiques conservent leurs euros et ne bronchent pas. Impassibles, assis sur leurs montagnes de dollars.

Et pour tout vous dire, il ne m’étonnerait pas qu’ils attendent que l’euro baisse encore pour se mettre finalement à en "acheter à bon compte" contre le dollar. Dollars dont ils regorgent et ne savent que faire…

Peut-être une bouée de sauvetage à laquelle l’euro pourrait s’accrocher… qui sait.

Que nous dit l’analyse technique ?
J’ai demandé à mes amis Jérôme Revillier et Vincent Ganne (respectivement responsable de FxProfitTrader et analyste chez IGMarkets) de nous donner leur point de vue d’analyste sur la trajectoire à venir de l’euro. Les voici :

1 – "Le retracement à 50% de la hausse de l’EUR/USD entre aout et septembre vient d’être franchi à la baisse (seuil des 1,3080 $)" nous dit Jérôme. " Or l’enfoncement de ce support majeur est un signe fort de faiblesse de la paire qui devrait aller rapidement tester les 1,2800 $.

Toutefois, tant que les 1,2580 $ tiennent, le trend haussier garde des chances de reprise, pour retourner vers 1,35 $. En deçà de ce seuil, la tendance de fond s’inverserait".

Graphique de la parit</p>
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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.