Que va faire la Fed après la fin du quantitative easing 2 ? C’est la question qui m’obsède depuis quelques temps.
Pour l’instant, la Fed dissimule admirablement bien ses attentions.
Personne ne saurait dire si elle est prête à arrêter définitivement son QE et à enfin laisser les banques seules face à leurs prêts hypothécaires pourris.
Les options à sa dispositions ne sont pas brillantes…
Ceux qui croient à l’arrêt du QE se préparent à un recul brutal du marché action.
Ceux qui n’y croient pas soulignent les dangers de l’hyperinflation du dollar.
Et dans tous les cas, le dollar continuera à plonger dans les abysses de la finance.
La Fed prise entre le marteau et l’enclume
Dans deux mois, le QE2 prendra officiellement fin. Les Etats-Unis devront alors choisir entre deux calamités différentes :
- Prolonger le quantitative easing
Conséquence = affaiblissement du dollar + choc pétrolier + choc d’inflationniste - Stopper le quantitative easing
Conséquence = baisse brutale des marchés actions
Ceux qui pensent que le QE prendra fin
* David Galland, analyste et rédacteur de The Casey Report, a derrière lui 25 ans d’expérience dans le monde des métaux précieux et des matières premières.
Pour lui, pas de doute, la Fed va changer de politique monétaire.
* Il rejoint en cela par Bill Gross. Bill Gross, c’est le plus gros acheteur (américain) de bons du Trésor américain, au travers du fonds PIMCO. Or il vient tout juste d’arrêter d’acheter des obligations d’Etat américaines.
Mieux : Bill Gross semble même spéculer contre la dette souveraine de son pays.
Devant l’imminence du recul du marché action, les deux investisseurs s’attendent à une envolée de l’or et de l’argent en dollar.
De l’autre côté du ring : ceux qui attendent le QE3
L’autre thèse est tout aussi défendable : l’arrêt du QE2 va laisser place à une longue et morne période de stagnation.
L’idée derrière cette analyse, c’est que le QE2 n’a rien réglé :
Les mauvaises dettes des subprime ne sont ni purgées, ni payées. Des milliers de milliards de mauvaises créances hypothécaires sommeillent encore dans les livres de Fannie Mae, de Freddie Mac, de banques zombies et de la Fed.
L’arrêt du QE2 fera donc subir aux Etats-Unis, puis à l’Europe, un nouveau krach des marchés actions.
Et la Fed sera donc obligée d’endosser une troisième fois ses habits de cavalier blanc, pour relancer la monétisation. Ce serait alors le QE3.
Dans les deux cas, attendez-vous à une grande correction…
L’économie américaine ne repose plus que sur une chose : l’espoir.
L’espoir que la “reprise” économique va se matérialiser, l’espoir que la consommation reprendra, l’espoir que le chômage va reculer…
Autant d’espoirs dont nous savons qu’ils ne se matérialiseront pas tant que les mauvaises dettes n’auront pas été purgées. Mais la purge demandera une abondante création monétaire, handicapant la reprise économique…
Vous l’avez compris, le serpent se mord la queue…
Dans tous les cas, nous devrions assister à une désertion massive sur le dollar.
… et à la faillite déguisée des Etats-Unis
Mon avis, c’est qu’un QE3 va être indispensable à plus ou moins longue échéance.
Au préalable, la Fed tentera peut-être une cure de désintoxication après juin.
La Fed a une mission : contenir les rendements obligataires. Or la seule issue pour ça, c’est de monétiser la dette. C’est-à-dire racheter sa propre dette.
Le QE3 verra donc le jour, tôt ou tard. C’est la seule issue autre que la faillite. L’inflation galopante est donc plus que prévisible. Et dans ce cas les cours des matières n’ont pas fini de grimper.
D’ailleurs, le niveau record du rapport or/argent confirme l’attente d’une très grosse inflation à venir aux Etats-Unis.
On peut commencer à lâcher le mot terrible : hyperinflation
L’économiste John Williams, expert en décryptage des maquillages statistiques, pense qu’elle est probable d’ici 2013 ou 2014. Elle devrait s’accroître au fur et à mesure que le dollar perdra son statut d’étalon monétaire.
Cette perspective s’est brusquement accrue devant les doutes de Standard & Poor’s sur la dette américaine.
Le FMI lui-même s’inquiète de l’état de l’économie américaine. L’institution de Washington a même rappelé à l’ordre les Etats-Unis en pointant du doigt leur déficit budgétaire.
Les munibonds : notre indicateur avancé à suivre de près
Le marché des munibonds, c’est le marché des obligations américaines émises par les municipalités et les Etats de la fédération. Ils sont nombreux à être surendettés. Ce sont un peu les équivalents de nos obligations grecques, irlandaises et portugaises.
Or on sait que les fonds de pension ont l’habitude de vendre ces obligations avant les obligations fédérales. Vous avez donc devant vous un très bon indicateur avancé de tendance.
Lorsque ce marché piquera du nez, il sera temps de tout lâcher.
Première parution dans Vos Finances le 13/04/2011.




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