Qui a dit que les chiffres n’appréciaient pas les mots ?
De les en dissuader, je décide aujourd’hui
Car de les en convaincre, je relève le défi
Et je viens mettre à mal la mère de tous ces maux
Il est certes audacieux de prétendre que la Bourse
Se plaît à mélanger la forme avec le fond
Et que l’investisseur qui cherche à faire moisson
S’attarde en rhétorique en plein coeur de sa course
Pourtant, je me révolte et je m’inscris en faux
Contre ces préjugés ô combien ridicules
Moi aussi je refuse qu’on me change une virgule
Et j’aime à réunir le CAC et Cyrano
Depuis bien des années je me berce de graphes
Ils sont ma discipline et ma matière première
Ce n’est pas pour autant que lorsque je les gère
J’en oublie de soigner toujours mon orthographe
Pourquoi ne pas alors oser une digression ?
Et faire rimer "support" sans aucune résistance
Avec "niveau record", du temps que les mots dansent
Qui pourrait bien se plaindre d’une telle excursion ?
Quoi ? J’en vois des perplexes, je sens des doutes encore
Il y en a parmi vous qui semblent tel saint Thomas
Qu’importe, je comprends, et ça ne m’effraie pas
Voici, en un exemple, de quoi plaire aux retors
Ci-dessous j’ai nommé "Bulletin d’information"
Sur notre CAC 40, mais en alexandrins
N’en déplaise à quiconque, brigands ou malandrins
Qui se poseraient toujours mille et une questions
"Dans un marché tranquille, avec peu de volumes
L’indice parisien en cette mi-février
Entre nord ou bien sud semble encore hésiter
Faisant peur aux manants qui y laisseraient des plumes
Et ce nouveau rebond, datant de trois semaines
Marque, comme ses confrères qui l’avaient précédé
Quelques signes de faiblesse et quelque temps d’arrêt
Rappelant l’hypothèse d’une hausse incertaine


