Paradoxe
▪ La Fed a relancé la planche à billets pour lutter contre la crise. Depuis, les banques centrales du monde entier poussent de cris d’orfraie devant la poussée de l’inflation.
Peine perdue, la Fed veut créer de l’inflation !
▪ De l’autre côté de l’Atlantique, Jean-Claude Trichet lutte contre l’inflation. Les pays très endettés sont pris à la gorge et se plaignent.
Peine perdue, Trichet ne laissera jamais passer la moindre inflation !
De quel côté de l’Atlantique se situe la sagesse ?
Un mal, deux solutions. C’est en gros le tableau que nous offrent nos deux architectes de la finance. En toute logique, l’un des deux à tort.
Malheureusement, je crains qu’aucun des deux n’ait raison.
Je m’explique.
Deux continents, deux histoires
Chaque banque centrale essaie d’éviter désespérément de répéter ses propres erreurs historiques.
Aux Etats-Unis, le souvenir de “la Grande Dépression” reste dans toutes les mémoires. Or un mot caractérise cette époque : Déflation.
La banque centrale a longtemps porté la responsabilité de la crise pour ne pas avoir imprimé assez de monnaie.
Ben Bernanke, aveuglé par la crise de 1929
Le dirigeant de la Fed américaine a consacré sa vie à éviter de répéter ce scénario de la Grande Dépression. D’ailleurs, sa thèse de fin d’étude portait sur la Grande Dépression.
N’espérez rien de l’actuel frémissement de l’inflation. Bernanke n’est pas prêt d’arrêter la planche à billets… car il sait que la déflation post-choc peut frapper à tout moment.
La rechute des années 30 est encore dans toutes les mémoires :

Avoir laissé la déflation se réinstaller, c’est peut-être la plus grosse erreur qu’ait commise la Fed à cette époque.
Donc préparez vous à voir l’inflation se maintenir à des niveaux assez hauts… et à y rester.
La BCE marquée par l’hyperinflation des années 20
A l’inverse, la BCE est marquée par l’histoire allemande des années 20. C’était l’époque où l’on payait son pain avec des charrettes de billets. L’époque aussi où la République de Weimar commença à chanceler.

Aujourd’hui, l’inflation européenne est à 2,6%. Le traité de Maastricht voulait la limiter à 2%.
Il n’en fallait pas plus pour déclencher un plan d’intervention. Ainsi la semaine dernière, la BCE a remonté ses taux. Et elle ne s’arrêtera pas là.
Sur quel actif investir ?
Malheureusement, je ne vois aucun signe d’inflexion possible dans les mois à venir.
Bernanke est en train de mener le combat de sa vie. La planche à billets, pardon, je veux dire le Quantitative Easing Program, continuera à tourner à fond quoiqu’il arrive. On notera peut-être une simple pause entre le QE2 et le QE3.
En conséquence, les deux grandes tendances actuelles devraient se prolonger :
- Le cours des matières premières (en particulier des métaux précieux) va rester élevé.
- Le dollar et les bonds du Trésor américain vont rester bas.
Mon conseil sera simple : continuez à vous intéresser au marché des matières premières, tout en suivant de près les errements de la Fed américaine.
La planche à billets américaine finira bien un jour par manquer d’encre…




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