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La Chine, le nouvel empire du Tourisme

leadimg

Vous vous êtes déjà promené le long des Champs-Elysées ?

J’ai personnellement fait l’expérience il n’y a pas si longtemps. Je n’y étais plus allé depuis des années, alors que j’effectuais une sortie scolaire avec ma classe. C’était d’ailleurs un passage obligé, après la tour Eiffel et le Palais de la découverte.

Sans vraiment de surprises, j’y ai croisé des Américains, des Japonais, des Italiens ou encore des Russes. Je me suis ainsi perfectionné dans l’art du cadrage photographique, réussissant la prouesse de faire tenir une famille d’Américains et l’emblème Vuitton sur une même photo !

Hier soir, continuant mon exploration de Pékin, j’ai décidé d’aller visiter les Champs-Elysées chinois, la rue piétonne de Wangfujing. Vous savez qui j’y ai rencontré ? Des Chinois.

Les Chinois découvrent leur pays…
Une des expériences intéressantes, à double titre, a été la visite du marché de Dong hua men, sur cette même rue. La foule massée autour d’une longue rangée de petits stands bien alignés m’a attiré.

Au premier étal, je compris l’intérêt de la chose. Une brochette de poulpe laissait pendre des tentacules fatiguées le long du présentoir. A côté de lui, un centipède reposait en paix, également préparé en brochette. Je m’arrête là, ces souvenirs ne se marient pas vraiment bien avec ma tasse de thé matinale…

Alors que je m’attendais à entendre les cris de dégoût ou les rires bravaches anglais, russes voire français, je me suis aperçu que la plupart des gens attroupés autour des stands étaient Chinois. Du moins parlaient-ils chinois.

De là m’est venu l’idée que le tourisme était probablement une activité récente, en Chine.

Au fur et à mesure que le pouvoir a autorisé les déplacements (avec de fortes restrictions comme nous l’avons vu mardi), et que la société s’est enrichie, les Chinois ne sont pas partis à l’assaut de la tour Eiffel, du Colisée ou encore de Central Park.

Non, ils ont choisi de découvrir la Chine.

…et ses nombreux lieux de détente
Après le tourisme des villes, le tourisme des champs se développe également fortement.

L’une des destinations les plus prisées est la province du Hainan. Plages de rêves, températures… tempérées, et hôtels de luxe. Ce lieu est tellement paradisiaque qu’il accueille pratiquement chaque année les élections de Miss China. Le gouvernement voudrait même en faire une des premières destinations touristiques au monde d’ici 2020.

A côté du Hainan, les destinations privilégiées sont Dalian et Qingdao. Plus proches de Rimini ou de Palavas-les-Flots, ces deux cités balnéaires sont extrêmement prisées des touristes chinois. Là encore, on retrouve les larges plages de sable, la douce chaleur… l’odeur de brochettes en plus.

Mais qu’il soit touriste des champs ou touriste des villes, le touriste en Chine est d’abord chinois.

La Chine fière et nationaliste ?
Je ne crois pas à une supposée supériorité que le peuple chinois ressentirait face à l’occident pour expliquer cette attitude encore très sino-centrée.

Mais une chose semble certaine, les Chinois sont fiers de leur pays.

Cette impression s’est confirmée ce matin lorsque j’ai lu la presse anglophone locale. Le National Art Museum y fait la publicité de sa dernière exposition consacrée à l’architecture chinoise. L’exposition passe en revue les plus belles constructions qui ont vu le jour ces dernières années.

En couverture, ici, un ouvrier chinois lévite dans le ciel, appuyé sur un échafaudage en bambou. Cette photo m’a rappelé les photos prises lors de la construction de New York ou Chicago, où des ouvriers mangeaient leur sandwich sur des poutrelles en aciers au milieu du vide. A travers ces deux photographies, ce sont les prouesses nationales qui sont célébrées.

La découverte de la Chine par les Chinois ne fait que commencer.

Un marché qui croit de 10% par an
Selon une étude du site marketing-chine, les Chinois ont effectué 1,9 milliard de voyages en 2008.

Depuis lors, le marché du tourisme n’a pas cessé de progresser, en dépit des crises économiques. Le marché devrait croître aux alentours de 10% dans les années à venir, même s’il est passé à 8% en 2011.

Cette année, la Chine devrait encore rester derrière les Etats-Unis et l’Allemagne, avec un total de 57 milliards de dollars dépensés en frais d’hébergement. Mais le classement évolue vite. En 2015, le marché pourrait représenter 67 milliards de dollars, et devenir le deuxième marché mondial.

Comme l’annonçait en 2010 dans Le Monde André Loesekrug-Pietri, associé d’un important fonds de placement européen consacré à la Chine, le marché chinois du tourisme “est un des marchés les plus prometteurs, que ce soit en Chine même ou pour ce qui est de la clientèle chinoise qui va à l’étranger“.

Mon conseil
Les groupes chinois sont bien entendu les mieux placés pour tirer profits des moments de détente de leurs concitoyens.

D’importants groupes de tourisme sont cotés en Chine. Un des principaux, China Cyts Tours Holding ou CYTS (Isin: 600138.SS) est coté à Shanghai. Je me suis amusé à comparer ses performances du Shanghai Composite et du S&P 500 face à CYTS. Sur un an, l’indice de Shanghai perd 20%, le S&P 500 reste à l’équilibre, et CYTS….prend 30% !

Mais je suis déjà revenu sur ce point, il est encore très difficile d’accéder à ce marché. Les valeurs les plus importantes à Shanghai sont hors de porté des étrangers, ainsi que de la plupart des fonds étrangers.

Vous pouvez par contre miser sur un groupe occidentale qui s’est très vite installé en Chine, le Club Med (Isin : FR0000121568). Depuis que le conglomérat chinois Fosun a acquis 7,1% du Club Med en 2010, le groupe au trident a multiplié les investissements en Chine.

Le dernier en date est l’ouverture d’un club dans une station de ski à Yabuli, dans la très prisée région du He Liong tian (Nord-est). Solidement installé, le groupe coté à Paris pourrait retrouver sa splendeur passée grâce à la Chine.

A bientôt au Galasuiga chinois !

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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