La croissance mondiale ralentit, le pétrole va-t-il couler ?

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leadimg

En quelques jours, nous avons basculé d’un scénario “inquiétant” vers un scénario “catastrophique”.

Ce scénario, c’est celui de la croissance mondiale. Les acteurs internationaux de l’énergie commencent tous à envisager un ralentissement économique en 2011 et 2012. Et effectivement, les signaux sont actuellement préoccupants.

Les rencontres européennes au sommet n’apaisent plus les marchés, les investisseurs doutent, la tension est perceptible à l’annonce de chaque nouvel indicateur.

Nous pensions être sortis de la crise. Désormais, c’est le spectre d’une rechute qui siffle sur nos têtes. Une sortie de crise en W, au mieux, est désormais envisagée.

A partir de là, de nouveaux scénarios de croissance de la demande pétrolière sont envisageables.

Aujourd’hui, le WTI oscille autour des 80-90 $, alors que le Brent évolue entre 100 et 110 $.

What’s next ?

Pour anticiper le prochain mouvement, penchons-nous d’abord sur les perspectives de croissance.

Les Etats-Unis s’enfoncent, s’enfoncent…
C’est peut-être l’inquiétude la plus forte parmi les producteurs pétroliers : où vont les Etats-Unis ?

Si la situation continue à se détériorer aux Etats-Unis, la demande mondiale va encore diminuer cette année“, a prévenu l’OPEP début août. Comprenez, la baisse de la demande pourrait s’accroître en 2011 et 2012. De quoi donner un coup au moral du WTI…

Aujourd’hui, la grande question reste de savoir si le baril va finalement passer durablement en dessous des 80 $.

La muraille chinoise se fissure-t-elle ?
Les doutes se répandent également du côté des émergents. La production manufacturière de la Chine accuse un léger ralentissement. La dette colossale supportée par les régions chinoises commence à inquiéter sérieusement les investisseurs.

Plus généralement en Asie, les pays de l’ASEAN ont annoncé qu’après une croissance de 7,5% pour le groupe en 2010, la croissance en 2011 pourrait tomber en dessous des 6%.

De l’autre côté du Pacifique, c’est le Brésil qui est en chute libre. Avec les craintes d’un ralentissement mondial, ce sont les matières et leurs producteurs qui sont affectés directement. Brésil en tête. Selon le FMI, sa croissance pourrait passer de 4,5% cette année à 3,6% en 2012 !

Les perspectives d’une baisse de la croissance mondiale
Le pétrole à New York est dans l’expectative. Il prendra une direction le jour où l’on saura vraiment dans quelle direction vont les marchés. Pour l’instant, on en est réduit à faire des scénarios pessimistes, mais de plus en plus réalistes.

C’est notamment le choix qu’à fait l’OPEP. Son scénario de base pour la consommation de pétrole en 2011 et 2012 table désormais sur un ralentissement de l’activité.

Début août, l’OPEP a révisé à la baisse sa perspective de croissance de la demande pétrolière. Pour 2011, le Cartel est passé d’une prévision de 88,14 millions de barils par jour, contre 88,18 millions prévus initialement.

A quelques jours d’intervalle, c’était au tour de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) de s’inquiéter.

L’AIE envisage un ralentissement
L’Agence Internationale de l’Energie a légèrement revu à la baisse sa prévision de croissance mondiale. C’est particulièrement surprenant pour une agence qui a fait de l’optimisme béat une philosophie de vie.

La demande de pétrole ne devrait pas en souffrir pour l’instant, car la demande japonaise permettra de compenser le ralentissement.

Cependant, début août, l’agence a admis qu’un PIB mondial à 3% au lieu des 4% pour 2011/2012 “diminuerait la demande mondiale de 300 000 barils par jour en 2011 et de 1,3 million de barils par jour en 2012″.

A bon entendeur…

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On ne laissera pas le pétrole s’enfoncer dans les profondeurs
Actuellement, le WTI et le Brent semblent temporiser. Comme je vous le disais, le franchissement du seuil des 80 $ pour le WTI et des 100 $ pour le Brent constitueront des indicateurs précieux de tendance.

Pour l’instant, le marché du pétrole suit d’assez près le marché action. Le krach du 8 août en témoigne.

Nous sommes pourtant peut-être arrivés à un point de divergence entre le baril et la croissance mondiale. Le baril pourra difficilement tomber plus bas, car on ne le laissera pas faire. Et par ce “on”, j’entends en premier lieu l’OPEP.

Tripoli tombe, Kadhafi disparait. Il ne faut pas se réjouir pour autant. Je dirais même plus, c’est là que les ennuis commencent. Qui sont les futurs maitres de la Libye ? Comment partageront-ils la manne pétrolière ? N’est ce pas après les révolutions que les combattants ont l’habitude de s’entre-déchirer ?

La Libye devrait rester dans l’expectative encore de nombreux mois. Ajoutez à ça les doutes quand à la date de redémarrage des exportations de pétrole, et vous en concluez que le Brent n’est pas sorti d’affaire.

Plus fondamentalement, les pays de l’OPEP ne pourront pas laisser le baril tomber beaucoup plus bas que 70-80 $. Les révolutions arabes ont rendu les dépenses sociales indispensables.

Mon conseil : En cas de nouveau plongeon des indices boursiers, le baril pourrait recommencer à repartir à la baisse. Néanmoins, le pétrole est peut-être déjà arrivé près de ses plus bas. Une lente remontée du WTI pour évoluer entre 80 $ et 110 $ me semble plus probable.

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.

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