La BCE vient de relever ses taux directeurs
La BCE vient de condamner les pays endettés à restructurer leur dette. Mais pour l’instant, personne n’ose le dire.
La BCE s’est contentée d’encourager à la rigueur.
De son côté, Moody’s vient de dégrader une nouvelle fois la note de l’Irlande. Elle a cru bon rappeler que la hausse de taux allait influer sur la croissance irlandaise déjà totalement à bout de souffle.
Mais endossant simultanément le rôle de mauvais puis de bon flic, elle a ensuite laissé entendre qu’une restructuration était encore un scénario très éloigné et peu probable.
La restructuration de la dette est devenue inévitable
Pourtant, le simple fait d’évoquer une restructuration de la dette signifie qu’elle est désormais envisageable.
Je ne vois pas comment il pourrait en aller autrement.
Ce resserrement va conduire à une baisse de la consommation, qui amènera à son tour un ralentissement de la croissance et l’explosion des déficits.
D’ailleurs Ce cocktail explosif ne sera pas réservé aux pays actuellement sous pression. Après l’Irlande, la Grèce, le Portugal, l’Espagne, viendra bientôt le tour de l’Italie et de la France.
Pessimiste, moi ? Non, je prends juste les faits.
Les Etats seront de plus en plus impuissants
Les Etats sont de toute façon coincés : les maigres efforts qu’ils ont consentis sont déjà quasiment devenus insupportables pour la population.
Et le cercle vicieux ne va rien arranger.
La hausse des taux de la BCE va diminuer l’accès au crédit d’une bonne partie des consommateurs et des entreprises.
La croissance basée sur la consommation et sur l’immobilier, fortement liée au crédit, va en pâtir. Le retour à un budget sain va ainsi être rendu encore plus difficile.
La zone euro coupée en deux
A mon avis, la séparation en deux camps de la zone euro ne pourra que s’accentuer. Désormais, il y aura l’Allemagne et les autres.
Vous l’avez compris, la France ne sera pas épargnée.
Son image de leader de la zone va rapidement être enterrée sous cette triple couche :
- Impôts qui progressent
- Prestations sociales qui explosent
- Déficits qui se creusent
L’Europe à deux vitesses est en pleine construction
Témoin du décrochage, le spread entre les taux allemands et les autres pays de la zone (portugais, grecs ou irlandais sur le graphique ci-dessus) ne cesse de s’accroître.

Seule l’Allemagne est capable de résister à un resserrement monétaire. Le problème de gouvernance de la zone euro ne va pas tarder à se poser.
La locomotive allemande abandonne ses wagons
Conséquence directe : l’Allemagne se décroche de l’Europe.
L’image de la locomotive allemande pour l’économie européenne n’a jamais été aussi forte.
Dettes + tensions sociales + plans de rigueur :
Désormais, le fardeau est trop lourd à porter pour la plupart des membres de la zone euro.
Mais l’Allemagne a décidé, en imposant sa vision économique à la BCE, de faire cavalier seul et tant pis pour ceux qui ne suivront pas.
Qui éclatera en premier ? Les Etats ou la monnaie unique ?
Je parie sur la monnaie unique
Dans ce contexte, la monnaie unique ne peut pas à moyen terme soutenir la hausse actuelle.
Actuellement, l’euro gravite autour de ses plus hauts de 15 mois, mais la devise européenne devra tôt ou tard rendre des comptes.
Car l’inflation, à elle seule, ne peut être un moteur de hausse d’une devise. C’est d’autant plus vrai quand l’inflation est importée par les matières premières.
L’Euro à 1,45 ? Intenable
Je ne suis pas contrarien par plaisir, mais parce que les raisons de la hausse de l’euro sont toutes aussi mauvaises que les raisons de la hausse des marchés.
Elles sont artificielles et la nature du marché reprendra ses droits coûte que coûte.
La seule inconnue est le timing ! L’analyse technique peut déjà nous donner quelques indices.

Je privilégie donc un scénario de retournement.
Je pense que le mouvement de hausse actuel devrait s’arrêter sous 1,4580/1,46 pour ensuite revenir vers 1,39.
La zone des 1,39 correspond au retracement de Fibonnacci à 38,2%. Cette zone est également une zone d’overlap assez forte. Seul l’enfoncement des 1,39 à la baisse serait un signal de retournement à plus long terme.
En conclusion, la tendance actuelle n’a pas assez de fondamentaux pour aller plus loin sans qu’une consolidation salutaire se mette en place.
Alors prudence !




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